Les douze présidents sud-américains ont lancé l’ébauche d’un bloc régional intégré dès le début du sommet de Brasilia, le premier dans l’histoire du sous-continent. Le président brésilien Fernando Henrique Cardoso, à qui revient l’initiative de ce sommet, a donné le ton dès son discours d’ouverture, invitant d’emblée ses hôtes à l’«union pour la construction de l’Amérique du Sud». Un bloc sud-américain intégré représenterait un marché potentiel de quelque 340 millions d’habitants, sur un territoire qui s’étend de la Colombie à la Terre de Feu, avec un Produit intérieur brut (PIB) de 1 210 milliards de dollars. «Unie, l’Amérique du Sud défendra mieux ses intérêts», a-t-il dit, tout en soulignant que «la construction de l’Amérique du Sud ne signifie pas sa fermeture et son repli sur elle-même». Il a par ailleurs souligné le rôle clef du Chili dans cette perspective, et s’est prononcé pour son adhésion rapide au Mercosur, auquel il participe déjà comme membre associé. En écho aux propos de M. Cardoso, le président vénézuelien Hugo Chavez a renchéri en appelant de ses vœux la construction d’une «Confédération de Républiques d’Amérique du Sud» au cours de la prochaine décennie. Faisant sourire ses homologues, il les a comparés aux «douze apôtres» et les a invités à partir «prêcher l’intégration». «Il faut une volonté politique rigoureuse. Ou nous nous intégrerons, ou nous sombrerons dans les abîmes de l’histoire», a-t-il dit. Dans la «Déclaration de Brasilia» en 59 points qui sera signée à l’issue du sommet, vendredi, les douze présidents s’engageront notamment à entamer des négociations pour établir avant janvier 2002 une zone de libre-échange entre les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) et de la Communauté andine (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou et Venezuela). Ils devraient également signer un ambitieux «plan d’action pour l’intégration de l’infrastructure régionale en Amérique du Sud», sur dix ans, dont le coût et surtout les financements restent cependant à déterminer. Le président de la Banque interaméricaine de développement, Enrique Iglesias, s’est félicité de la volonté d’intégration manifestée par les participants, insistant particulièrement sur les investissements nécessaires. «Nous avons encore beaucoup de ponts et de routes à construire» dans la région, a-t-il dit.
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