Le dollar a été plutôt demandé en ce début de semaine à Beyrouth, dans un marché prudemment calme en attendant le résultat de la réunion, hier, entre l’émissaire de l’Onu et les dirigeants libanais au sujet du déploiement des forces internationales et libanaises dans les régions libérées. Cette réunion intervient après l’achèvement de la mission d’inspection libano-onusienne en vue de mettre fin aux violations israéliennes de la frontière internationale avec le Liban. Pourtant, ce mouvement ne s’est pas accompagné d’une pénurie d’offre en cette monnaie, selon les cambistes, ce qui a dispensé la Banque du Liban (BDL) d’intervenir sur le marché directement pour y rétablir l’équilibre. En se déclarant ainsi prête à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL, la BDL est parvenue donc à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar tout près du haut de cette fourchette. Il a ainsi oscillé étroitement pendant toute la journée dans une marge comprise entre 1 513,00 et 1 514,00 LL dans un volume d’affaires ne dépassant pas quelque huit millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place sur un marché calme et équilibré de lui-même. Reprise du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar a repris des couleurs en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux, profitant de nouvelles spéculations sur l’accroissement des flux en dollar vers les États-Unis en provenance de la zone euro. À cet égard, le billet vert a bénéficié de l’annonce hier du rachat de l’américain VoiceStream par l’allemand Deutsche Telekom pour 50,7 milliards de dollars, tout comme il avait été soutenu par l’acquisition du courtier et gestionnaire de fortune américain PaineWebber International par la première banque helvétique UBS au début du mois. Les performances du billet vert s’expliquaient également par des mouvements d’ajustement du marché après les fortes ventes de dollar de la fin de la semaine dernière, dans le sillage du discours d’Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), sur la croissance américaine. Ces propos ont été un peu trop rapidement interprétés par le marché comme un signe favorable à un statu quo monétaire aux États-Unis. À cet égard, une petite majorité d’analystes tablait hier sur une pause monétaire lors de la réunion du comité de l’open market de la Fed le 22 août prochain, mais d’autres opérateurs attendent d’avoir de nouvelles données économiques pour juger des intentions de la Fed, notamment la publication après-demain de l’indice sur le coût du travail au deuxième trimestre et les chiffres sur la croissance préliminaire du produit intérieur brut (PIB) américain pendant la même période vendredi. Dans ce contexte, l’euro a été à nouveau délaissé par les investisseurs qui ont ignoré la hausse des prix de la production industrielle de 0,3 % en Allemagne le mois dernier par rapport à mai et de 2,9 % en glissement annuel, soit sa plus forte hausse depuis près de neuf ans. Il en est de même des statistiques disparates publiées hier sur les prix à la consommation qui ont progressé de 0,4 à 0,5 % en juillet dans les trois principaux États régionaux de l’ouest de l’Allemagne et qui n’ont pas d’impact positif sur le marché de l’euro. De son côté, le yen s’est montré en petite forme, souffrant des mauvaises performances des marchés boursiers japonais après la faillite de la grande chaîne nippone de supermarchés Sogo. Quant à la livre sterling, elle a été vulnérabilisée un peu hier par l’hésitation des investisseurs au sujet de l’orientation des taux d’intérêt britanniques lors de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre le 3 août prochain. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est négocié hier, à New York, sur un ton soutenu comme suit : – 0,9325 pour un euro contre 0,9370, vendredi dernier – 1,5155 pour un sterling contre 1,5175 – 2,0975 DM contre 2,0875 – 7,0345 FF contre 7,0005 – 1,6665 FS contre 1,6605 – 2 076,45 lires italiennes contre 2 066,45 – 108,85 yens contre 108,90. Bourse de Beyrouth : marché déserté À la Bourse de Beyrouth, la tendance est restée dictée encore une fois par l’orientation légèrement haussière de la société Rasamny Younis Motor (Rymco), dans un marché autrement stationnaire et déserté sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,09 % à 63,39 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 139,49 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché dépourvu d’activité avec au total 17 718 actions négociées, dont 100 actions Rymco seulement, d’une valeur de 132 614 dollars, dont 218,75 dollars sur Rymco. Wall Street : tendance mitigée Sur les places boursières