Le dollar continuait à être recherché hier, à Beyrouth, à des fins commerciales dans un marché sur lequel l’offre privée ne faisait pas défaut au haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) maintenue en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Dans ces conditions, le billet vert a été fixé par la BDL au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, pendant que les établissements de crédit le négociaient pratiquement au haut de cette fourchette entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Mais compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande, l’activité du marché est restée généralement mince, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux, estimant le volume d’affaires de la journées d’hier à quelque sept millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, sans aucun recours à la BDL. Coup d’arrêt à la chute libre de l’euro À l’étranger, l’euro est parvenu à limiter ses pertes face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après être passé sous le seuil de 0,92 dollar la veille, tandis que le yen et le sterling regagnaient du terrain sur le billet vert, l’un soutenu par des achats d’exportateurs japonais et l’autre par des anticipations de hausse des taux d’intérêt britanniques. Pourtant, l’euro restait affaibli face au dollar par des spéculations du marché sur une possible hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de la réunion de son comité de politique monétaire le 22 août, incitant les investisseurs à acheter le dollar. À cet égard, plusieurs analystes estiment qu’il y a un risque que l’euro teste le seuil de 0,90 dollar à court terme. Le rapport sur l’emploi aux États-Unis le mois dernier, attendu demain, devrait permettre au marché d’affiner son analyse sur l’état de ralentissement de l’économie américaine. Si ce rapport révèle des chiffres plus forts que prévu, l’euro pourrait en pâtir et tester à nouveau des plus bas, car cela conforterait les attentes sur une hausse des taux de la Fed, notamment après les indications sur la remontée du PIB américain au deuxième trimestre la semaine dernière. Cela d’autant que certains analystes estiment que la Banque centrale européenne (BCE) ne devrait pas relever ses taux d’ici à la fin de l’année. De son côté, la devise japonaise a repoussé le dollar sous le seuil des 109,00 yens. Cette appréciation semble s’expliquer par un mouvement de frustration des exportateurs nippons qui ont commencé à vendre du billet vert pour empêcher le yen de trop glisser sans justification, alors que les vacances japonaises approchent et qu’il y a une réunion de la Banque du Japon le 11 août prochain. Quant à la livre sterling, elle est parvenue à recouvrer une partie du terrain qu’elle avait perdu la veille sous le seuil de 1,49 dollar, pour la première fois depuis deux mois. Bien que les analystes aient été partagés pour prédire la décision sur les taux d’intérêt britanniques que prendra aujourd’hui le comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, une petite majorité d’entre eux tablait hier sur un nouveau statu quo monétaire avec un taux inchangé à 6,00 %, alors que d’autres pensaient que l’institut d’émission britannique va le relever d’un quart de point en pourcentage pour enrayer toute menace inflationniste. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est négocié, à New York, sur un ton hésitant aussi bien à la hausse qu’à la baisse comme suit : – 0,9130 pour un euro contre 0,9140, la veille – 1,4925 pour un sterling contre 1,4915 – 2,1420 DM contre 2,1400 – 7,1845 FF contre 7,1770 – 1,6900 FS contre 1,6910 – 2 120,75 lires contre 2 118,50 – 108,75 yens contre 109,25. Bourse de Beyrouth : marché déprimé À la Bourse de Beyrouth, c’est toujours le statu quo sur un marché très déprimé en l’absence de motivations à l’achat et à la vente des quelques valeurs libanaises qui y sont cotées. En effet, l’indice général Lispi de toute la cote s’est maintenu à 63,55 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 139,49 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires insignifiant de quelque 5 925 actions négociées d’une valeur globale de 17 680 dollars. Bourses américaines : marchés confiants Sur les places boursières internationales, les marchés américains, qui avaient démarré brièvement dans le rouge, ne tardaient pas à renouer avec la hausse grâce à une chasse aux bonnes affaires. Les craintes des investisseurs sur un possible relèvement des taux d’intérêt de la Fed ont été calmées hier par des chiffres confirmant la croissance économique. À cet égard, les opérateurs boursiers ont été attentifs à l’annonce par le Conference Board que son indice composite des principaux indicateurs économiques aux États-Unis, qui est censé préfigurer l’évolution de la conjoncture dans les six prochains mois, a été inchangé en juin après avoir baissé de 0,1 % en mai, laissant croire que la croissance de l’économie américaine semble s’orienter vers un ralentissement modéré