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Actualités - Reportages

Deux listes et une pléthore de candidats indépendants Zahlé : lutte pour le leadership

À Zahlé, l’espoir suscité par le nouveau découpage électoral a fait long feu. En 1996, la Békaa formait une circonscription électorale unique au grand désavantage des chrétiens noyés dans l’environnement chiite de Baalbeck-Hermel. Cette année, bien que la Békaa soit divisée en trois circonscriptions (Baalbeck-Hermel, Zahlé, Békaa-Ouest-Rachaya), les chrétiens de Zahlé, qui espéraient une représentativité plus large, s’estiment floués à cause de la liste préfabriquée imposée à Élie Skaff. Cette même liste qui a été concoctée par les «abricotiers» (surnom donné au siège du QG des services de renseignements syriens à Anjar en référence à l’abricotier qui l’ombrage) en 1996 et que parrainent les «décideurs» aujourd’hui. «Notre liste n’est pas préfabriquée, c’est une liste de coalition qui représente un large éventail de la population», proteste M. Skaff, sans réussir toutefois à convaincre à cause de l’animosité qui oppose certains membres de sa liste baptisée Bloc populaire. «Nous nous sommes mis d’accord sur un certain nombre de points et avons établi un plan de travail», poursuit M. Skaff qui affirme : «Nous continuerons à former un bloc même après les élections, n’en déplaise à certains». Outre M. Skaff (grec-catholique), le Bloc populaire regroupe Nicolas Fattouche (grec-catholique), Khalil Hraoui (maronite), Mohsen Dalloul (chiite), Mohammed Meiss (sunnite), Mikhaël Debs (grec-orthodoxe) et Georges Kassardji (arménien-orthodoxe). Le Bloc populaire est appuyé par «les partis les plus importants de la région ainsi que par des personnes influentes telles que l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, souligne M. Skaff. Nous suivons leurs conseils et nous nous entendons sur les moyens de collaboration». En ce qui concerne les chances de voir toute la liste élue, M. Skaff avoue ne craindre que le panachage, «l’ennemi du citoyen et de la patrie». «Le Parlement est formé de blocs et un bloc fragmenté ne peut être fortement représenté dans la Chambre», explique le président de la liste du Bloc populaire qui affirme par ailleurs douter de l’honnêteté des élections car l’argent y joue un rôle prépondérant. «L’absence des liens moraux et politiques entre les candidats et les électeurs se fait sentir, note-t-il. Ce sont les pires élections que j’aie jamais vues». Par contre, M. Khalil Hraoui estime que les élections se passeront d’une manière démocratique et que les électeurs seront libres de faire leur choix en dehors de toute pression politique. «Ce sera une chance pour le citoyen de choisir les candidats en fonction des services qu’ils ont rendus et des positions politiques qu’ils ont adoptées», indique-t-il. «Ainsi, à ce niveau-là, l’électeur préfèrera voter pour les candidats qu’il connaît, les candidats non députés n’ayant pas eu l’occasion de donner la preuve de leur compétence», explique-t-il. Et de conclure que ses problèmes avec son oncle, l’ancien président de la République Élias Hraoui, sont résolus depuis longtemps et qu’ils se tiennent désormais «dans un seul et même rang». La liste de la Volonté populaire : paroles et action est la liste qui s’oppose à celle de M. Skaff et qui serait appuyée par M. Élias Hraoui. Présidée par l’ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères Fouad Turk (grec-catholique), cette liste rassemble Walid Choueiri (grec-catholique), Nabih Ghanem (maronite), Ibrahim Chahine (chiite), Ali Mita (sunnite) et Youssef Maalouf (grec-orthodoxe). Le siège arménien-orthodoxe demeure vacant. «Nous avons baptisé la liste Paroles et action car contrairement aux députés qui oublient leurs promesses le lendemain des échéances électorales, nous nous engageons à les mettre en exécution», explique M. Turk. «Nous estimons que l’électeur est le maître tout au long des quatre années de notre mandat et non seulement le jour des élections», poursuit l’ambassadeur qui déclare que le député doit accomplir ses fonctions de législateur et de contrôleur du gouvernement sans pour autant négliger les besoins de sa région. Bien que la liste à laquelle il s’oppose soit, dit-il, préfabriquée, M. Turk juge que les élections ne le sont pas puisqu’il y a deux listes. «Je n’ai remarqué aucune pression et les élections sont ouvertes pour tous», indique-t-il. En dehors de ces deux listes, treize candidats indépendants disputeront également demain les sept sièges. Il s’agit de Toufic Hindi, Kamal el-Meiss et Najah Kazoun (sunnites), Hareth Sleiman, Ahmed Safar et Chawki el-Mustarah (chiites), Joseph Chamoun et Élie Marouni (maronites), Toni Tohmé (grec-catholique), Amine Maalouf et Roger Debs (grecs-orthodoxes), Vartkès Chabrayan et Garbis Bouchakjian (arméniens-orthodoxes). 130 939 électeurs inscrits décideront demain du sort des 26 candidats en lice à Zahlé, deuxième circonscription de la Békaa, où le panachage, craint par les candidats, serait forcément maître de la situation. Un panachage qui ne toucherait pas uniquement les deux listes mais également deux candidats au sein d’une même liste, à savoir MM. Élie Skaff et Nicolas Fattouche. Car parallèlement à la course électorale, c’est une lutte pour le leadership de Zahlé qui se prépare en coulisses. Bref, une bataille au sein de la bataille…
À Zahlé, l’espoir suscité par le nouveau découpage électoral a fait long feu. En 1996, la Békaa formait une circonscription électorale unique au grand désavantage des chrétiens noyés dans l’environnement chiite de Baalbeck-Hermel. Cette année, bien que la Békaa soit divisée en trois circonscriptions (Baalbeck-Hermel, Zahlé, Békaa-Ouest-Rachaya), les chrétiens de Zahlé, qui espéraient une représentativité plus large, s’estiment floués à cause de la liste préfabriquée imposée à Élie Skaff. Cette même liste qui a été concoctée par les «abricotiers» (surnom donné au siège du QG des services de renseignements syriens à Anjar en référence à l’abricotier qui l’ombrage) en 1996 et que parrainent les «décideurs» aujourd’hui. «Notre liste n’est pas préfabriquée, c’est une liste de...