internationales, la tendance a été mitigée en ce début de semaine sur les marchés des valeurs mobilières américains, notamment à Wall Street et la Bourse électronique Nasdaq. Ainsi, en l’absence de véritables motivations à s’engager ou à se dégager, les opérateurs se sont contentés hier d’ajuster leurs portefeuilles en attendant de nouvelles indications sur l’état de l’économie américaine devant paraître ces prochains jours. Les résultats de certaines sociétés publiés hier, dont la baisse de 9,1 % des bénéfices trimestriels de Good Year et la hausse de 20 % de ceux de Merck, ne devaient pas avoir d’impact sur la cote. En effet, des hausses et des baisses ont alterné tout au long de la séance d’hier sur l’ensemble des secteurs au gré de prises de bénéfices et de rachats de découvert. L’indice Nasdaq a dû casser à la baisse le seuil des 4 000 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 778,11 points et un plus bas à 10 680,53 points avant d’afficher en préclôture (à 23h heure locale à Beyrouth) 10 685,83 points en baisse de 47,73 points sur la veille. Fermeté des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont terminé lundi sur une note relativement irrégulière, avec une prédominance de hausses, tandis qu’un fort recul de Deutsche Telekom AG maintenait la place de Francfort dans le négatif. À la clôture de la plupart des Bourses européennes, l’indice pan-européen Eurotop 300 a affiché un gain de 6,57 points, soit 0,40 %, à 1 637,59, et l’Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, a progressé de 5,71 points, soit 0,11 %, à 5 243,73. Tandis que la Bourse de Zurich affichait une hausse de 1,38 %, celle de Paris a progressé de 0,59 %, Amsterdam de 0,68 %, Bruxelles de 0,22 % et Londres de 0,05 % seulement. Francfort a abandonné 0,61 % tandis que Milan et Madrid perdaient 0,80 % et 0,44 % respectivement. À New York, après des hésitations en début de séance qui ont quelque peu affecté la tendance en Europe, le Dow Jones progresse de 0,21 % et le Nasdaq composite de 0,03 % seulement. La baisse de Francfort est due en grande partie au recul de Deutsche Telekom AG, l’une des grandes valeurs de l’indice Dax, particulièrement malmenée dans un gros volume d’échanges. Après avoir momentanément chuté de plus de 9 %, le titre a accusé en dernier lieu une lourde perte de 8,81 %, à 50,40 euros, contre un plus bas de l’année à 49,87 dans la journée. La groupe de télécommunications a déclaré que son rachat de l’opérateur américain de téléphonie mobile VoiceStream n’aurait pas d’impact positif sur ses bénéfices avant 2004. Bon nombre d’analystes estiment trop élevé le montant de 50,7 milliards de dollars que DT a accepté de payer pour VoiceStream, tout en reconnaissant que c’était peut-être le prix à payer pour que l’opérateur allemand Telekom puisse s’implanter aux États-Unis, le premier marché mondial des télécommunications. DaimlerChrysler a qualifié de «spéculations» un article de presse selon lequel il s’apprêterait à lancer un avertissement sur ses bénéfices, mais l’action du groupe germano-américain a néanmoins abandonné 2,68 %. Les pertes de ces deux valeurs allemandes de premier plan ont pesé sur les marchés européens en début de séance mais elles ont ensuite été compensées par la vigueur des compartiments de l’énergie des technologiques et de la chimie. Tokyo : en baisse La Bourse de Tokyo s’est fortement repliée lundi, la baisse des valeurs américaines la semaine dernière ayant pesé sur un marché déjà affecté par la récente faillite d’une grande entreprise. L’indice Nikkei 225 a perdu 264,37 points, soit 1,57 %, à 16 547,12. «Maintenant que les élections législatives et le sommet du G8 sont passées, les investisseurs craignent que le moment pourrait être venu pour de grosses faillites d’entreprises cet été», a estimé Koji Hatano, de l’institut de recherches Sakura. La faillite du grand opérateur de magasins Sogo, il y a près de deux semaines, a relancé les inquiétudes suscitées par la reprise économique et la possibilité de nouvelles défaillances d’entreprises. L’indice Topix de l’ensemble des valeurs de la première section a cédé 18,62 points, soit 1,22 %, à 1 504,81, son plus bas depuis le 21 octobre dernier. Le Topix a enfoncé à un moment les 1 500 et le Nikkei les 16 500, tous les deux des niveaux supports, avant de se reprendre partiellement grâce à des achats à bon compte. «Le marché aurait dû progresser grâce à l’amélioration des résultats de sociétés mais l’attention s’est tournée vers la série ininterrompue des prêts à problème», a estimé Hiroshi Arano, de Dai-ichi Kangyo Asset Management.
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