Inattendu vice-champion d’Europe sur 200 m brasse en 1999 derrière son partenaire d’entraînement Stéphan Perrot, Johann Bernard se présentera aux Jeux de Sydney sans être passé par les championnats d’Europe d’Helsinki. À cause d’une tendinite au genou, il n’a pu s’y présenter mais possède toujours le meilleur temps de la saison sur 200 m brasse (2’12’’48) réalisé aux championnats de France mi-mars. Et, comme à son habitude, le Cannois, entraîné par Lionel Volkaert, est champion dans l’art de dérouter : «Dérouter, j’aime bien, ouais ! Un de mes sports favoris, ouais... ! Ouais, j’aime bien surprendre...». Né à Dunkerque, ce grand blond découvre la natation à l’âge de onze ans. Un jour de fête dans sa ville de Saint-Pol-sur-Mer, lui qui ne sait pas nager se met en tête de fréquenter le grand bassin : «Comme je n’osais pas, on a dû m’accompagner». Plutôt nerveux, ce basketteur et footballeur en herbe vide son trop-plein d’énergie dans le bassin de Saint-Pol : «Rapidement, ça m’a calmé. Ouais, parce qu’au début, je faisais du 1 500 m, du dos, du quatre nages et de la brasse où, lors d’une compétition à Villepinte, je n’ai pas trop mal nagé». «Voilà comment mon choix s’est porté vers cette spécialité», confie-t-il. Il émigre à Marseille pour un entraînement par jour. Puis deux par jour : «Incompatible avec ma scolarité en quatrième parce que je n’étais pas une lumière». Finalement, un BEP de commerce en poche, «acquis laborieusement», il reprend l’entraînement. Deux fois par jour. «Là, ça devenait sérieux. Et moi, je commençais à rêver de Jeux olympiques. Pour bosser plus sérieusement, j’ai poussé jusqu’à Cannes». En dehors du bassin, Johann cultive l’art du dilettantisme, voire du je-m’en-foutisme : «Il n’y a que la natation qui me motive. Pourquoi ? Bouh, peut-être, parce que dans ce domaine je me suis fixé ou que j’ai su me fixer un objectif». La saison dernière, aux championnats d’Europe d’Istanbul, cet éducateur en natation pour les jeunes scolaires de onze à quinze ans de la ville de Cannes s’étonne lui-même. «OK, je suis un gros bosseur. OK, j’analyse tout au plus près. Mais là, je me suis quand même un peu surpris». «Mais je ne suis pas un gars qui me prend le chou. Je relativise. Moi, mon truc, c’est la bagarre avec le chrono. Mes adversaires, je dirais presque que je m’en fous», lance-t-il. Doté d’un bon ciseau et d’une bonne glisse, Johann Bernard connaît ses imperfections techniques : «Plein de petits trucs. Notamment, j’ai une épaule décalée par rapport à l’autre. Donc, je penche d’un côté et mes deux appuis ne sont pas symétriques. Bref, ce petit décalage me fait perdre un peu de temps».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Inattendu vice-champion d’Europe sur 200 m brasse en 1999 derrière son partenaire d’entraînement Stéphan Perrot, Johann Bernard se présentera aux Jeux de Sydney sans être passé par les championnats d’Europe d’Helsinki. À cause d’une tendinite au genou, il n’a pu s’y présenter mais possède toujours le meilleur temps de la saison sur 200 m brasse (2’12’’48) réalisé aux championnats de France mi-mars. Et, comme à son habitude, le Cannois, entraîné par Lionel Volkaert, est champion dans l’art de dérouter : «Dérouter, j’aime bien, ouais ! Un de mes sports favoris, ouais... ! Ouais, j’aime bien surprendre...». Né à Dunkerque, ce grand blond découvre la natation à l’âge de onze ans. Un jour de fête dans sa ville de Saint-Pol-sur-Mer, lui qui ne sait pas nager se met en tête de fréquenter le...