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Actualités - Conferences Internationales

Yuichi le japonais ou Ylli l'Albanais

Yuichi Kasuya, enseignant de français à l’université de Kanazawa, au nord du Japon, est venu au congrès mondial des professeurs de français à Paris cette semaine, pour trouver des recettes afin de «susciter la motivation chez les étudiants» qui préfèrent se ruer sur les cours d’anglais. «Autrefois, il y avait beaucoup de présence culturelle française au Japon, des films, des chansons, de la littérature, mais dans ma ville de province, il n’y a rien et c’est très difficile de motiver les jeunes pour qu’ils apprennent le français», dit cet enseignant. Sensible à la dimension francophone de la langue, il n’hésite pas à faire écouter du raï de Cheb Mami ou des chants de Youssou N’Dour à ses étudiants de français au Japon. Manque de livres Ylli, l’Albanais, enseigne le français depuis quinze ans et vient en France pour la première fois. Depuis l’effondrement de la dictature, le français qui était la première langue vivante enseignée en Albanie a subi une érosion massive, au profit de l’anglais également. «Les professeurs de français en Albanie font beaucoup d’efforts, ils doivent se sentir soutenus. On m’a proposé d’enseigner l’anglais et j’ai refusé, c’est une question d’honneur», dit-il. Venus à six, les professeurs albanais restent ensemble dans la grande salle du palais des Congrès à Paris où se pressent 3 000 enseignants de français venus de 123 pays. Ils sont intarissables sur leur amour de la langue, comme Viktor qui a appelé ses fils Alphonse et Antoine en hommage à Daudet et Saint-Exupéry. Son voyage a été payé par l’éditeur Nathan qui voudrait diffuser des méthodes d’apprentissage. «Ce qui nous manque surtout, ce sont des livres, des matériels pédagogiques», dit-il. En Tunisie, pays traditionnellement bon élève de la francophonie officielle, ce sont les débouchés qui font défaut. Un enseignant, qui préfère rester anonyme, «n’y croit plus. Deux tiers des étudiants qui sont inscrits en français dans mon université n’ont pas vraiment choisi d’y être, ils y sont faute de mieux», ajoute-t-il. «À l’université, les lettres sont un sous-produit par rapport aux sciences, et dans les lettres, le français est un sous-produit par rapport à l’anglais ou l’arabe, ajoute-t-il en soufflant. À mon avis, nous menons une bataille perdue d’avance». À moins de faire comme aux États-Unis, où le paysage linguistique a été marqué depuis dix ans par une fulgurante remontée de l’espagnol. Du coup, les enseignants, pour décrocher de nouveaux élèves, ont dû se lancer dans la publicité et le marketing, raconte Jayne Abrate, secrétaire générale de l’American Association of Teachers of French (AATF).
Yuichi Kasuya, enseignant de français à l’université de Kanazawa, au nord du Japon, est venu au congrès mondial des professeurs de français à Paris cette semaine, pour trouver des recettes afin de «susciter la motivation chez les étudiants» qui préfèrent se ruer sur les cours d’anglais. «Autrefois, il y avait beaucoup de présence culturelle française au Japon, des films, des chansons, de la littérature, mais dans ma ville de province, il n’y a rien et c’est très difficile de motiver les jeunes pour qu’ils apprennent le français», dit cet enseignant. Sensible à la dimension francophone de la langue, il n’hésite pas à faire écouter du raï de Cheb Mami ou des chants de Youssou N’Dour à ses étudiants de français au Japon. Manque de livres Ylli, l’Albanais, enseigne le français depuis quinze ans et...