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Actualités - Reportages

Mohammed, Khiam et son porte-clés (photo)

S’il pouvait raconter mille et une fois son histoire, Mohammed, il le ferait, c’est son remède à lui, sa façon de panser ses plaies. «Un an et onze mois !», Mohammed a passé presque deux ans dans sa cellule de Khiam, «elle faisait moins de deux mètres carrés», et son père aussi. Il avait 22 ans, Mohammed, lorsque l’ALS l’a accusé de taire des informations concernant le Hezbollah et ses actions, et qu’il a été emmené «là-bas». Là-bas... «Il est évident que la pire des tortures, la plus insupportable, c’est celle de l’âme, à côté de comment ils ont tué ce qu’il y avait dans ma tête, le sac sur le visage, l’électricité, le fouet, le supplice du poteau pratiquement nu et l’eau glacée, tout cela n’avait aucune importance». La dernière fois que Mohammed a pleuré, c’était lorsque sa mamma est venue lui rendre visite, à Khiam, depuis, plus aucune larme, ni lorsqu’il a été libéré, le 13 janvier 2000, «ni même lorsque les Israéliens se sont retirés». Ce que Mohammed veut, c’est que l’on inscrive sur la carte d’identité de chacun des geôliers, et à vie, en lettres rouges, le mot traître, «sauf que mon tortionnaire, si je l’avais en face de moi, je ne lui pardonnerai pas non, je lui ferai exactement la même chose». La sincérité de Mohammed, à ce moment-là, est prégnante et troublante, parce qu’il y a quelque chose au fond de ses yeux, quelque chose comme «ne prenez pas ce que je suis en train de vous dire pour argent comptant, je ne sais même pas si j’aurais envie de le toucher...» De Khiam, Mohammed ne connaissait que sa cellule, «on nous bandait constamment les yeux», maintenant, il va visiter la prison, il va expliquer aux gens, «c’est presque un lieu touristique maintenant». Et sur le rétroviseur de sa voiture, Mohammed a accroché les petits gris-gris qu’il confectionnait pendant des heures dans sa cellule, des perles de toutes les couleurs, de toutes les formes que leur offrait la Croix-Rouge internationale. Même son porte-clés, qu’il a constamment dans les mains, sous les yeux, ce sont des perles tressées, enfilées, patiemment, pour faire passer le temps, là-bas, en la prison de Khiam. «Si c’était à refaire ? Je suis un résistant, je le referai. Sans hésiter».
S’il pouvait raconter mille et une fois son histoire, Mohammed, il le ferait, c’est son remède à lui, sa façon de panser ses plaies. «Un an et onze mois !», Mohammed a passé presque deux ans dans sa cellule de Khiam, «elle faisait moins de deux mètres carrés», et son père aussi. Il avait 22 ans, Mohammed, lorsque l’ALS l’a accusé de taire des informations concernant le Hezbollah et ses actions, et qu’il a été emmené «là-bas». Là-bas... «Il est évident que la pire des tortures, la plus insupportable, c’est celle de l’âme, à côté de comment ils ont tué ce qu’il y avait dans ma tête, le sac sur le visage, l’électricité, le fouet, le supplice du poteau pratiquement nu et l’eau glacée, tout cela n’avait aucune importance». La dernière fois que Mohammed a pleuré, c’était lorsque sa...