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Actualités - Analyse

Un consensus politique est toujours nécessaire

Liée aux élections, la bataille pour la présidence du Conseil occupe le devant de la scène. Bien que les principaux protagonistes soulignent en chœur qu’il est prématuré de se livrer au jeu des pronostics, le petit monde politique local s’y lance à corps perdu. Et la tension centrée sur le Sérail atteint un tel degré que l’opinion a tout lieu de craindre une éventuelle crise de pouvoir. Qui serait désastreuse pour le pays, en proie à une récession économique sans précédent. L’affaire se cristallise en raccourci dans l’interrogation suivante : le président de la République, M. Émile Lahoud, accepterait-il le retour au pouvoir de M. Rafic Hariri ? Au premier degré, la polémique tourne autour du droit qu’auraient, ou n’auraient pas, les députés de s’en remettre au chef de l’État pour le choix d’un nouveau Premier ministre. Mais ce point est secondaire dans l’ordre pratique des choses. Car la Constitution stipule qu’en tout cas, la formation du Cabinet doit être le fruit d’un accord entre le président de la République et le président du Conseil désigné. Sans préciser comment éviter le blocage, la crise de pouvoir, s’ils ne parvenaient pas à s’entendre. Selon un ancien ministre, qui reste considéré comme une référence en matière d’analyse politique, «il ne faut pas s’illusionner : dans un pays composite comme le Liban, la question de la désignation d’un Premier ministre n’est jamais, et n’a jamais été, affaire d’un nombre de suffrages lors des consultations parlementaires. Elle ne peut être réglée qu’en base d’un consensus politique tenant compte autant de la conjoncture régionale que des rapports de forces locaux. Qu’on se souvienne : avant Taëf, ce que les gens ignorent généralement, la Constitution autorisait le chef de l’État à nommer lui-même tout de suite tout le gouvernement et à choisir parmi ses membres un Premier ministre. Or ce droit, le président de la République, pourtant facilement accusé alors d’absolutisme, n’en a jamais usé. La coutume suivie était de procéder à des consultations parlementaires préalables, mais dont le chef de l’État pouvait ne pas tenir compte. Taëf, qui a voulu au nom de la “participation” ôter le pouvoir exécutif à la présidence de la République, a changé ces dispositions. Et les consultations parlementaires sont devenues contraignantes. C’est-à-dire qu’il s’agit désormais d’un vote en bonne et due forme pour l’élection du chef du gouvernement par les députés. Il faut dire, pour revenir à l’esprit de consensus qui régit nécessairement la vie politique de ce pays, que jadis, quand le choix du président de la République ne concordait pas avec la volonté de la majorité parlementaire, l’Exécutif était confronté à de sérieux problèmes, des grèves, des manifestations ou même des révolutions comme en 1952 ou en 1958». «Après Taëf, poursuit cette personnalité, la majorité parlementaire, désormais détentrice du pouvoir de nomination au niveau de la présidence du Conseil, a le plus souvent veillé à porter son choix sur un homme susceptible d’entretenir avec la présidence de la République des relations harmonieuses. Cela pour éviter les crises politiques ou de pouvoir. Cependant il est arrivé une fois, sous M. Hraoui, que ce dernier ne s’entendît pas avec M. Hariri pour la composition d’un nouveau Cabinet. Et ce fut le grippage des institutions pendant plusieurs jours, jusqu’au dénouement positif imposé par les décideurs. Il reste évident que même après un accord sur la composition du Cabinet, la marche de l’État peut être entravée par de mauvais rapports entre le président de la République et le président du Conseil. Le premier, même s’il n’a pas le droit de vote, peut toujours en effet demander le réexamen de toute décision qu’il n’approuverait pas. L’épreuve de force peut ensuite se transposer à la Chambre, entre tenants du gouvernement ou du régime, avec des crises politiques en série, hautement préjudiciables au pays, surtout sur le plan économique. Car nul n’ignore que la première condition d’un redressement à ce niveau reste la stabilité politique et sécuritaire». À ce même propos, le mentor cité souligne «les signaux de forte inquiétude qui émanent actuellement des milieux économiques, que le bras de fer politique larvé alarme beaucoup. Ces milieux espèrent que la tension se calmera après dimanche et que l’on procède à froid à la mise en place d’un nouveau gouvernement bien soudé et inspirant confiance. Ce qui implique évidemment une entente générale.
Liée aux élections, la bataille pour la présidence du Conseil occupe le devant de la scène. Bien que les principaux protagonistes soulignent en chœur qu’il est prématuré de se livrer au jeu des pronostics, le petit monde politique local s’y lance à corps perdu. Et la tension centrée sur le Sérail atteint un tel degré que l’opinion a tout lieu de craindre une éventuelle crise de pouvoir. Qui serait désastreuse pour le pays, en proie à une récession économique sans précédent. L’affaire se cristallise en raccourci dans l’interrogation suivante : le président de la République, M. Émile Lahoud, accepterait-il le retour au pouvoir de M. Rafic Hariri ? Au premier degré, la polémique tourne autour du droit qu’auraient, ou n’auraient pas, les députés de s’en remettre au chef de l’État pour le choix...