Le dollar a été offert durant toute la journée d’hier à Beyrouth au-dessous du point supérieur d’intervention de la Banque du Liban (BDL), dans un marché sur lequel la demande en cette monnaie ne devait pas dépasser le cadre des besoins commerciaux courants des opérateurs. Toutefois, après que la BDL eut maintenu sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier dans une marge très étroite comprise entre 1 513,50 et 1 513,85 LL, ont indiqué les cambistes. Mais compte tenu de l’étroitesse des échanges, le volume d’affaires de la journée d’hier aurait atteint quelque huit millions de dollars seulement, entièrement traités à l’achat et à la vente par les banques de la place dans un marché équilibré de lui-même, sans aucun recours à la BDL. L’euro sous 0,90 dollar À l’étranger, l’euro a baissé à nouveau sous le seuil de 0,90 dollar sur les marchés des changes internationaux affecté par des inquiétudes d’opérateurs concernant l’impact d’une hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) sur la croissance économique européenne. La monnaie unique européenne avait pourtant bénéficié un moment dans la matinée de l’annonce d’une hausse plus forte que prévu du Produit intérieur brut (PIB) allemand de 1,1 % au second trimestre 2000 contre 0,8 % au premier. Mais elle n’a pas tardé à repartir à la baisse, ignorant les propos de hauts responsables franco-allemands prenant sa défense. À cet égard, les opérateurs ont fait montre d’indifférence aux propos tenus hier par le président de la Bundesbank, Ernst Welteke, et du gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, les plus écoutés de la zone euro, estimant qu’il est nécessaire, pour permettre la poursuite de l’expansion économique en Europe, d’éviter les tensions inflationnistes et de contrer les risques haussiers sur les prix le plus tôt possible. Et d’ajouter, lors d’un conseil économique et financier franco-allemand à Eltville (ouest de l’Allemagne), que les hausses de taux d’intérêt décidées jusqu’ici par la BCE n’avaient pas constitué un frein à la croissance. Lors de la même réunion, les ministres français et allemands des Finances, Laurent Fabius et Hans Eichel, ont par ailleurs pris la défense de l’euro, en se disant convaincus que la monnaie unique allait s’apprécier et en annonçant une tournée internationale pour vanter les mérites de l’économie européenne. Pourtant, les perspectives de relèvement des taux d’intérêt par la BCE demain, pour la sixième fois de son histoire, pour contrer la poussée de l’inflation que connaît la zone euro du fait de l’envolée des prix de l’énergie, ont continué de peser sur la monnaie unique, dans la mesure où cette mesure risque de fragiliser la croissance. De ce fait, le marché restait pessimiste envers l’euro, ce qui a profité non seulement au dollar mais aussi au yen contre lequel la monnaie unique est tombée à un plus bas record de 94,58 yens perdant plus d’un pour cent par rapport à la veille. Pour ce qui est des autres monnaies, la livre sterling s’est également affaiblie, s’approchant de ses plus bas niveaux face au billet vert depuis six ans, alors que le marché tablait sur un nouveau statu quo monétaire lors de la prochaine réunion du conseil de la Banque d’Angleterre jeudi prochain. Cela étant, le dollar s’est négocié, à New York, sur un ton soutenu face aux autres grandes monnaies, à l’exception du yen comme suit : – 0,8925 pour un euro contre 0,90, la veille – 1,4570 pour un sterling contre 1,4690 – 2,1915 DM contre 2,1725 – 7,3495 FF contre 7,2870 – 1,7335 FS contre 1,7140 – 2 169,50 lires contre 2 150,95 – 106,10 yens contre 106,50. Bourse de Beyrouth : marché stationnaire À la Bourse de Beyrouth, la tendance était hier à la stabilité, la baisse des 15 749 actions A de Solidere de 7 1/8 à 7,00 dollars ayant été compensée par la hausse de 333 actions B de la même société de 7 1/4 à 7 3/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 64,29 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 140,30 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires très modéré avec 102 368 actions négociées d’une valeur globale de 221 126 dollars. Irrégularité des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les marchés américains ont été généralement sous pression hier quoique diversement orientés. Cette évolution est apparue notamment après la révision à la baisse par le géant de télécommunications AT &T de sa prévision de bénéfice par action opérationnel au troisième trimestre, de 5 cents à 35-38 cents consécutivement à la réorganisation du réseau à bande large ExciteAtHome. Après une ouverture dans le rouge, ce titre a repris un peu de terrain ensuite, les opérateurs estimant que la révision est le résultat d’une manœuvre comptable plutôt que la conséquence