Le dollar a été plutôt demandé en ce début de semaine à Beyrouth, dans un marché souvent réticent à l’offre même au haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en se déclarant toujours prête à le vendre à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL simultanément, est parvenue donc à le maintenir jusqu’à la clôture au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, en raison de la réticence de l’offre, la demande commerciale en dollar ne devait guère se placer au-dessous du point supérieur d’intervention de la BDL, ont indiqué les cambistes. Il s’est, en effet, négocié durant toute la journée dans une marge étroite comprise entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL auquel la BDL ne tardait pas à le vendre à chaque fois que la demande en cette monnaie ne trouvait pas une contrepartie valable à l’offre en dehors d’elle, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux. Pourtant, le volume des échanges est resté généralement faible, ne dépassant pas quelque huit millions de dollars en partie négociés à l’achat et à la vente par les banques de la place et le reste vendu par la BDL à 1 514,00 LL. Vulnérabilité du dollar et du yen À l’étranger, l’euro est resté bloqué sous le seuil de 0,91 dollar en ce début de semaine sur des marchés calmes en raison des vacances d’été, tandis que le yen s’affaiblissait et que le sterling se raffermissait face au billet vert sur des corrections techniques dans les deux sens. L’euro a été néanmoins hésitant à s’engager dans une direction déterminée en l’absence de nouveaux indicateurs hier sur la santé de l’économie des deux côtés de l’Atlantique, notamment aux États-Unis, pour se faire une idée plus claire au sujet de l’orientation des taux d’intérêt américains lors de la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), mardi prochain. À cet égard, les opérateurs ont été à l’affût d’indications sur les chiffres de la production industrielle en juillet devant paraître aujourd’hui et ceux des prix à la consommation pendant la même période attendus demain, l’annonce hier d’une hausse de 0,9 % des stocks et des ventes des entreprises américaines en juin n’ayant eu aucun impact sur le marché. Pourtant, le dollar est parvenu à regagner sensiblement du terrain contre le yen, sur des mouvements techniques d’après les analystes, mais les investisseurs japonais ne devraient pas le laisser grimper au-delà des 110 yens. Selon ces mêmes milieux, la décision de la Banque du Japon d’abandonner sa politique de taux zéro en les relevant vendredi dernier à 0,25 %, pour la première fois depuis dix ans, n’a pas eu beaucoup d’impact sur la devise nippone, d’autant qu’elle avait été largement anticipée. Certes, les opérateurs paraissaient hier avoir les regards braqués sur la situation économique au Japon avec une certaine conviction que l’institut d’émission devrait garder ses taux inchangés d’ici à la fin de l’année fiscale japonaise du fait de la fragilité de la consommation privée du Japon. Certes, le yen aura, de l’avis unanime des analystes, du mal à lutter contre la force du dollar en raison surtout du différentiel de taux d’intérêt jouant largement en faveur du billet vert à un moment où les institutions japonaises continuent de manifester beaucoup d’intérêt pour les investissements aux États-Unis. Pour ce qui est de la livre sterling, elle a fait preuve de fermeté hier, après la publication des prix à la production industrielle en Grande-Bretagne. Ces derniers ont augmenté de 0,2 % le mois dernier et 2,9 % en glissement annuel, selon l’Office des statistiques nationales (ONS). De plus, les statistiques sur l’inflation britannique en juillet, qui doivent être publiées aujourd’hui, et la publication des minutes de la dernière réunion de la Banque d’Angleterre demain donneront de nouvelles indications au marché sur l’évolution de la politique monétaire en Grande-Bretagne. À cet égard, certains analystes anticipent d’ores et déjà un relèvement des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre, notamment à la suite de son rapport trimestriel sur l’inflation publié la semaine dernière. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar a été plus ou moins vulnérabilisé face aux monnaies européennes, malgré sa meilleure tenue contre le yen, se négociant à New York, comme suit : – 0,9065 pour un euro contre 0,9030, vendredi dernier – 1,5045 pour un sterling contre 1,5015 – 2,1575 DM contre 2,1665 – 7,2365 FF contre 7,2665 – 1,7175 FS contre 1,7215 – 2 136,00 lires contre 2 144,95 – 109,50 yens contre 108,55. Bourse de Beyrouth : marché calme et exsangue À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été à la stabilité en ce début de semaine sur un marché exsangue. