L’offre du dollar s’est contractée en ce début de semaine sur le marché des changes de Beyrouth dont l’évolution a été caractérisée aussi par l’absence d’intérêts à l’achat de cette monnaie en dehors des besoins quotidiens courants de la clientèle. Pourtant, après le maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert devait être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu du mouvement de l’offre et de la demande en cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés à la négocier effectivement au-dessus de ce taux indicatif, soit finalement entre 1 511,25 et 1 511,75 LL, après un départ entre 1 509,00 et 1 511,00 LL, contre 1 508,75 et 1 509,75 LL, vendredi dernier. Toutefois, l’activité du marché est restée assez mince en raison de la réticence aussi bien de l’offre que de la demande, ne dépassant pas au total quelque sept millions de dollars entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, sans aucune intervention de la BDL, dans un marché équilibré de lui-même. L’euro calé au-dessus de 0,95 dollar À l’étranger, l’euro est resté calé au-dessus de la barre de 0,95 dollar hier, sur des marchés calmes à la veille de la fête nationale du 4 juillet aux États-Unis (l’Independence Day), profitant d’un léger recul du dollar, alors que les opérateurs anticipent un essoufflement de l’économie américaine. Ce sentiment a été relancé après la publication d’un faible indice d’activité des directeurs d’achats aux États-Unis (NAPM). Celui-ci a baissé de 1,4 point à 51,8 points le mois dernier par rapport au mois précédent, alors que les analystes tablaient généralement sur une progression de 1,3 point. Il en est de même de l’indice des prix payés par les directeurs d’achats qui a fléchi, contre toute attente, de 61,2 points à 65,8 points pendant la même période. Dans ces conditions, l’euro devrait continuer à évoluer dans une fourchette comprise entre 0,9480 et 0,9540 dollar, en l’absence d’autres nouvelles économiques susceptibles de le faire bouger davantage. De ce fait, la monnaie européenne a joué au yo-yo face au billet vert, quoique dans des marges très étroites, en attendant la publication des chiffres sur le chômage aux États-Unis en juin devant paraître vendredi prochain. De son côté, le yen a profité du retrait du dollar, revigoré par des anticipations d’une forte amélioration du climat des affaires au Japon. À cet égard, les opérateurs tablent d’ores et déjà dans leur majorité sur un bon résultat de l’enquête de conjoncture Tankan qui doit être publiée aujourd’hui par la Banque du Japon sur le moral des milieux d’affaires. Une embellie de ce moral des patrons japonais pourrait donc mettre fin à la politique de «taux zéro» menée par l’institut nippon d’émission et permettre l’annonce d’une hausse des taux lors de la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Banque du Japon le 17 juillet. Quant à la livre sterling, elle a reculé contre le billet vert, alors que le marché estimait hier que la politique de resserrement monétaire de la Banque d’Angleterre a touché à sa fin. Une minorité d’analystes souligne toutefois que l’économie britannique montre encore des signes de pressions inflationnistes, pouvant justifier une hausse des taux dès ce jeudi à l’issue de la réunion de la Banque d’Angleterre. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est finalement négocié, à New York, sur un ton mitigé, comme suit : – 0,9508 pour un euro contre 0,9530, vendredi dernier – 1,5128 pour un sterling contre 1,5145 – 2,0570 DM contre 2,0525 – 6,8990 FF contre 6,8830 – 1,6360 FS contre 1,6340 – 2036,45 lires contre 2031,75 – 105,62 yen contre 106,15. Bourse de Beyrouth : en légère hausse À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été légèrement soutenue en ce début de semaine par la hausse des actions A de Solidere et celles au porteur des Ciments blancs dans une proportion plus grande que la baisse des actions B de Solidere. Cela étant, et compte tenu de la stabilité des autres valeurs ayant fait l’objet de transactions, l’indice général Lispi a progressé de 0,21 % à 64,59 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 139,29 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché modérément actif avec seulement quelque 18 064 actions négociées d’une valeur globale de 56 127 dollars. Wall Street : marché soutenu Sur les autres places boursières internationales, les marchés américains ont été tirés à la hausse hier par l’espoir que la Réserve fédérale américaine (Fed) ne touchera plus aux taux d’intérêt aux États-Unis d’ici à la fin de l’été. Ce sentiment a été renforcé hier par la publication de statistiques, dont l’indice NAPM, confirmant le ralentissement de la croissance américaine. Il en est de même de la maigre hausse de 0,1 % des coûts à la construction aux États-Unis en mai, ce qui est de bon augure pour la Fed, qui tiendra une réunion