Un mois après sa victoire écrasante à l’US Open, avec 15 coups d’avance, l’Américain Tiger Woods visera le Grand Chelem à l’Open de Grande-Bretagne de golf dit «du Millénaire», de jeudi à dimanche sur le parcours légendaire de St-Andrews, au nord-est d’Edimbourg. À 24 ans seulement, le plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire du golf a déjà remporté les trois manches américaines du Grand Chelem, le Masters en 1997, avec 12 coups d’avance sur son compatriote Tom Kite, l’USPGA en 1999, avec un coup d’avance sur l’Espagnol Sergio Garcia, et l’US Open le mois dernier. Les bookmakers britanniques ne souhaitant pas perdre leur chemise, même en plein milieu de l’été, ils donnent prudemment Tiger à 2 contre 1, mais comme le fait remarquer l’Anglais Lee Westwood, «Tiger ne va pas toujours gagner avec 15 coups d’avance». Westwood a réussi à battre Woods, en mai à l’Open d’Allemagne, et ce «déclic» l’a incité à abandonner toute idée de régime ou de musculation. Depuis, Westwood a encore gagné deux fois sur le circuit européen, mais il n’a jamais très bien joué à St-Andrews. Et même s’il est l’homme en forme du moment, il ne sera pas le seul prétendant à la succession de l’Écossais Paul Lawrie, vainqueur surprise l’an dernier à Carnoustie, après être sorti des qualifications. Lawrie avait gagné en barrage, aux dépens de l’Américain Justin Leonard et du Français Jean Van de Velde. Ce dernier qui était pourtant en tête avec trois coups d’avance sur le tee de départ du 72e et dernier trou, avait gaspillé cet avantage apparemment décisif avec plusieurs coups catastrophiques. Il y a peu de chance qu’un scénario aussi délirant se reproduise, et de toute façon le décor est complètement différent. Les «fairways» ultrarapides de St-Andrews ont succédé aux «roughs» profonds de Carnoustie, mais le danger est là : 112 «bunkers» où beaucoup de joueurs ensableront leurs dernières illusions. Enfin et surtout, les «greens» immenses consacreront un joueur sachant manier son «putter» avec discernement pour enquiller quelques «putts» de 20 ou 30 mètres, ceux qui feront la différence. Faldo l’outsider ? Ils sont 156 joueurs à rêver d’une consécration à St-Andrews. Le plus motivé est peut-être l’Écossais Colin Montgomerie, numéro 1 européen depuis 7 ans, mais jamais capable de remporter un tournoi «Majeur». Pour cette seule raison, la revue Golf Digest, pour son 50e anniversaire, n’a pas classé «Monty» parmi les 50 meilleurs joueurs de tous les temps. Vainqueur de trois Masters et trois British Open, dont celui de 1990 à St-Andrews, l’Anglais Nick Faldo est peut-être en train de sortir du tunnel. Il n’a plus gagné depuis trois ans, il est 119e au classement mondial, mais une place de septième au dernier US Open lui a redonné confiance. C’est la grosse cote par excellence. Pour bousculer Tiger Woods à grands coups de driver, et le déstabiliser à petits coups de putter, il y aura aussi son compatriote David Duval, numéro 2 mondial, et le Sud-Africain Ernie Els, numéro 3 depuis sa victoire samedi à Loch Lomond, voire un inconnu sorti des qualifications. «Il y a beaucoup de joueurs en forme, ça va être excitant», a résumé «Tiger», grand favori de «The Open». «The Open», c’est en effet l’appellation officielle, simple et de bon goût, du 26e British Open, depuis 1873, organisé par le très britannique «Royal Ancient Golf Club de St Andrews». Et comme le golf est plein de paradoxes, une victoire de Tiger Woods, jeune, noir et américain d’origine asiatique, serait tout sauf une surprise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un mois après sa victoire écrasante à l’US Open, avec 15 coups d’avance, l’Américain Tiger Woods visera le Grand Chelem à l’Open de Grande-Bretagne de golf dit «du Millénaire», de jeudi à dimanche sur le parcours légendaire de St-Andrews, au nord-est d’Edimbourg. À 24 ans seulement, le plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire du golf a déjà remporté les trois manches américaines du Grand Chelem, le Masters en 1997, avec 12 coups d’avance sur son compatriote Tom Kite, l’USPGA en 1999, avec un coup d’avance sur l’Espagnol Sergio Garcia, et l’US Open le mois dernier. Les bookmakers britanniques ne souhaitant pas perdre leur chemise, même en plein milieu de l’été, ils donnent prudemment Tiger à 2 contre 1, mais comme le fait remarquer l’Anglais Lee Westwood, «Tiger ne va pas toujours gagner...