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Actualités - Chronologie

La puissance militaire US, enjeu central de la campagné électorale

Le candidat républicain George W. Bush tente de convaincre ses compatriotes d’un «déclin» de l’énorme puissance militaire américaine sous les démocrates, s’attirant les démentis du Pentagone et d’Al Gore, son rival pour la Maison-Blanche. Jouant de l’image traditionnelle d’un Parti républicain plus proche de la caste militaire, M. Bush a entrepris de faire de la défense un de ses thèmes de campagne en attaquant, comme il est de mise, l’administration sortante. Il a parlé lundi d’une dégradation du moral des troupes et d’un manque de préparation de l’armée devant une association d’anciens combattants à Milwaukee (Wisconsin). «Cela témoigne d’une armée en déclin et nous devons faire quelque chose pour résoudre» le problème, a estimé M. Bush, qui a pour colistier l’ancien secrétaire à la Défense Dick Cheney. À la convention républicaine de Philadephie, début août, Norman Schwarzkopf, qui commanda les forces alliées durant la guerre du Golfe en 1991, a, lui, affirmé que les forces armées s’étaient si fortement affaiblies qu’elles seraient aujourd’hui incapables de répéter une telle opération. Rejetant ces critiques, M. Gore a souligné mardi que sous Bill Clinton le budget de la défense des États-Unis avait augmenté, avant de relever qu’au contraire les baisses d’impôts proposées par son adversaire réduiraient les ressources nécessaires à la poursuite de la modernisation des armées. «J’aime ce pays, et si je suis élu, je m’assurerai que notre armée reste la mieux formée, la mieux équipée et la plus combative dans le monde», a-t-il déclaré devant le même auditoire. Le secrétaire à la Défense William Cohen, lui-même un républicain, est catégorique : «Si vous regardez autour de vous, vous vous rendrez compte que nous restons la meilleure armée du monde, sans comparaison possible. Personne n’a nos capacités, notre technologie, notre entraînement, notre équipement», a-t-il dit lundi soir. En fait, M. Bush, peu expérimenté en politique étrangère, joue une carte incertaine pour des raisons de politique intérieure, estime James M. Lindsay, spécialiste de questions de défense à l’institut Brookings. «Généralement, les républicains ont la réputation d’être plus durs en matière de défense. Mais les Américains voient qu’il n’y a pas de menace extérieure et ne s’intéressent qu’aux questions intérieures, comme l’économie et les retraites», déclare M. Lindsay. Al Gore a dans son camp la réputation d’un «faucon», rappelle-t-il. Il fut l’un des rares sénateurs démocrates à voter pour la guerre contre l’Irak, il fut partisan du déploiement du missile mobile «Midgetman» (finalement abandonné) dans les années 80 et s’est fortement impliqué dans les questions de désarmement à la vice-présidence. Pour le New York Times, le «débat actuel est contreproductif» et détourne l’attention des vraies questions sur les choix à faire pour le XXIe siècle. «Les accusations selon lesquelles les forces armées américaines ne sont pas en état de faire la guerre sont un classique des campagnes présidentielles». Mais «parler d’un déclin sous Clinton est tout simplement faux», les États-Unis investissant autant dans le militaire que les 10 pays suivants combinés, souligne le quotidien. La réduction des effectifs après la Guerre froide a commencé sous les présidents républicains Reagan et Bush, note encore M. Lindsay. Des augmentations de solde ont été décidées récemment sous M. Clinton. En outre le budget d’achats d’armements est en hausse, passant en trois ans et demi de 42 à 60 milliards de dollars. Il reste cependant, ajoute cet expert, que les forces armées américaines connaissent un problème structurel de recrutement et que la future Administration américaine devra faire des choix budgétaires cruciaux concernant des équipements de plus en plus sophistiqués et onéreux.
Le candidat républicain George W. Bush tente de convaincre ses compatriotes d’un «déclin» de l’énorme puissance militaire américaine sous les démocrates, s’attirant les démentis du Pentagone et d’Al Gore, son rival pour la Maison-Blanche. Jouant de l’image traditionnelle d’un Parti républicain plus proche de la caste militaire, M. Bush a entrepris de faire de la défense un de ses thèmes de campagne en attaquant, comme il est de mise, l’administration sortante. Il a parlé lundi d’une dégradation du moral des troupes et d’un manque de préparation de l’armée devant une association d’anciens combattants à Milwaukee (Wisconsin). «Cela témoigne d’une armée en déclin et nous devons faire quelque chose pour résoudre» le problème, a estimé M. Bush, qui a pour colistier l’ancien secrétaire à la...