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Actualités - Chronologie

Irak Trois mille manifestants devant la Maison-Blanche contre les sanctions

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté hier devant la Maison-Blanche à Washington pour protester contre les sanctions imposées à l’Irak depuis dix ans, après son invasion du Koweït. Bravant une pluie battante, quelque 3 000 personnes se sont rassemblées, selon les organisateurs, demandant «l’arrêt des sanctions maintenant !» et chantant des chansons folk autrefois symboles de la contestation de la guerre du Vietnam. Des artistes comme le chanteur pacifiste Pete Seeger se sont partagé la tribune avec Ralph Nader notamment, le candidat des Verts à l’élection présidentielle américaine. «Quel est le but de cette politique ?», a demandé Ralph Nader. «Est-ce pour déstabiliser le dictateur de l’Irak ?», s’est-il interrogé. «Cette politique accroît la répression et le pouvoir de ce dictateur. Est-ce pour démontrer la toute-puissance américaine ? Je ne pense pas que cela soit nécessaire de le faire sur la tombe d’un million de civils irakiens innocents», a ajouté le célèbre avocat. Selon lui, quelque 5 000 enfants irakiens meurent chaque jour de maladies et de malnutrition à la suite des sanctions. L’élu démocrate Dennis Kucinich de l’Ohio a estimé pour sa part que les sanctions étaient «mauvaises» et n’aboutiraient à rien «sinon affaiblir et tuer des enfants innocents». «Je suis là pour dire à nos dirigeants présents et futurs qu’il y a des gens au Congrès qui s’opposent à ces sanctions», a ajouté M. Kucinich. Le Conseil de sécurité de l’Onu a voté le 6 août 1990, quatre jours après l’invasion du Koweït par l’Irak, la résolution 661 imposant des sanctions commerciales, financières et militaires d’une sévérité sans précédent contre Bagdad. Cette politique a été ensuite critiquée par la France, la Chine et la Russie. Selon un rapport de l’Onu, les sanctions ont profondément affecté la population civile. Le revenu par tête d’habitant est tombé de 3 416 dollars en 1984 à moins de 1 036 dollars par an en 1998. La mortalité infantile a doublé passant de 64 pour 1 000 naissances en 1990 à 129/1 000, cinq ans plus tard. Toutefois, le régime des sanctions s’est assoupli en 1996 lors de l’introduction des mesures «pétrole contre nourriture» qui ont permis à Bagdad de vendre du pétrole et d’en utiliser le produit pour acheter de la nourriture et des médicaments. Depuis ces mesures, l’Irak a pu exporter pour 30,5 milliards de dollars de pétrole. Malgré les critiques, les États-Unis ont redit la semaine dernière qu’ils entendaient maintenir la pression sur Saddam Hussein jusqu’à ce qu’il quitte le pouvoir. «Il existe peut-être des voix internationales qui plaident pour un assouplissement vis-à-vis du régime de Saddam Hussein, voire même pour une réhabilitation de Saddam», a déclaré le secrétaire d’État adjoint David Welch. «Les États-Unis n’en font et n’en feront pas partie», a-t-il répété.
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté hier devant la Maison-Blanche à Washington pour protester contre les sanctions imposées à l’Irak depuis dix ans, après son invasion du Koweït. Bravant une pluie battante, quelque 3 000 personnes se sont rassemblées, selon les organisateurs, demandant «l’arrêt des sanctions maintenant !» et chantant des chansons folk autrefois symboles de la contestation de la guerre du Vietnam. Des artistes comme le chanteur pacifiste Pete Seeger se sont partagé la tribune avec Ralph Nader notamment, le candidat des Verts à l’élection présidentielle américaine. «Quel est le but de cette politique ?», a demandé Ralph Nader. «Est-ce pour déstabiliser le dictateur de l’Irak ?», s’est-il interrogé. «Cette politique accroît la répression et le pouvoir de ce dictateur. Est-ce pour...