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 63,44 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 139,49 points. Et tout cela dans un volume d’affaires de quelque 2 332 actions d’une valeur globale de 16 557 dollars. Fermeté des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains ont continué sur leur lancée de vendredi dernier après un départ hésitant à la hausse, mais finalement l’indice Dow Jones des industrielles (DJIA) s’est maintenu au-dessus des 11 100 points et celui de la Bourse électronique Nasdaq à plus des 3 800 points. Selon des analystes boursiers, les valeurs vedettes de Wall Street sont les leaders de la reprise estivale actuellement, mais aucun secteur d’activité ne se démarque alors que les investisseurs procèdent à des achats sélectifs. Cependant, la publication, vendredi dernier, d’une hausse plus forte qu’attendue des ventes de détail en juillet suivie, hier, de chiffres sur les ventes et les stocks des entreprises en juin, montrant un gonflement des stocks également plus important que prévu, laissent cependant les analystes boursiers dans l’expectative. Ces derniers attendent surtout l’annonce demain de l’indice des prix à la consommation pour le mois de juillet avec une hausse moyenne de 0,2 % selon certaines estimations. Une progression plus forte pourrait réveiller les craintes d’inflation. Dans ce contexte, l’indice Nasdaq est parvenu donc à repasser à la hausse la barre des 3 800 points, pendant que le DJIA remontait d’un plus bas à 11 006,93 points à un plus haut à 11 117,29 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure locale de Beyrouth, 11 096,66 points, en hausse de 68,86 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes en hausse Les Bourses européennes ont fini en hausse lundi, tirées par les technologiques, les télécommunications et les pharmaceutiques. L’indice Eurotop-300 a progressé de 0,58 % et l’Eurostoxx-50 de 0,67 %. Paris s’est octroyé 0,86 %, Londres 0,55 %, Zurich 0,45 % comme Amsterdam, Madrid 1,05 % et Bruxelles 0,32 %. En clôture, la Bourse de Francfort a gagné 0,12 % et Milan avançait de 0,55 %. L’opérateur finlandais de téléphonie mobile Sonera, qui avait monté à la nouvelle d’une offre éventuelle de $30 milliards d’Orange, est retombé quand l’information fut démentie et a fini en baisse de 0,45 euro à 41,70. France Télécom, maison-mère d’Orange, a progressé de 1,60 % à 139,60 euros. Nokia et Deutsche Telekom se sont distinguées, la première gagnant 3,3 % à 46,18 euros et la seconde 2,56 % à 49,59. Ericsson a avancé de 2,62 couronnes à 176,50 et Philips Electronics de 2,79 % à 49,30 euros. Très attaqué ces derniers temps, Deutsche Telekom paraît maintenant bon marché et sa récente acquisition de l’américain VoiceStream est jugé astucieux pour sa stratégie. Les enchères de licences de téléphonie UMTS en Allemagne ont dépassé 36 milliards d’euros, approchant du niveau vertigineux atteint par celles de la Grande-Bretagne en avril. À l’époque, l’industrie y avait mal réagi, estimant que c’était cher payé, et les valeurs des télécoms avaient fortement baissé les jours suivants. Les pétrolières ont fait l’objet de prises de bénéfice après leur forte hausse de la semaine dernière, conséquence de la fermeté des cours du brut. BP Amoco a abandonné 2 % à 595,20 pence, Shell 1,33 % à 560,72 pence et Total 1 % à 168,50 euros. Tokyo : légèrement mieux La Bourse de Tokyo a clôturé lundi en légère hausse de 0,2 %, les investisseurs ayant accueilli sans état d’âme l’abandon des taux d’intérêt zéro décidé vendredi par la Banque du Japon pour s’intéresser aux valeurs technologiques, ont indiqué des opérateurs. L’indice de référence Nikkei-225 a gagné 36,41 points à 16 153,91 dans le sillage de la hausse de la Bourse de New York vendredi. L’indice élargi Topix a progressé pour sa part de 2,54 points à 1 493,43 points. «Nous n’avons pas constaté de répercussion particulière sur la Bourse suite au changement de la politique de taux d’intérêt», a précisé un opérateur de la société Kankaku Securities, Masatoshi Sato. «La plupart des prises de bénéfices matinales ont diminué dans l’après-midi mais des investisseurs se sont tournés vers des valeurs vedettes en fin de séance, ce qui a permis à l’indice Nikkei de clôturer en légère hausse», a ajouté M. Sato. Vendredi, la Banque du Japon (BoJ) a abandonné sa politique monétaire de maintien des taux d’intérêt au plus près de zéro mise en place il y a 18 mois afin d’écarter la menace d’une déflation. «La confiance dans les achats régnait à Tokyo après la bonne tenue de New York à la clôture vendredi«, a indiqué un analyste de marché de Nikko Securities, Hiroichi Nishi. «Les investisseurs ont acquis des valeurs électroniques et technologiques», a-t-il ajouté. «Puisque les investisseurs attendaient le retrait de la politique monétaire du taux zéro par la BoJ, la décision n’a pas été une grande surprise pour eux», a poursuivi M. Nishi. Mais les gains sont restés limités, la plupart des investisseurs étant partis en vacances estivales. «Le volume des échanges ont été faibles. Nous comptons peu d’intervenants sur le marché ces temps-ci», a expliqué M. Nishi.
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