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Actualités - Chronologie

Renflouage ou mise sous protection : que faire du Koursk ?

Les Russes, embarrassés par l’épave du sous-marin nucléaire Koursk échoué au fond de la mer de Barents, envisagent une opération titanesque de renflouage ou la mise en place d’une protection pour éviter toute fuite radioactive. L’annonce, faite hier, que les 118 marins, prisonniers de l’épave inondée, sont morts, pose la question de savoir que faire du submersible qui fut le fleuron de la Flotte du Nord. Très vite, après l’annonce de l’accident, le chef d’état-major de la marine russe, l’amiral Vladimir Kouroïedov, avait évoqué un projet de renflouage tout aussi spectaculaire qu’hypothétique : il s’agirait de remonter le sous-marin, qui pèse, inondé, 24 000 tonnes pour 155 mètres de long, vers la surface, à l’aide de câbles amarrés à des plates-formes pesant plusieurs centaines de tonnes, ou à l’aide de coussins d’air géants. Le Koursk, qui gît depuis le 12 août par 108 mètres de fond, pourrait ainsi être remonté jusqu’à une profondeur de 30 à 50 mètres pour pouvoir être remorqué. Le bureau d’études Roubine de Saint-Pétersbourg, qui a conçu le sous-marin, a d’ores et déjà été chargé d’élaborer un plan de renflouage. Mais le vice-Premier ministre russe Ilia Klebanov, chargé de l’enquête sur l’accident, a lui-même reconnu que ce projet se heurtait à d’énormes difficultés techniques, que la Russie serait incapable de surmonter seule. «Il est impossible de remonter le sous-marin à l’aide des plates-formes dont dispose la flotte russe», a expliqué M. Klebanov. «Personne ne peut réaliser seul un tel projet», a-t-il ajouté, en affirmant que la Russie comptait «demander l’aide de l’étranger». La semaine dernière, l’homme d’affaires et aérostier suédois Per Lindstrand avait déclaré qu’il était prêt à se charger du renflouement du Koursk au moyen de ballons gonflables. Des experts britanniques ont souligné qu’une telle opération, outre les difficultés techniques qu’elle présente, serait extrêmement dangereuse et d’un coût exorbitant. «Généralement, ces épaves sont laissées au fond, comme des cimetières sous-marins», a expliqué Joanna Kidd, de l’Institut international d’études stratégiques (IISS). «Et nous ne sommes pas sûrs de l’état» du réacteur nucléaire. «Renflouer le sous-marin pourrait abîmer le réacteur et causer plus de problèmes que de le laisser» au fond, a-t-elle poursuivi. Le quotidien russe Segodnia soulignait en outre le risque que la coque se brise au cours de l’opération. Beaucoup plus probable, estimait hier la presse russe, le Koursk pourrait être tout simplement laissé au fond de la mer, «conservé» pour éviter des fuites radioactives. «Les scientifiques russes ont élaboré des techniques pour transformer le sous-marin en sarcophage. Pour cela, toutes les fissures et les brèches sont bouchées à l’aide de matériaux spéciaux», écrivait le quotidien Vedomosti. Une technique déjà utilisée sur l’épave du Komsomolets, un sous-marin nucléaire soviétique échoué en mer de Norvège par 1 600 mètres de fond, le 7 avril 1989. Un membre de la commission d’enquête sur l’accident, cité par Segodnia, estimait lui aussi que le Koursk serait laissé au fond, et que «le compartiment où se trouve le réacteur nucléaire serait rendu hermétique». Le sous-marin nucléaire a coulé avec à bord 24 missiles, dont aucun n’est équipé d’ogive nucléaire. Moscou a assuré que le réacteur, entouré d’une gangue extrêmement solide, ne présenterait aucun danger de contamination radioactive durant des centaines d’années. Mais plusieurs experts militaires s’étaient montrés beaucoup plus pessimistes après l’accident, soulignant que le réacteur, même arrêté, pouvait continuer à présenter des risques s’il n’était pas refroidi.
Les Russes, embarrassés par l’épave du sous-marin nucléaire Koursk échoué au fond de la mer de Barents, envisagent une opération titanesque de renflouage ou la mise en place d’une protection pour éviter toute fuite radioactive. L’annonce, faite hier, que les 118 marins, prisonniers de l’épave inondée, sont morts, pose la question de savoir que faire du submersible qui fut le fleuron de la Flotte du Nord. Très vite, après l’annonce de l’accident, le chef d’état-major de la marine russe, l’amiral Vladimir Kouroïedov, avait évoqué un projet de renflouage tout aussi spectaculaire qu’hypothétique : il s’agirait de remonter le sous-marin, qui pèse, inondé, 24 000 tonnes pour 155 mètres de long, vers la surface, à l’aide de câbles amarrés à des plates-formes pesant plusieurs centaines de tonnes, ou...