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Actualités - Reportages

Le musée de Bagdad rouvre ses portes malgré les difficultés(photos)

Le 29 avril dernier, date anniversaire de la naissance du président irakien Saddam Hussein, le musée archéologique de Bagdad a rouvert ses portes après dix ans de fermeture. Cet établissement a connu son heure de gloire. Il figurait sur la liste des plus grands et des plus prestigieux musées du monde. Cela, c’était il y a plusieurs années. Aujourd’hui, le facteur temps se fait sentir dans ses locaux, à l’aspect toujours grandiose. Le premier pas franchi, une bouffée de chaleur enveloppe le visiteur. Le climatiseur ne fonctionne plus depuis le début de l’embargo. Effectuer la tournée des trente-deux salles du musée exige alors une volonté d’acier car la température dépasse les 30°C dès dix heures du matin. Certes, les trésors exposés sont d’une valeur inestimable. Leurs photos figurent dans les livres des chefs-d’œuvre du monde, et ils illustrent la grandeur de la civilisation mésopotamienne. Mais la technique de leur exposition date des années 60. Le jute, bordeaux ou vert, sert de fond aux vitrines. Aucune illustration n’explique l’utilisation de ces objets dans les périodes historiques. Juste une légende de quelques mots pour indiquer l’année de la découverte et le site où ils ont été trouvés. Quant à l’éclairage, il est braqué directement sur l’objet, faisant ainsi des jeux d’ombre et de lumière. Les verres des vitrines sont normaux au lieu d’être antireflets. Et les petits objets en ivoire sont suspendus à des cordes en plastique. Les jarres et autres objets en céramique sont fixés aux parois par des armatures en fer. Les reproductions des grands objets sont posées sur des piédestaux. Ils sont faits en plâtre et peints par la suite en noir. Les orfèvreries des nécropoles royales d’Ur et d’autres sites ne sont pas exposés pour le moment, car «le musée n’est pas équipé pour assurer la sécurité nécessaire à leur sauvegarde», explique le Dr Hana Abdel Khalek, directrice du musée national de Bagdad. Mauvaise présentation Le bâtiment du musée date des années 60. Il a été construit grâce à un don d’un passionné d’archéologie, directeur d’une grande société pétrolière. L’architecture de sa porte d’entrée est largement inspirée de celles des portes des temples assyriens. Le musée s’étale sur deux étages et les salles se succèdent suivant un ordre chronologique. Les objets de la préhistoire et de la période sumérienne sont exposés au premier étage alors qu’au rez-de-chaussée, les objets des périodes assyriennes jusqu’à l’ère islamique s’étalent dans les vitrines. La salle la plus grandiose est celle des antiquités assyriennes. Longue d’une centaine de mètres, son architecture vise en fait à rappeler celle des temples de cette période. Les hauts reliefs illustrant les processions dans les temples sont apposés sur les parois des murs alors que des taureaux ailés, démontés des sites de Ninive et de Khorsabad, sont posés sur des piédestaux entourant la statue de la divinité, placée au centre. Mais ce qui empêche le visiteur d’admirer la beauté et la finesse de ces sculptures c’est surtout l’éclairage jaune, inadéquat pour ces grandes sculptures, et la peinture rouge des hauts des murs. «Nous sommes tout à fait conscients de la mauvaise présentation des objets, mais nous n’avons pas le choix, assure le Dr Abdel Khalek. C’est que, en premier lieu, les nouvelles techniques d’exposition coûtent des fortunes et nous n’avons pas de grands budgets. Il faut ajouter qu’une grande partie du matériel doit être commandée à l’étranger. Or le pays est sous embargo et la liste des interdits est très longue. En ce qui concerne notre personnel, il n’a pas assisté à des sessions de formation depuis plusieurs années, et nos spécialistes ont quitté le pays pour chercher un travail ailleurs». «Nous sommes en décalage par rapport aux musées du monde, mais ce qui compte, c’est le geste. C’est notre façon de montrer au peuple irakien et au monde entier que nous existons encore, et que nous sommes toujours capables de relever les plus grands défis», conclut Mme Abdel Khalek.
Le 29 avril dernier, date anniversaire de la naissance du président irakien Saddam Hussein, le musée archéologique de Bagdad a rouvert ses portes après dix ans de fermeture. Cet établissement a connu son heure de gloire. Il figurait sur la liste des plus grands et des plus prestigieux musées du monde. Cela, c’était il y a plusieurs années. Aujourd’hui, le facteur temps se fait sentir dans ses locaux, à l’aspect toujours grandiose. Le premier pas franchi, une bouffée de chaleur enveloppe le visiteur. Le climatiseur ne fonctionne plus depuis le début de l’embargo. Effectuer la tournée des trente-deux salles du musée exige alors une volonté d’acier car la température dépasse les 30°C dès dix heures du matin. Certes, les trésors exposés sont d’une valeur inestimable. Leurs photos figurent dans les livres des...