Un vent nouveau, vivifiant et fort, souffle dans la création. Le nouveau millénaire stimule l’imagination et renverse certaines idoles. Des idées neuves, des noms inconnus, des talents qui éclatent sans crier gare. Rarement le prêt-à-porter a été aussi varié et original qu’aux portes de cet hiver. Chez Yves Saint-Laurent, Hedi Slimane réforme le concept de l’image homme, tel que Rive Gauche YSL le dessinait. «J’admire monsieur Saint-Laurent et son magnétisme troublant, mais sans idolâtrie», avouait déjà à la presse, en février passé, le jeune réformateur, venu réveiller une griffe légendaire assoupie. C’est en juillet 97 que Pierre Bergé a appelé comme consultant ce jeune créateur de vingt-huit ans, pour ranimer le prêt-à-porter homme. Intimidé, il propose une silhouette neuve, très précise, qu’il se met corps et âme, avec un rare acharnement, à traduire en ligne. Il veille à tout, suit tout, participe activement à tout: coupe, proportions, détails. Il modifie, allonge, allège, rénove... Le nouveau venu redéfinit une allure, redessine une silhouette, traduit une évolution. À nouvelle génération d’hommes, des habits neufs. «Le costume, garant d’un pouvoir social, d’une masculinité musclée, puissante, d’un contrôle émotionnel total? Tout cela est dépassé, fini, terminé...» En deux mots, Hedi Slimane rejette l’image masculine musclée, infaillible et forte. Sans tomber dans l’androgynie (l’homme ondoyant, haut en couleurs), il propose une masculinité séduisante, sexy, virile sans exubérance. Lui-même résume parfaitement sa vision: «Un état d’esprit fort et un état physique qui ne cache plus comme un vice sa vulnérabilité...» Alain Pontin, l’homme de Naf Naf Styliste «en chef» et directeur artistique de Naf Naf, Alain Pontin est l’homme sûr qui repense la collection d’une marque phare (1,1 milliard de francs de chiffre d’affaires). Les formes, les lignes, les modèles, les couleurs dépendent de lui, puisqu’il les choisit... Car après avoir longtemps pensé pouvoir se passer de stylistes, les enseignes commerciales ont dû réformer leur stratégie pour affronter les marques étrangères telles Zara, Gap ou H et M qui emploient un bataillon de stylistes chacune. Doucement mais sûrement, les stylistes montent aux créneaux. Pascal Humbert, qui a présenté son premier défilé haute couture en 1998, réalise dans son appartement parisien, seul, ses prototypes. Le jour il travaille pour Barbara Buy, en attendant de créer sa propre société. Entre Paris et Montpellier Dans sa boutique de la rue de l’Ancien Courrier, à Montpellier, Caty Lesca propose des créations qui drainent les élégantes de passage et les autochtones. Il en est de même pour celles de Paris. Des créations originales, des lignes souples, dans l’esprit du nouveau siècle, mais assez sobres pour descendre dans la rue et permettre une vie active. Des superpositions de couleurs fauves, parfaitement étudiées, et jeux de matières originales. C’est dommage qu’on ne puisse pas trouver des vêtements de cette créatrice de talent.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un vent nouveau, vivifiant et fort, souffle dans la création. Le nouveau millénaire stimule l’imagination et renverse certaines idoles. Des idées neuves, des noms inconnus, des talents qui éclatent sans crier gare. Rarement le prêt-à-porter a été aussi varié et original qu’aux portes de cet hiver. Chez Yves Saint-Laurent, Hedi Slimane réforme le concept de l’image homme, tel que Rive Gauche YSL le dessinait. «J’admire monsieur Saint-Laurent et son magnétisme troublant, mais sans idolâtrie», avouait déjà à la presse, en février passé, le jeune réformateur, venu réveiller une griffe légendaire assoupie. C’est en juillet 97 que Pierre Bergé a appelé comme consultant ce jeune créateur de vingt-huit ans, pour ranimer le prêt-à-porter homme. Intimidé, il propose une silhouette neuve, très précise,...