au troisième trimestre. Ce sentiment a été renforcé davantage par la nouvelle diminution de 3,7 % des ventes de logements neufs en juin après une baisse de 0,9 % en mai, reflétant que l’explosion du marché du logement observé de 1997 à début 2000 touche à sa fin. Mais il en faudra sans doute plus pour convaincre les investisseurs que tout risque d’une hausse des taux d’intérêt est écarté. Les chiffres de l’emploi en juillet, attendus demain, devraient fournir un nouvel indice des intentions de la Fed dans ce domaine. Dans cette attente, l’indice composite de la Bourse Nasdaq s’installait confortablement hier au-dessus de la barre des 3 700 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles de Wall Street opérait un bond d’un plus bas à 10 587,54 points à un plus haut à 10 715,74 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure locale de Beyrouth, 10 711,27 points, en hausse de 104,32 points sur la veille. Irrégularités des Bourses européennes La prudence est restée de mise mercredi sur les places boursières européennes et la pression à la vente s’est poursuivie sur les valeurs technologiques. La bonne orientation de Wall Street en matinée a cependant profité aux marchés européens en fin de séance. La Bourse de Paris a ainsi clôturé sur une baisse infime de 0,04 % et Londres a enregistré une légère progression de 0,18 %. Milan a cédé 0,14 %, mais Madrid a gagné 0,91 %, Amsterdam 0,76 %, Zurich 1,6 % et Bruxelles 0,15 %. À la même heure, Francfort s’est repliée de 0,46 %. Reflet de cette irrégularité persistante, l’Eurotop 300 paneuropéen gagnait 0,25 % et l’Euro Stoxx 50 limité à la zone euro perdait 0,23 %. Les valeurs de la santé et de la banque ont progressé nettement, par effet de balancier, face au tassement de la nouvelle économie. Mais des gestionnaires de fonds ont déclaré qu’une tendance de rotation était difficile à estimer aux long terme étant donné l’incertitude qui pèse sur l’évolution des taux d’intérêt américains. «Sur le moyen terme, les investisseurs avisés restent en retrait parce que les perspectives sont plutôt incertaines, personne ne sait à quoi s’en tenir aux États-Unis et sur les conséquences pour les taux d’intérêt et les marchés d’actions», a déclaré Adrian Darley, gérant de portefeuilles en valeurs européennes chez Gartmore. «Cela signifie qu’à court terme, on peut s’attendre à de plus en plus de dégagements des secteurs volatils comme la technologie et d’engagements dans les secteurs plus défensifs comme les services aux collectivités. Mais il n’y a pas de tendance sectorielle claire tant que l’horizon économique est incertain», a-t-il ajouté. Aux technologiques, le finlandais Nokia a abandonné 3,88 %. Son concurrent français Alcatel a perdu 3,61 % et le britannique Marconi a rétrogradé de 4,47 %. «Nous constatons beaucoup de ventes de la part de fonds de pensions, ce qui est reflété par la glissade d’Alcatel et de Nokia», a commenté Michel Dumoulin, gérant de fonds chez Fimagest. «Les chiffres du marché de la téléphonie mobile ont été tellement forts que tout le monde a extrapolé des gains importants, et maintenant que les choses ne sont pas si bonnes, ils ont extrapolé des nouvelles extrêmement négatives, c’est un scénario classique». Tokyo : fermeté de la cote La Bourse de Tokyo est restée ferme mercredi, les valeurs high-tech confirmant le rebond de la veille, les investisseurs jugeant exagérées les ventes massives de la semaine dernière. La séance s’est terminé sur une hausse de 0,66 %. L’indice Nikkei 225 a gagné 106,52 points à 16 206,19, mais reste en retrait de près de 2 % par rapport à la semaine dernière. Certaines valeurs, celles des fabricants de puces électroniques en particulier, ont néanmoins été affectées par le recul de 2,16 % du Nasdaq mardi mais les investisseurs ont estimé que beaucoup avaient cependant été survendues. «Il semble que nous ayons atteint lundi un plancher à court terme et il est vrai que les investisseurs sont en mesure de faire face à des difficultés telles que la banqueroute de Sogo ou les incertitudes politiques», a déclaré Hidenori Kawasaki, de Kokusai Securities. L’impopularité croissante du gouvernement du Premier ministre Yoshiro Mori a été de nouveau confirmée mardi par un sondage. La défaillance, le mois dernier, du distributeur Sogo avait fait naître des doutes quant à la capacité de l’économie japonaise de recouvrer une santé solide. Pour Kawasaki, les investisseurs ne sont pas tous d’humeur à acheter, le nombre de valeurs en baisse sur celles en hausse l’emportant par 719 contre 558 sur la première section de la Bourse de Tokyo. L’indice Topix a gagné 0,19 %, soit 2,76 points, à 1 482,60. Le volume de la première section a été de 526,65 millions de titres contre 604,85 millions mardi. Le contrat de septembre sur le Nikkei a pris 40 points à 16 180. L’indice de la seconde section a gagné 0,35 % à 2 334,51, tandis que le hors-cote a progressé de 1,01 % à 1 593,13.
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