Il faut commencer par l’essentiel, qui résume – sans la clore – cette pénible affaire : Baise-moi est un film répugnant. L’opinion est formulée par une revue française qui ne passe pas pour précisément réactionnaire : Le Nouvel Observateur (numéro du 13/19 juillet dernier). Vous avez remarqué, le titre du film est écrit «tel quel» : lointaine est l’époque où «La p... respectueuse» faisait des manières avant de s’afficher, ultérieurement, en «Putain respecteuse». On n’arrête pas le progrès, c’est bien connu. Baise-moi est l’œuvre (si l’on peut dire) de deux femmes, Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi, qui devaient avoir des comptes à régler avec la gent masculine et/ou cherchaient à racoler (le terme s’imposait) le maximum de public pour leur film. Lors d’une interview (à L’Express), Catherine Breillat, l’auteur de Romance, est venue «au secours» de ladite Virginie. En ces termes : «Pour moi, votre film constitue un retour de bâton imprévu à l’oppression puritaine». On croit rêver : parler de puritanisme en ce temps où n’existe pratiquement plus aucun interdit, où sexe et violence s’étalent sur le petit écran, ne relève pas de la provocation mais du ridicule. À ce niveau encore, les choses sont d’une simplicité évidente. Non seulement le tandem Desplentes/Trinh Thi ne redoutait pas le classement «X», mais l’attendait impatiemment : excellente publicité pour leur film ! Un classement plus que justifié, selon Le Nouvel Observateur, alors que L’Express (n° du 29 juin dernier) avait précisé que Baise-moi n’est pas un film, n’a rien à voir avec l’art cinématographique, l’image est sale, etc, etc. Parce que, tout de même, le cinéma est en cause – pas seulement «le plaisir que cause à Virginie la gêne du public». Rideau – écran noir. N.B. : Dans mon avant-dernier «Gros Plan», Spielberg devenait un peu «frenchie» sur les bords, et non pas «franchi» ! Dégât mineur d’une fusion...
Il faut commencer par l’essentiel, qui résume – sans la clore – cette pénible affaire : Baise-moi est un film répugnant. L’opinion est formulée par une revue française qui ne passe pas pour précisément réactionnaire : Le Nouvel Observateur (numéro du 13/19 juillet dernier). Vous avez remarqué, le titre du film est écrit «tel quel» : lointaine est l’époque où «La p... respectueuse» faisait des manières avant de s’afficher, ultérieurement, en «Putain respecteuse». On n’arrête pas le progrès, c’est bien connu. Baise-moi est l’œuvre (si l’on peut dire) de deux femmes, Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi, qui devaient avoir des comptes à régler avec la gent masculine et/ou cherchaient à racoler (le terme s’imposait) le maximum de public pour leur film. Lors d’une interview (à...
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