Le président US bloque des initiatives en faveur des pays pauvres
le 24 juillet 2000 à 00h00
Le président américain Bill Clinton, en fin de mandat, a bloqué des initiatives du G8 à Okinawa en faveur des pays pauvres afin de ne pas hypothéquer la campagne pour la Maison-Blanche de son vice-président Al Gore, regrettaient dimanche des responsables européens. La délégation américaine au sommet s’est opposée à ce qu’une date limite soit fixée pour aboutir à une plus large ouverture des marchés des pays riches à 25 produits agro-alimentaires venus des 48 pays les moins avancés (PMA), pauvres parmi les pauvres, selon un conseiller européen. De même, Bill Clinton faisait partie des opposants à une proposition du Premier ministre canadien Jean Chrétien d’utiliser l’amélioration de la situation économique et par conséquent budgétaire des pays riches pour augmenter de 5 à 10 % l’aide publique au développement. «Mon intervention a été bien reçue mais certains gouvernements ne voulaient pas se commettre sur un certain chiffre», a expliqué ensuite M. Chrétien, tandis que le président français Jacques Chirac regrettait publiquement le rejet de cette proposition. «Il y a les déclarations de principe et la réalité des chiffres», accusait un haut fonctionnaire européen. «Une nouvelle fois, les Américains sont généreux avec l’argent des autres», ajoutait-il. Un accès élargi aux marchés des pays industrialisés serait un puissant moyen d’aider les nations les plus pauvres, mais implique d’affronter le protectionnisme des groupes de pression agricoles des pays riches. «En pleine campagne électorale, c’est mission impossible pour Bill Clinton», estime un membre d’une délégation européenne. Certaines des productions concernées sont sensibles pour les États-Unis ou certains pays du sud de l’Europe, comme les agrumes, le sucre, les tomates ou l’huile d’olive. Ce pourrait être le cas demain pour la viande de boeuf dont certains PMA pourraient devenir exportateurs. Mais les Européens, qui doivent examiner prochainement à Bruxelles un programme unilatéral d’ouverture de leurs marchés aux PMA, font remarquer que les volumes concernés sont très faibles par rapport à la taille des marchés des grandes nations industrialisées, alors que l’impact serait considérable à l’échelle des économies des pays les plus pauvres. Ils souhaitaient par conséquent que les membres du G8 prennent des engagements datés sur l’amélioration de l’accès au marché dans un délai de trois ou quatre ans. Après une discussion entre «sherpas», qui restera comme une des plus difficiles du sommet d’Okinawa, le refus américain s’est imposé. «L’aide publique au développement (APD) est essentielle dans la lutte contre la pauvreté», se borne à affirmer le communiqué du G8.
Le président américain Bill Clinton, en fin de mandat, a bloqué des initiatives du G8 à Okinawa en faveur des pays pauvres afin de ne pas hypothéquer la campagne pour la Maison-Blanche de son vice-président Al Gore, regrettaient dimanche des responsables européens. La délégation américaine au sommet s’est opposée à ce qu’une date limite soit fixée pour aboutir à une plus large ouverture des marchés des pays riches à 25 produits agro-alimentaires venus des 48 pays les moins avancés (PMA), pauvres parmi les pauvres, selon un conseiller européen. De même, Bill Clinton faisait partie des opposants à une proposition du Premier ministre canadien Jean Chrétien d’utiliser l’amélioration de la situation économique et par conséquent budgétaire des pays riches pour augmenter de 5 à 10 % l’aide publique au...
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