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Actualités - Chronologie

Mayotte La victoire du oui ouvre une étape nouvelle

Le «oui» clair des Mahorais à un statut de «collectivité départementale» ouvre pour cette île française de l’océan Indien de nouvelles perspectives de développement. Le secrétaire d’État français à l’Outre-mer Jean-Jack Queyranne a rappelé que cette consultation faisait «sortir Mayotte du provisoire», lequel fut un frein aux investissements dans l’île, qui s’est séparée des trois autres Comores en 1974 en refusant l’indépendance. Les électeurs dimanche ont dit «oui» à 72 % au nouveau statut politique préparé par le gouvernement français et une partie des forces politiques mahoraises. Les partisans du «oui» – droite gaulliste RPR, socialistes et MPM (Mouvement populaire mahorais) – voulaient faire de cette île de l’océan Indien une «collectivité départementale» où le pouvoir exécutif passera du préfet fonctionnaire de l’État au président élu du conseil général. Le Parlement français doit d’ici à la fin de l’année examiner un projet de loi qui va «bâtir sur du solide l’avenir de Mayotte», a dit M. Queyranne, afin de la rapprocher progressivement du droit commun français. Le discours des hommes politiques, des représentants de l’État ou même des vendeurs du marché à Mayotte semble clair : les quelque 160 000 Mahorais veulent rester français, avant tout pour éviter de retomber dans le giron des Comores, qui officiellement n’ont pas cessé de revendiquer leur île depuis l’indépendance de l’archipel voisin en 1975. C’est ce contexte international et de voisinage qui, selon le secrétaire départemental du RPR, Mansour Kamardine, explique en partie les ajournements répétés des consultations promises par la loi. De cette incertitude sur le statut de Mayotte découle, selon lui, le considérable retard économique de l’île. Pour l’instant, Mayotte, avec ses bidonvilles le long des rues, ses favelas sur les collines, ses infrastructures peu développées, ressemble plus à une région du tiers-monde qu’à un coin de France, malgré l’attrait qu’elle exerce sur des pays plus démunis de l’océan Indien. «Mayotte représente un phare et un Eden accessible à quelques milles» d’Anjouan, l’île sécessionniste comorienne désormais placée sous embargo international, explique le procureur de la République Jean-Louis Bec. C’est pourquoi «toutes les nuits, quand le temps le permet, arrivent 25 à 30 personnes à bord de kwasakwasas (barques de 7 à 8 mètres) qui viennent déverser leur cargaison». «Des malheureux, pas des voyous», observe le procureur. Il y a, selon lui, quelque 40 000 étrangers à Mayotte, sur une population totale d’environ 160 000 habitants, dont la moitié en situation irrégulière. Certains retrouvent des familles, travaillent «au noir», s’installent dans de véritables favelas et même dans la mangrove. Les besoins en développement sont immenses. Le gouvernement français, avant même la consultation, a prévu pour la période 2000-2004 une «contribution exceptionnelle de l’État» de 4 milliards de francs (610 millions d’euros), contre à peu près la moitié pour le contrat de plan 1994-1999. La part du lion ira aux constructions scolaires. En outre, d’autres crédits devraient suivre dans ce secteur. Pour l’instant, les ressources de Mayotte sont limitées. Un ambitieux plan de développement du tourisme prévoit l’accueil de 75 000 touristes d’ici à moins de 5 ans. Mais Mayotte ne compte actuellement que 263 chambres d’hôtel et n’est desservie par aucune ligne directe en provenance de l’Europe.
Le «oui» clair des Mahorais à un statut de «collectivité départementale» ouvre pour cette île française de l’océan Indien de nouvelles perspectives de développement. Le secrétaire d’État français à l’Outre-mer Jean-Jack Queyranne a rappelé que cette consultation faisait «sortir Mayotte du provisoire», lequel fut un frein aux investissements dans l’île, qui s’est séparée des trois autres Comores en 1974 en refusant l’indépendance. Les électeurs dimanche ont dit «oui» à 72 % au nouveau statut politique préparé par le gouvernement français et une partie des forces politiques mahoraises. Les partisans du «oui» – droite gaulliste RPR, socialistes et MPM (Mouvement populaire mahorais) – voulaient faire de cette île de l’océan Indien une «collectivité départementale» où le pouvoir...