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Actualités - Chronologie

Espagne L'ETA défie à nouveau le pouvoir

L’organisation séparatiste basque ETA, à qui les autorités attribuent l’assassinat mardi d’un élu local du Parti populaire (PP), persiste dans son défi lancé voici cinq ans à la formation de centre-droit du chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar. Manuel Indiano Azaustre, 29 ans, dont les funérailles ont eu lieu hier matin à Madrid en présence de M. Aznar et de plusieurs ministres, est le dixième élu du PP assassiné par l’organisation basque armée en cinq ans. Parallèlement, des manifestations silencieuses ont été organisées dans les grandes villes du pays en signe de rejet de la violence de l’ETA, qui s’est fortement accrue au cours de cet été (sept morts). Ce nouveau meurtre d’un élu «populaire», le troisième depuis la reprise, au début de l’année, des actions terroristes de l’ETA après une trêve de quatorze mois, s’inscrit dans l’offensive lancée en 1995 par l’organisation armée contre la classe politique. «L’ETA a réorienté sa stratégie en 1993-94 après la crise de Bidart», localité de la côte basque française, où la direction de l’organisation basque avait été arrêtée en 1992 par la police française, estime un universitaire, spécialiste du Pays basque, qui a requis l’anonymat. «C’est le résultat d’une frustration, a-t-il expliqué. L’ETA a alors eu peur d’être défaite par la police. Elle s’est rendu compte que l’État espagnol pouvait supporter ses attentats contre les militaires et les forces de l’ordre». «Elle a alors décidé de tuer les politiciens, qui sont ceux qui prennent les décisions, pour faire céder l’État», a-t-il observé. La mort du porte-parole du PP au Pays basque, Gregorio Ordonez, figure montante du PP, le 23 janvier 1995, marque le début de l’offensive de l’ETA contre cette formation. M. Aznar lui-même, alors chef de l’opposition, avait été victime le 19 avril 1995 d’un spectaculaire attentat à la voiture piégée dont il était sorti indemne grâce au blindage de sa berline. Dès le lendemain, il affirmait qu’«en aucun cas la violence en Espagne n’aura le dernier mot» et que «les misérables terroristes ne vont pas mettre en échec cette grande nation, la nation espagnole». Depuis cette date, M. Aznar, élu à la présidence du gouvernement espagnol en 1996 puis réélu en 2000, a toujours maintenu le même discours de fermeté face à l’ETA. Mais c’est le rapt et l’assassinat, 48 heures après, de deux balles dans la tête, d’un autre jeune conseiller municipal du PP à Ermua, Miguel Angel Blanco, le 12 juillet 1997, qui a suscité la plus vive émotion en Espagne. Là encore, le gouvernement de M. Aznar n’avait pas cédé au chantage de l’ETA qui, faute d’obtenir le regroupement immédiat dans des maisons d’arrêt du Pays basque de membres de l’organisation détenus dans diverses prisons à travers l’Espagne, avait froidement exécuté son otage. L’assassinat de Miguel Angel Blanco a provoqué des mobilisations sans précédent contre la violence, aussi bien au Pays basque que dans le reste de l’Espagne. Cible de l’ETA et souvent désigné par les dirigeants séparatistes et nationalistes modérés comme le symbole du «nationalisme espagnol» et de l’héritage franquiste, le PP ne cesse pourtant de progresser électoralement en Euskadi (région autonome basque), au point de se présenter comme une alternative au nationalisme basque.
L’organisation séparatiste basque ETA, à qui les autorités attribuent l’assassinat mardi d’un élu local du Parti populaire (PP), persiste dans son défi lancé voici cinq ans à la formation de centre-droit du chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar. Manuel Indiano Azaustre, 29 ans, dont les funérailles ont eu lieu hier matin à Madrid en présence de M. Aznar et de plusieurs ministres, est le dixième élu du PP assassiné par l’organisation basque armée en cinq ans. Parallèlement, des manifestations silencieuses ont été organisées dans les grandes villes du pays en signe de rejet de la violence de l’ETA, qui s’est fortement accrue au cours de cet été (sept morts). Ce nouveau meurtre d’un élu «populaire», le troisième depuis la reprise, au début de l’année, des actions terroristes de l’ETA...