Le calme a régné hier sur le marché des changes de Beyrouth dont l’évolution a été caractérisée encore une fois par la contraction de l’offre du dollar face à une demande limitée aux besoins commerciaux des opérateurs en cette monnaie, en l’absence d’autres initiatives dans un sens ou dans un autre. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. En se déclarant prête à acheter le dollar à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL simultanément, celle-ci est parvenue donc à le faire fixer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, en raison de la réticence de l’offre en cette monnaie, les établissements de crédit ont continué à la négocier au haut de cette fourchette et rarement en dehors de la BDL. En effet, le billet vert devait être traité dans les transactions interbancaires entre 1 513,75 et 1 514,25 LL durant toute la journée, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter qu’à la suite de l’étroitesse des échanges, le volume d’affaires n’aurait pas dépassé quelque sept millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Résistance de l’euro face au dollar À l’étranger, l’euro a été généralement résistant face au dollar hier sur des marchés des changes autremant calmes et sans nouvelles fondamentales, alors que les investisseurs attendaient de voir comment les vainqueurs des enchères de licences de téléphonie mobile de la troisième génération UMTS en Allemagne allaient régler leurs factures faramineuses. Étant donné l’ampleur de la somme finale (50,52 milliards d’euros), les enchères du mobile en Allemagne pourraient soutenir la monnaie européenne, ont indiqué les experts. Et d’ajouter que cela dépend de la façon dont les gagnants vont financer leurs achats, car il s’agit de savoir si les opérateurs étrangers, au nombre de six ayant obtenu des licences, vont régler directement en euros ou non. Ainsi, malgré le sentiment globalement négatif des investisseurs à l’égard de la monnaie unique, elle s’est montrée soutenue aussi par les spéculations sur une hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) dès le 31 août pour enrayer les pressions inflationnistes dans la zone euro. À cet effet, le marché attend la publication aujourd’hui par Eurostat des chiffres sur l’inflation dans cette zone, susceptibles de renforcer ces spéculations, à un moment où tout laisse croire que la Réserve fédérale américaine (Fed) observera un statu quo monétaire mardi prochain. Ce sentiment a été renforcé par les récentes statistiques sur les prix ainsi que par l’annonce hier d’une augmentation plus forte que prévue du nombre des demandeurs d’allocations-chômage la semaine dernière (14 000 dossiers) en raison vraisemblablement des suppressions d’emplois dues au ralentissement de la croissance économique. Quant aux autres monnaies, le sterling a un peu souffert hier de la publication des ventes de détail en Grande-Bretagne le mois dernier, inchangées par rapport à juin et en hausse de seulement 4 % en glissement annuel, écartant toute perspective de resserrement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Le yen a été pour sa part relativement stable face au dollar quoique généralement soutenu par des achats de fonds d’investissement japonais. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est négocié sur un ton mitigé, à New York, comme suit : – 0,9165 pour un euro contre 0,9160, la veille – 1,4980 pour un sterling contre 1,5005 – 2,1340 DM contre 2,1350 – 7,1570 FF contre 7,1610 – 1,7075 FS contre 1,7065 – 2 112,65 lires contre 2 113,85 – 108,50 yens contre 108,55. Bourse de Beyrouth : poursuite de la hausse À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été encore une fois légèrement soutenue par la remontée des actions C de la Banque européenne du Moyen-Orient (BEMO), dans un marché autrement stationnaire et très calme sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,17 % à 63,55 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui s’est adjugé 0,29 % à 140,30 points. Et tout cela dans un volume d’affaires assez mince avec quelque 37 534 actions négociées d’une valeur globale de 181 538 dollars. Bourses américaines : optimisme tempéré Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont profité hier des perspectives de maintien en l’état des taux directeurs de la Fed mardi prochain, à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire, face aux signes de ralentissement de la croissance économique et d’une inflation qui reste sous contrôle. Mais