Les dirigeants israéliens se félicitaient discrètement hier du choix par Al Gore, candidat démocrate à la présidence des États-Unis, du sénateur juif Joseph Lieberman comme colistier, alors que les médias saluaient cette nomination. Pour éviter d’être accusés d’ingérence dans les affaires américaines, ils se sont montrés d’autant plus prudents que les derniers sondages donnaient le candidat républicain George W. Bush largement favori pour le scrutin de novembre. Les responsables palestiniens ont, eux aussi, adopté un profil bas bien que M. Lieberman soit considéré comme «pro-israélien». «Israël n’a aucune intention de s’immiscer dans les élections qui sont une affaire intérieure américaine», a déclaré un responsable des Affaires étrangères. Un porte-parole de la présidence du Conseil a adopté la même position. Mais selon un responsable qui a requis l’anonymat, M. Lieberman est «un grand ami d’Israël qu’il a visité à de nombreuses reprises. Nous ne pouvons que nous féliciter du fait que pour la première fois dans l’histoire des États-Unis un juif soit candidat à la vice-présidence». Le ministre chargé de la Diaspora, le rabbin Michaël Melchior, s’est voulu plus prudent. «En tant que ministre, je laisse la politique américaine aux Américains, mais en tant que juif je suis content qu’un juif avec une identité juive ait atteint une telle position», a-t-il déclaré. Un ancien ambassadeur israélien à Washington et membre du Likoud (opposition de droite), Zalman Shoval, a pour sa part estimé qu’il n’y avait «pas de différence de fond sur le Moyen-Orient entre les candidats démocrate et républicain». Un cousin israélien de M. Lieberman, Ephraïm Inbar, professeur spécialisé dans les études stratégiques à l’université Bar Ilan près de Tel-Aviv, a rappelé que M. Lieberman avait cosigné une lettre, avec des sénateurs républicains, après l’échec du sommet de Camp David, affirmant «qu’Israël avait fait le maximum de concessions et que c’est au tour de Yasser Arafat (le président palestinien) d’en faire autant s’il souhaite arriver à un accord». La presse a, quant à elle, salué la nomination de M. Lieberman, le premier juif à figurer sur un ticket présidentiel aux États-Unis. «Aucun juif, a-t-il toujours été dit, ne peut espérer parvenir au poste de président des États-Unis. Cette croyance, qui constitue peut-être la dernière barrière à une égalité totale et l’acceptation des juifs américains a enfin été contredite dans son principe», écrit le Jerusalem Post. Le Haaretz (libéral) estime qu’Israël «a un ami dans une position élevée», tout en soulignant que les «relations étroites du sénateur Lieberman avec les dirigeants israéliens n’ont jamais garanti son soutien automatique à toute initiative israélienne». Pour le quotidien Maariv, M. Lieberman, même s’il s’est prononcé pour le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, «est avant tout un patriote américain qui s’oppose par exemple à la libération de Jonathan Pollard», un espion israélo-américain purgeant une peine de prison à vie pour espionnage au profit d’Israël. Côté palestinien, le secrétaire du cabinet Ahmed Abdelrahmane a affirmé que l’Autorité palestinienne considérait cette nomination comme «une affaire intérieure américaine», mais espérait «que tout président et vice-président défendra une position juste sur les droits des Palestiniens». «Nous ne jugeons pas les gens en fonction de leur religion, mais de leur position politique, c’est pourquoi nous ne considérons pas M. Lieberman comme un candidat juif», a ajouté ce proche de M. Arafat.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les dirigeants israéliens se félicitaient discrètement hier du choix par Al Gore, candidat démocrate à la présidence des États-Unis, du sénateur juif Joseph Lieberman comme colistier, alors que les médias saluaient cette nomination. Pour éviter d’être accusés d’ingérence dans les affaires américaines, ils se sont montrés d’autant plus prudents que les derniers sondages donnaient le candidat républicain George W. Bush largement favori pour le scrutin de novembre. Les responsables palestiniens ont, eux aussi, adopté un profil bas bien que M. Lieberman soit considéré comme «pro-israélien». «Israël n’a aucune intention de s’immiscer dans les élections qui sont une affaire intérieure américaine», a déclaré un responsable des Affaires étrangères. Un porte-parole de la présidence du Conseil a adopté...