La police chinoise a arrêté hier des dizaines de membres de Falun Gong qui essayaient de manifester sur la place Tiananmen à Pékin, à deux jours du premier anniversaire de l’interdiction du mouvement spiritualiste. La plupart des personnes interpellées ont une cinquantaine d’années et sont des femmes, ont indiqué des témoins. Des manifestations similaires regroupant à chaque fois quelques personnes ont eu lieu presque quotidiennement depuis juillet dernier sur la vaste place, qui avait été le théâtre des manifestations prodémocratiques du printemps 1989 réprimées dans le sang. Les membres de Falun Gong se cachent généralement parmi les touristes chinois ou étrangers, avant de déployer des banderoles de protestation ou d’entamer les exercices caractéristiques du mouvement. Dirigeants arrêtés, adeptes déportés À l’approche d’événements importants, comme des vacances ou un anniversaire, les forces de l’ordre ont pris l’habitude de renforcer leurs effectifs aux abords de la place Tiananmen. Des policiers en civil et en uniforme patrouillent les lieux prêts à bondir sur les personnes soupçonnées d’être des adeptes de la secte. Le Parti communiste a déclaré avoir obtenu une «victoire décisive» dans sa lutte contre le mouvement, qu’il accuse de mettre en danger la stabilité sociale et d’être à la recherche de «buts politiques inavouables». «La Chine a obtenu une victoire décisive dans la lutte contre Falun Gong à la suite d’efforts ininterrompus et déterminés», affirme un commentaire en une du Quotidien du peuple. «Cependant, comme toutes les forces maléfiques, le culte de Falun Gong ne va pas disparaître par lui-même», poursuit le texte. Depuis son interdiction le 22 juillet 1999, Falun Gong, qualifié de «culte maléfique», a perdu ses principaux dirigeants qui ont été arrêtés. Des centaines, voire des milliers d’adeptes ont été par ailleurs envoyés, sans procès, dans des camps de travail. Les associations de défense des droits de l’homme parlent de 24 adeptes tués au cours de leur garde à vue depuis un an. Falun Gong conjugue enseignements et pratiques du bouddhisme et du taoïsme. Il a commencé à se faire remarquer en rassemblant 10 000 adeptes le 25 avril 1999 à Pékin pour protester contre l’attitude à son égard du Parti communiste athée. Pékin affirme que le mouvement escroque ses adeptes et qu’il est responsable de la mort de 1 500 adeptes, qui se sont suicidés ou ont perdu la vie à cause de leur refus d’accepter des soins médicaux, une pratique préconisée par le fondateur de la secte, Li Hongzhi. Le gouvernement, qui affirme que le nombre d’adeptes n’a jamais dépassé deux millions, assure que les effectifs ont fondu pour atteindre 40 000. Falun Gong revendique pour sa part des dizaines de millions d’adeptes en Chine et dans 40 autres pays. Le mouvement profite du vide spirituel entraîné par le contrôle des religions par l’État, selon un diplomate. Les pratiquants des religions chrétienne, bouddhiste et autres sont forcés de s’affilier aux religions «patriotiques» officielles, fuies par une grande partie de la population.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La police chinoise a arrêté hier des dizaines de membres de Falun Gong qui essayaient de manifester sur la place Tiananmen à Pékin, à deux jours du premier anniversaire de l’interdiction du mouvement spiritualiste. La plupart des personnes interpellées ont une cinquantaine d’années et sont des femmes, ont indiqué des témoins. Des manifestations similaires regroupant à chaque fois quelques personnes ont eu lieu presque quotidiennement depuis juillet dernier sur la vaste place, qui avait été le théâtre des manifestations prodémocratiques du printemps 1989 réprimées dans le sang. Les membres de Falun Gong se cachent généralement parmi les touristes chinois ou étrangers, avant de déployer des banderoles de protestation ou d’entamer les exercices caractéristiques du mouvement. Dirigeants arrêtés, adeptes...