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Actualités - Chronologie

Un retour sans gloire en Israël pour Ehud Barak (photo)

Un Parlement hostile, un peuple profondément divisé et une opposition de droite jubilante attendaient le Premier ministre travailliste Ehud Barak à son retour en Israël du sommet manqué de Camp David. Paradoxalement cet échec pourrait lui donner un répit face à l’offensive de la droite : en l’imputant aux Palestiniens M. Barak peut espérer regagner une part de popularité et il peut se targuer de n’avoir pas fait de concessions irréparables. Il n’en reste pas moins que M. Barak se retrouve à la tête d’un gouvernement minoritaire qui a peu de chances de survivre au Parlement s’il n’est pas rapidement élargi. Dans ce but, M. Barak s’est empressé de lancer un appel à l’unité avant même d’avoir regagné Israël. «Nous avons tout fait pour aboutir à la fin du conflit mais pas à n’importe quel prix. Sur trois points, nous ne céderons pas : la sécurité, ce qui est sacré pour notre peuple et l’unité du peuple. Si le choix est entre ça et une confrontation, ma réponse est claire», a-t-il proclamé. «Il faut constituer un gouvernement d’union sans faire marche arrière dans le processus de paix», a déclaré aux journalistes le député Ofer Pines, chef du groupe parlementaire de la coalition. Toutefois M. Barak lui même n’a pas lancé un appel explicite au Likoud, la principale formation de droite pour que cette formation fasse partie d’un éventuel gouvernement d’union nationale. L’opposition de droite elle même divisée a réservé sa réponse, en attendant le retour du Premier ministre. «Nous ne repoussons pas a priori l’idée d’une union nationale, mais il faudrait avant que Barak annonce que toutes les promesses qu’il a faites aux Palestiniens à Camp David sont nulles et non avenues», a déclaré un porte-parole du Likoud, le député Danny Naveh. Le chef du groupe parlementaire du Likoud au Parlement, Reuven Rivlin, a cependant écarté un gouvernement d’union nationale aussi longtemps que M. Barak n’aura pas fait son «mea-culpa» l’accusant d’être «allé trop loin dans la voix des concessions aux Palestiniens». Il a cependant envisagé un gouvernement d’«urgence nationale» en cas d’embrasement dans les territoires palestiniens. «L’important aujourd’hui c’est de s’unir face aux périls, face aux risques de confrontation avec les Palestiniens», a affirmé pour sa part le chef politique du puissant parti ultraorthodoxe Shass, le député Eli Ishaï, tout en soulignant que sa formation faisait partie de l’opposition. Des représentants des colons ont exprimé quant à eux leur satisfaction à la suite de l’échec du sommet. Un porte-parole du Conseil des implantations juives a notamment appelé les Israéliens à «tirer la conclusion de l’échec et à enterrer une fois pour toutes les accords d’Oslo» avec les Palestiniens. À la suite de la défection de deux partis de droite et du Shass juste avant Camp David, la coalition gouvernementale s’est considérablement affaiblie et M. Barak n’est plus assuré d’une majorité au Parlement. Les formations de droite peuvent compter sur 53 des 120 députés au Parlement – Likoud (19), Shass (17), Parti national religieux (5), Israël Be Alya (4), le parti russophone Israël Beitenou (4), le parti de l’Union nationale (4). La coalition gouvernementale aligne 46 députés : travaillistes (26), Meretz (10), Parti du centre (6), et deux petites formations de 2 sièges chacune. En cas d’accord avec les Palestiniens elle aurait pu compter sur dix députés des listes arabes, ce qui n’est plus le cas.
Un Parlement hostile, un peuple profondément divisé et une opposition de droite jubilante attendaient le Premier ministre travailliste Ehud Barak à son retour en Israël du sommet manqué de Camp David. Paradoxalement cet échec pourrait lui donner un répit face à l’offensive de la droite : en l’imputant aux Palestiniens M. Barak peut espérer regagner une part de popularité et il peut se targuer de n’avoir pas fait de concessions irréparables. Il n’en reste pas moins que M. Barak se retrouve à la tête d’un gouvernement minoritaire qui a peu de chances de survivre au Parlement s’il n’est pas rapidement élargi. Dans ce but, M. Barak s’est empressé de lancer un appel à l’unité avant même d’avoir regagné Israël. «Nous avons tout fait pour aboutir à la fin du conflit mais pas à n’importe quel prix....