Le Premier ministre israélien Ehud Barak a démenti hier avoir accepté lors du sommet de Camp David une évacuation des 400 colons juifs installés au cœur de la ville palestinienne de Hébron, en Cisjordanie. «Les informations à ce sujet sont dénuées de tout fondement», a déclaré un porte-parole de M. Barak. «Cette question n’a jamais été soulevée à Camp David», a-t-il ajouté. Auparavant, le ministre de la Justice Yossi Beilin avait démenti des informations reprises par des médias, selon lesquelles Israël aurait proposé au sommet de Camp David l’évacuation des colons juifs. «Je ne suis pas au courant d’une telle proposition. Nous pensons qu’il est possible d’annexer la plupart des implantations où vivent la majorité des colons juifs, et il n’y a pas de raison de déraciner les juifs de Hébron, car ils peuvent vivre en paix dans cette ville chère au peuple juif», a-t-il déclaré. Le président de l’État d’Israël Moshe Katzav s’est déclaré pour sa part hostile à tout démantèlement de l’implantation juive de Hébron. «Il serait inconcevable que des juifs ne puissent plus vivre ou prier à Hébron», a déclaré M. Katzav aux journalistes, rappelant l’importance aux yeux de la religion juive du «Caveau des patriarches» de Hébron, qui est un lieu saint juif et musulman. Le porte-parole des colons de Hébron Noam Arnon a mis en garde contre tout projet d’évacuation des siens. «Hébron, la ville des patriarches, ne tombera pas aux mains des meurtriers palestiniens. Le peuple juif ne quittera pas la ville de ses ancêtres», a-t-il affirmé sans donner de détails sur ses projets. M. Ouri Ariel, chef du conseil des implantations juives de Cisjordanie, principale organisation de colons, a de son côté également dénoncé le projet éventuel d’évacuation des juifs de Hébron, proclamant dans un communiqué que «cette «saloperie» ne se produira pas, car le Premier ministre (M. Ehud Barak) n’a pas reçu de mandat pour cela». «J’avertis les colons qu’ils doivent obéir aux règles de la démocratie et se plier comme toute minorité aux exigences de la majorité», a répliqué M. Beilin. Les colons juifs installés au cœur de la ville vivent dans un véritable camp retranché, sous la protection de l’armée israélienne, en raison des éruptions sporadiques de violence avec les 120 000 Palestiniens qui les entourent. La communauté juive de Hébron, établie depuis plusieurs générations, avait dû abandonner la ville à la suite d’un massacre de 1929 qui avait coûté la vie à 69 personnes. Le 25 février 1994, un colon extrémiste juif avait mitraillé à bout portant des fidèles musulmans au Caveau des patriarches, la Mosquée d’Ibrahim, tuant 29 d’entre eux. À la suite de ce massacre, le gouvernement travailliste israélien de l’époque, dirigé par Yitzhak Rabin, avait envisagé d’évacuer les colons, mais y avait en fin de compte renoncé.
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