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Actualités - Chronologie

Une forteresse inaccessible pour les ONG

Les organisations non gouvernementales ont protesté hier contre l’organisation du sommet du G8 sur l’île japonaise d’Okinawa, transformée en forteresse inaccessible malgré la volonté affichée par ce club des pays riches d’être à l’écoute de la société civile. Féministes, militants écologistes, pacifistes et associations d’aide aux pays en voie de développement, pratiquement tous les groupes de pression imaginables, 43 au total, étaient rassemblés dans un centre de congrès spécialement aménagé sur l’île par les autorités nippones. Mais ces organisations n’ont pu faire venir que peu de militants contrairement à ce qu’elles avaient réussi à faire en décembre à Seattle, où s’étaient réunis les membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). À Okinawa, la faible affluence aux manifestations organisées devant le centre des médias tranchait avec les importantes forces policières (près de 25 000 agents) mobilisées pour le sommet. «Nous ne sommes que trois: moi, un collègue japonais qui m’héberge ici et un partenaire russe», a expliqué Louis Zeller, de l’association américaine Blue Ridge Environmental qui milite contre un projet américano-russe de recyclage du plutonium extrait d’armements nucléaires démantelés dans des centrales électriques. «Je suis venu exprès de Caroline du Nord pour rencontrer les responsables américains et du G8. C’est une île-forteresse ici pour les membres du G8. C’est difficile de venir à cause du coût. Heureusement que je peux dormir dans mon sac de couchage chez mon collègue japonais», a-t-il ajouté. Mis à part les frais d’hébergement et le prix exorbitant des billets d’avion pour se rendre à Okinawa, située à 1 700 kilomètres au sud de Tokyo, certains militants déploraient la distance – 20 minutes à pied dans un dédale de petites rues à parcourir sous la chaleur – entre le centre de congrès des associations et le centre de presse. «On a l’impression qu’ils font exprès d’éloigner les ONG de la presse et la presse du sommet», renchérissait une responsable de Médecins sans frontières. Refusant toutefois de polémiquer, l’organisation a appelé les pays du G8 à ne pas se contenter de décider comme prévu de nouveaux financements contre les maladies infectieuses (sida, paludisme, tuberculose), mais à s’engager surtout à améliorer l’accès aux vaccins et médicaments. Kiyokazu Koshida, militant du mouvement Jubilé 2000 pour l’annulation de la dette des pays pauvres, saluait les efforts des autorités japonaises pour créer un centre pour les ONG tout en déplorant une organisation «bureaucratique». «Nous voulions quelque chose d’ouvert alors que le gouvernement cherche à nous contrôler le plus possible», a-t-il regretté. Les autorités japonaises se sont défendues en soulignant que «c’est la première fois qu’un centre pour les ONG était établi pour un sommet» au Japon. Le Premier ministre japonais Yoshiro Mori a également fait un geste, en rencontrant vendredi des représentants associatifs. Il leur a promis que le «sommet du G8 sera le reflet de préoccupations très importantes comme l’allègement de la dette, la globalisation, les maladies infectieuses et l’environnement».
Les organisations non gouvernementales ont protesté hier contre l’organisation du sommet du G8 sur l’île japonaise d’Okinawa, transformée en forteresse inaccessible malgré la volonté affichée par ce club des pays riches d’être à l’écoute de la société civile. Féministes, militants écologistes, pacifistes et associations d’aide aux pays en voie de développement, pratiquement tous les groupes de pression imaginables, 43 au total, étaient rassemblés dans un centre de congrès spécialement aménagé sur l’île par les autorités nippones. Mais ces organisations n’ont pu faire venir que peu de militants contrairement à ce qu’elles avaient réussi à faire en décembre à Seattle, où s’étaient réunis les membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). À Okinawa, la faible affluence aux...