les investisseurs craignent aussi que ce ralentissement de l’économie ne se traduise par une croissance moins forte que prévue des résultats des entreprises américaines. Cela d’autant que certaines grandes sociétés avaient déjà lancé des avertissements au sujet de leurs résultats pour le deuxième semestre dont récemment la compagnie aérienne United Airlines. C’est d’ailleurs cette préoccupation qui a pesé hier sur le titre du fabricant d’ordinateurs Hewlett-Packard, malgré la publication la veille après la clôture par le groupe d’un résultat trimestriel nettement supérieur aux attentes. Les analystes ont trouvé décevantes les ventes de serveurs Unix par Hewlett-Packard, et certains ont fait observer que le bénéfice du groupe avait été amélioré par des facteurs non opérationnels, notamment un taux d’imposition plus faible que prévu et des revenus financiers plus élevés. Mais, il n’en demeure pas que l’indice de la Bourse électronique Nasdaq est parvenu à repasser allègrement la barre des 3 900 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles remontait d’un plus bas à 10 984,40 points à un plus haut à 11 085,31 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure locale de Beyrouth, 11 072,76 points, en hausse de 64,37 points sur la veille. Les Bourses européennes affectées par les enchères UMTS en Allemagne Les Bourses européennes ont fini en baisse jeudi sous l’effet du recul des valeurs des télécommunications, le marché ayant mal réagi au prix très cher de 50,5 milliards d’euros payé pour les licences de téléphonie UMTS en Allemagne. Autrement, les affaires étaient calmes et sans orientation. L’indice Eurotop-300 a abandonné 0,42 % à 1 651,74 et l’Eurostoxx-50 a perdu 0,65 % à 5 189,50. Paris s’est replié de 0,73 %, Londres de 0,21 %, Zurich de 0,69 %, Madrid de 1,65 % et Bruxelles de 0,96 %. Contre la tendance, Amsterdam a pris 0,31%. Francfort a abandonné 0,50 % et Milan 0,83 %. L’indice du compartiment des télécoms du DJ Stoxx a reculé de 2,4 % et le recul des valeurs qui le composent a amputé l’Eurostoxx 50 de 17 points. Parmi les participants aux enchères, Vodafone a abandonné 4,0 %, Telefonica 5,3 %, France Télécom 3,1 %, KPN 0,8 % et British Telecom 1,3 %. Deutsche Telekom a fait cavalier seul et a gagné 0,85 % à 47,35 euros. Le montant, jugé exorbitant par plusieurs analystes du secteur, risque d’imposer un lourd fardeau aux résultats futurs de ces entreprises. «À ce prix-là, il leur faudra environ huit ans pour reconstituer leur marge brute d’autofinancement. L’investisseur attendra-t-il si longtemps ? J’en doute. Les cours en souffriront. L’argent ira se placer sur des fournisseurs de matériel, comme Ericsson ou Nokia», a dit l’analyste Theo Kitz (Merck Finck). Bonne tenue des pétrolières qui continuent à profiter du fait que les cours du brut restent au-delà de 30 dollars, leur meilleur niveau depuis dix ans. Leur compartiment dans le DJ Stoxx s’est octroyé 1,4 %. BP Amoco a avancé de 1,5 %, Royal Dutch de 2,3 %, Shell de 2,4 %, Total de 0,9 % et Repsol de 1,5 %. Tokyo : victime de prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a reculé jeudi sur des prises de bénéfices après quatre séances de hausse. «La correction était un peu inévitable, étant donné les quatre séances consécutives en hausse du Nikkei», a noté Masafumi Nakayama, de Mito Securities. «Les grosses capitalisations se sont plutôt bien comportées récemment et en l’absence d’incitation marquante à l’achat les investisseurs doivent en avoir conclu que c’était une bonne occasion de consolider». L’indice Nikkei a perdu 195,00 points, soit 1,19 %, à 16 161,03, après s’être adjugé 2,38 % au cours des quatre séances précédentes. Les pertes des grosses capitalisations ont pesé sur l’indice Topix, qui a cédé 19,29 points (1,29 %) à 1 476,15. On a dénombré 931 hausses pour 314 baisses sur la première section dans un volume d’affaires limité de 447,11 millions de titres contre 524,87 millions. Poids lourd de la cote, l’opérateur de téléphonie mobile NTT DoCoMo a lâché 2,58 % à 2,64 millions de yens. Le Financial Times a écrit hier que DoCoMo discute de la création d’un service d’Internet mobile aux États-Unis par le biais d’une alliance avec une coentreprise entre BellSouth et SBC Communications. La baisse du titre DoCoMo ne semble pas liée à cette information. La maison-mère de DoCoMo, Nippon Telegraph and Telephone (NTT) Corp a perdu 2,4 % à 1,22 millions de yens.
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