de problèmes financiers. L’action ExciteAtHome a gagné aussi du terrain. Bien que rassérénés par les perspectives de stabilité des taux d’intérêt directeurs aux États-Unis, les investisseurs boursiers sont restés sur le qui-vive car le ralentissement de la croissance économique, qui encourage la Réserve fédérale américaine (Fed) au statu quo, risque de peser sur la performance financière des entreprises. Compte tenu de ces considérations et eu égard à l’approche du long chômage du Labour Day, l’indice Nasdaq a présenté finalement quelques signes de résistance à ses derniers niveaux de la veille, pendant que l’indice Dow Jones de 30 vedettes industrielles fluctuait irrégulièrement entre un plus haut à 11 255,19 points et un plus bas à 11 196,41 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure locale de Beyrouth, 11 222,13 points, en baisse de 30,71 points sur la veille. Les Bourses européennes dans l’expectative en attendant la BCE Les Bourses européennes ont reculé pour la plupart mardi en fin de séance, les pharmaceutiques et les producteurs de matières premières se repliant dans la perspective d’un éventuel relèvement des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) jeudi. En clôture, l’indice Eurotop 300 a cédé 0,13 %, soit 2,19 points à 1 658,81 et l’Eurstoxx 50 0,35 % à 5 185,82. «Le relèvement des taux par la BCE est attendu, les marchés sont encore très inquiets et je dirais que ce genre d’évolution, un recul de 0,1 % environ, est typique de ce que nous avons vu ces dernières semaines», a noté Sharon Coombs, de HSBC. Les économistes interrogés par Reuters tablent à 90 % sur un relèvement des taux cette semaine, 21 des 32 personnes interrogées prévoyant sur une hausse de 25 points de base, selon une enquête publiée hier. La semaine dernière, les pronostics étaient plus indécis mais face aux difficultés de l’euro et à la flambée des prix du pétrole, le débat ne se concentre plus que sur l’ampleur du relèvement. Les pharmaceutiques Glaxo Wellcome ont perdu 3,07 %, SmithKline 2,31 % et AstraZeneca 2,12 %, toutes trois ayant subi des prises de bénéfice. Le groupe allemand Schering a cédé 2,76 % et Aventis a perdu 1,25 %. Parmi les valeurs minières, Billiton a lâché 10,0 % et Rio Tinto 5,06 %, délaissées par les investisseurs après avoir bien progressé. Billiton a annoncé le rachat de l’australien Worsley pour $1,49 milliard, un prix considéré comme un plafond par les analystes. Peugeot a perdu 3,46 % en réaction à un article de Libération affirmant que 766 489 voitures 406 présentent un problème de tenue de route. Le constructeur a affirmé que seuls six cas avaient été portés à sa connaissance et que le chiffre de 766 489 correspondait en fait à un numéro de fabrication. En revanche, le poids lourd des télécoms Vodafone a gagné 1,87 %. L’opérateur néerlandais KPN a perdu 4 % et France Télécom 2,5 % dans un secteur qui subit encore les craintes des investisseurs sur le prix payé pour l’acquisition des licences UMTS en Allemagne. Deutsche Telekom a perdu 0,56 %. Le président du directoire, Ron Sommer, a justifié la décision de son groupe de payer 16,58 milliards de marks ($7,64 milliards) pour sa licence en Allemagne. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a mis fin à une progression de trois séances mardi mais les prises de bénéfices n’ont pas entaché l’optimisme ambiant vis-à-vis du redressement des entreprises japonaises. L’indice Nikkei 225 a perdu 39,37 points, soit 0,23 %, à 17 141,75, mais tout en restant au-dessus du niveau des 17 000 franchi pour la première fois depuis cinq semaines lundi. Les replis l’ont emporté sur les progressions par 839 à 407 et l’indice Topix a cédé 3,94 points, soit 0,26 %, à 1,539,69, les investisseurs ayant pris leurs bénéfices sur une grande variété de valeurs, dont les assureurs, les minières et les pharmaceutiques. «D’autres sociétés de la haute technologie, comme Kyocera et Fanuc, ont annoncé une amélioration de leurs prévisions et renforcé la confiance des investisseurs», a commenté Masaru Yamano, de Tsubasa Securities. Kyocera a gagné 1,30 %, après avoir annoncé après la clôture du marché lundi, s’attendre à un bénéfice net du groupe de 106 milliards de yens pour l’exercice clos le 31 mars prochain, contre 64,5 milliards précédemment. Pour sa part, le fabricant de robots industriels Fanuc s’est adjugé 3,60 %, après avoir porté de 31,4 à 44,3 milliards de yens sa prévision de bénéfice net du groupe pour la même période. La plupart des analystes s’attendent à ce que l’indice Nikkei monte à 18 000 au cours des prochaines semaines, mais pour d’autres, des signes concrets sur l’ampleur de la reprise sont nécessaires avant d’acheter à des niveaux plus élevés.
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