fin août et qui, jusqu’à présent, a relevé ses taux plusieurs fois, soucieuse qu’une économie trop dynamique ne risque de générer de l’inflation. Pourtant, nombre d’analystes ont estimé que, malgré ces chiffres, mieux vaut se préoccuper des statistiques de l’inflation et de l’emploi qui donneront moins de raisons à la Fed de poursuivre sa politique de relèvement des taux américains engagée l’été dernier. Cela étant, au terme d’une séance écourtée pour cause de veille de l’Independence Day, l’indice Nasdaq est parvenu à gagner en clôture 25,60 points à 3 991,79 points ainsi que l’indice Dow Jones des industrielles qui s’est adjugé une hausse de 112,78 points à 10 560,67 points. Gains limités sur les Bourses européennes Les Bourses européennes ont clôturé en hausse lundi, favorisées par l’appréciation des valeurs de télécoms et par la publication, outre-Atlantique, d’indicateurs rassurants sur la maîtrise de la croissance américaine. La Bourse de Paris a clôturé sur une hausse de 0,96 % sur un volume de 2,86 milliards d’euros, dont 2,47 milliards sur l’indice, près de moitié moins que d’habitude. Les vendeurs étaient plus occupés à commenter la victoire française à l’Euro2000 qu’à se pencher sur les cours de Bourse. La Bourse de Londres, avec un saut de 2,5 %, a engrangé 157,7 points, son gain en points le plus important en une seule séance depuis cinq mois. À la même heure, la Bourse de Francfort gagnait 0,7 %. L’indice paneuropéen Eurotop 300 prenait 1,46 % et l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro, 0,79 %. Très ferme depuis le début de la séance, Vodafone AirTouch, la plus grosse valeur de l’indice britannique FTSE, a affiché une forte hausse de 5,24 %, bénéficiant du regain de faveur sur les valeurs des télécommunications. «On réalise que les dégagements de la semaine dernière sur les télécoms étaient excessifs», a constaté un boursier londonien. Dans le même secteur, Deutsche Telecom a progressé de 0,54 %. L’opérateur allemand s’est refusé à commenter des informations faisant état de discussions en vue du rachat de l’américain Sprint Corp. Selon le Wall Street Journal, des sénateurs américains influents ont d’ores et déjà exprimé leur opposition à cette acquisition. Après des hésitations en ouverture, France Télécom a affiché une hausse de 2,66 %. L’opérateur a manifesté son désintérêt pour le britannique Freeserve et il ne paraît pas être sur les rangs pour l’américain Sprint. Le fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon Technologies, qui avait lourdement baissé jusqu’à 77,75 euros lors des premiers échanges, a pu ensuite réduire ses pertes à 3,45 %, à 79,70 euros. Sa société mère, Siemens, lance un emprunt de deux milliards d’euros convertible en actions ordinaires Infineon, et son action se replie pour sa part de 0,63 %. Tokyo : en hausse La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 1,2 % lundi, le marché misant, pour aujourd’hui, sur un très bon rapport Tankan de la Banque du Japon. L’indice de référence Nikkei-225 a grimpé de 203,61 points à 17 614,66 points. L’indice Topix a terminé en hausse de 11,91 points à 1 603,51. «Les investisseurs étaient optimistes, s’attendant à ce que l’enquête confirme la bonne confiance des marchés», a expliqué Kazunori Jinnai, analyste senior à Daiwa Securities. En tant qu’étude détaillée des milieux d’affaires japonais et de leurs prospectives pour les mois à venir, l’enquête trimestrielle Tankan à paraître aujourd’hui constitue le principal outil statistique de la Banque centrale. Les achats ont également été soutenus parce que Tokyo ne risque pas d’être éclipsée par les marchés américains où les transactions ne redémarreront que mercredi, au lendemain d’Independence Day. L’indice a bénéficié de la hausse des marchés financiers vendredi à New York. Le montant des transactions s’est élevé à 1,02 milliard d’actions échangées contre 872,1 millions vendredi. Les valeurs des technologies de l’information suscitent toujours de l’intérêt, notamment auprès des nouveaux fonds d’investissements, ont indiqué des courtiers. D’autres courtiers en revanche ont préféré les valeurs qui rencontrent une forte demande intérieure, tels l’acier ou la pharmacie. En outre, les marchés ont réagi positivement à la nouvelle du maintien de Taichi Sakaiya à la tête de l’Agence de planification économique (EPA) : M. Sakaiya a effectivement annoncé la semaine dernière qu’il ne souhaitait pas entrer au gouvernement à l’occasion du remaniement ministériel de mardi. «Il est considéré comme un de ceux qui ont sorti le Japon de la crise et les marchés attendent de lui de nouvelles mesures», a précisé Muneyuki Ichihara, directeur des informations aux investisseurs à Nomura Securities. À la clôture, 1 081 valeurs étaient en hausse, contre 269 en repli, 51 valeurs restant inchangées.
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