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Actualités - Chronologie

Espagne Echec de la journée de lutte des séparatistes basques

La «journée de lutte» convoquée au Pays basque espagnol en hommage aux quatre activistes de l’ETA tués, a été très faiblement suivie jeudi, illustrant le fossé grandissant entre les séparatistes et la majorité de la population basque, lasse de la violence. Quelques centaines de sympathisants indépendantistes ont défilé jeudi dans la plupart des villes de la région pour faire honneur aux quatre militants de l’ETA, tués lundi soir, dans l’explosion d’une voiture chargée d’explosifs, à bord de laquelle ils circulaient dans Bilbao. De légers incidents ont éclaté, notamment à Durango, ville natale de deux des quatre activistes, et à Saint-Sébastien où cinq jeunes ont été arrêtés pour troubles à l’ordre public. Deux autobus et des distributeurs de billets de banque ont été incendiés et de brèves échauffourées entre police et manifestants ont eu lieu dans plusieurs villes. À l’exception d’une personne légèrement coupée par des éclats de verre, aucun blessé n’a été signalé. Alors que l’actuelle offensive de l’ETA rappelle, par son intensité, les pires campagnes d’attentats des années 1980, la faible intensité de la «journée de lutte» de jeudi illustre le déclin de la capacité de mobilisation sociale des indépendantistes par rapport à il y a vingt ans. À cette époque, les manifestations d’appui à l’ETA étaient en général fortement suivies. Les indépendantistes représentent toujours 18 % de l’électorat basque, soit 250 000 personnes environ. Mais, depuis plusieurs années, leurs appels à des «journées de lutte» ou à la «grève générale» au Pays basque ne perturbent pratiquement plus la vie sociale et économique de la région. Si les rues du Pays basque sont toujours envahies de graffitis pro-ETA et d’affiches proindépendantistes, la plupart des commerces passent désormais outre les appels à la fermeture lors des «journées de lutte». La population vaque normalement à ses occupations, ignorant les cortèges séparatistes qui, à quelques mètres d’eux, hurlent des slogans en faveur de l’ETA. «Les gens ne s’intéressent plus à la politique. Ils essayent de faire en sorte que la violence ne perturbe pas leur vie de tous les jours», commente un journaliste d’un quotidien catalan originaire du Pays basque. À l’inverse, les manifestations anti-ETA, jadis impensables au Pays Basque, remportent un succès grandissant, surtout depuis 1997. Cette année-là, 500 000 personnes, un chiffre sans précédent pour une manifestation dans la région, avaient défilé dans les rues de Bilbao pour condamner l’enlèvement et l’exécution par l’organisation séparatiste armée d’un jeune conseiller municipal du village d’Ermua, Miguel Angel Blanco. Mercredi, 10 000 personnes manifestaient à Zumaia, qui ne compte que 8 000 habitants, pour protester contre l’assassinat de l’entrepreneur local José Maria Korta. Mais si le soutien à l’ETA est en perte de vitesse depuis plusieurs années, la réinsertion dans la vie politique de la minorité favorable à la violence est encore loin d’être acquise, soulignait hier la presse basque. «Il ne sera pas facile pour l’esprit démocratique de la société de pénétrer dans un monde aussi opaque que celui de l’ETA pour que les violents se débarrassent de leurs obsessions», estimait ainsi le quotidien El Diario Vasco. Selon ce journal, «les derniers assassinats ont révélé l’abîme non seulement politique, stratégique et idéologique, mais aussi profondément moral qui sépare ceux qui exercent la violence ou la justifient de ceux qui la répudient».
La «journée de lutte» convoquée au Pays basque espagnol en hommage aux quatre activistes de l’ETA tués, a été très faiblement suivie jeudi, illustrant le fossé grandissant entre les séparatistes et la majorité de la population basque, lasse de la violence. Quelques centaines de sympathisants indépendantistes ont défilé jeudi dans la plupart des villes de la région pour faire honneur aux quatre militants de l’ETA, tués lundi soir, dans l’explosion d’une voiture chargée d’explosifs, à bord de laquelle ils circulaient dans Bilbao. De légers incidents ont éclaté, notamment à Durango, ville natale de deux des quatre activistes, et à Saint-Sébastien où cinq jeunes ont été arrêtés pour troubles à l’ordre public. Deux autobus et des distributeurs de billets de banque ont été incendiés et de brèves...