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Actualités - Biographie

Le populaire président de la démocratie islamique

Le président iranien Mohammad Khatami est toujours populaire trois ans après son élection triomphale, mais sa volonté d’instaurer une «démocratie islamique» se heurte aux coups de boutoir incessants des conservateurs. Le sourire bienveillant, aimant le contact, la barbe courte et l’habit religieux impeccablement élégant, M. Khatami a révolutionné le style de président de la République islamique. Né à Ardakan, dans la région centrale de Yazd, il y a 57 ans, il a baigné très tôt dans une ambiance religieuse. Mais son père, le grand ayatollah Ruhollah Khatami, un des hommes les plus respectés d’Iran, lui a inculqué en même temps que le goût des études un esprit d’ouverture. Il parle les langues arabe, anglaise et allemande. Seyyed, c’est-à-dire descendant du Prophète, il devient hodjatoleslam (religieux de rang moyen) après des études théologique à Qom, la ville sainte chiite. Il est diplômé de philosophie à Ispahan et de science éducative à Téhéran. C’est à Ispahan qu’il découvre la politique au contact d’Ahmad Khomeiny, le fils du fondateur de la République islamique. Avant la révolution en 1979, il dirige à Hambourg le centre islamique iranien, qui relayait les appels de l’imam Khomeiny, alors à Neauphle-le-Château, dans la banlieue parisienne. Puis les choses se précipitent. Il représente Ardakan au Parlement, puis est nommé en 1982 ministre de la Culture et de l’Orientation islamique. En 1992, il démissionne avec fracas du ministère et commence une «traversée du désert», plaidant pour une «démocratie islamique». Porté par un fort courant populaire, il s’impose à la présidentielle de 1997 contre le candidat conservateur Ali Akbar Nategh-Nouri. Il incarne dès lors un «renouveau» du régime islamique, tentant de concilier liberté d’expression, réflexion et ouverture internationale avec les fondements de la République islamique, auxquels il est très attaché. Mais la plupart des institutions du pays entravent son élan, tandis que les conditions économiques et sociales ne s’améliorent pas. Les revers et humiliations augmentent sa popularité. Les étudiants qui sont sortis dans la rue en juillet 1999 pour le soutenir sont durement réprimés. Quatre mois plus tard, son plus fort soutien, l’ancien ministre de l’Intérieur Abdollah Nouri, est emprisonné pour «propagande anti-islamique». Le raz-de-marée de ses partisans aux législatives de février 2000, emmenés par Mohammad-Reza Khatami, son frère, pourtant néophyte en politique, le conforte, mais n’apporte pas l’apaisement escompté. Un de ses plus proches conseillers, Saïd Hajarian, est victime d’un attentat. Les arrestations d’intellectuels et de journalistes se multiplient, ordonnées par la justice aux mains des conservateurs. Treize quotidiens sont fermés, alors que le président se voulait le chantre de la liberté de la presse. Le président ne peut que maintenir la ligne de «patience» qu’il observe depuis trois ans entrecoupée de quelques coups de colère.
Le président iranien Mohammad Khatami est toujours populaire trois ans après son élection triomphale, mais sa volonté d’instaurer une «démocratie islamique» se heurte aux coups de boutoir incessants des conservateurs. Le sourire bienveillant, aimant le contact, la barbe courte et l’habit religieux impeccablement élégant, M. Khatami a révolutionné le style de président de la République islamique. Né à Ardakan, dans la région centrale de Yazd, il y a 57 ans, il a baigné très tôt dans une ambiance religieuse. Mais son père, le grand ayatollah Ruhollah Khatami, un des hommes les plus respectés d’Iran, lui a inculqué en même temps que le goût des études un esprit d’ouverture. Il parle les langues arabe, anglaise et allemande. Seyyed, c’est-à-dire descendant du Prophète, il devient hodjatoleslam (religieux...