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Actualités - Chronologie

L'immigration asiatique vers l'Europe en pleine expansion

L’immigration chinoise vers l’Europe est en pleine expansion, notamment en France où la demande d’asile vient de doubler, mais aussi en évolution constante, les filières mafieuses s’adaptant aux situations économiques et politiques de chaque pays. «Pour les Chinois, l’Europe existe, ils ont une longueur d’avance sur les Européens», affirme Jean-Philippe Beja, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français. À la différence des autres migrants, les Chinois, au-delà de certaines destinations traditionnelles, circulent d’un pays à l’autre de l’Europe, une fois payée leur dette de passage qui les lie à un employeur. Cette migration intérieure à l’Europe ajoute aux difficultés habituelles rencontrées pour chiffrer les clandestins chinois. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime cependant à 800 000 le nombre de Chinois vivant en Europe, avec les communautés les plus importantes au Royaume-Uni (250 000) et en France (200 000). L’immigration chinoise est en forte augmentation depuis les années 90. «Les gens émigrent par tradition, c’est le cas pour de nombreux villages, ou poussés par la pression démographique, mais aussi de plus en plus parce qu’en Chine, le discours dominant est aujourd’hui celui de la consommation, de l’enrichissement», estime Eric Florence, du Centre d’études chinois de l’Université de Liège (Belgique). Ce sont rarement les moins instruits et les plus pauvres qui partent, ne serait-ce que parce que le départ implique de payer une forte somme. L’émigration chinoise est issue principalement de deux provinces, le Zhejiang (sud-est de la Chine) et notamment le port de Wenzhou, et le Fujian, dans le sud de la Chine, d’où étaient originaires certaines des 58 victimes du camion découvert à Douvres. Depuis environ deux ans, le nord-est de la Chine devient aussi terre d’émigration vers l’Europe, indique Eric Florence, notamment vers la France, et une majorité de ces nouveaux migrants sont des femmes, anciennes ouvrières d’État qui se retrouvent parmi les plus menacées par le chômage. L’Europe de l’Est (Hongrie notamment) attire un nombre de plus en plus élevé d’immigrants, qui ont un niveau d’éducation plus élevé que leurs prédécesseurs, souligne Eric Florence. L’Italie et l’Espagne sont également devenues récemment des destinations très convoitées. Souvent encouragés par les autorités locales, qui en tirent profit, les candidats à l’exil vont dépendre des filières pendant la durée de leur trajet. Celui-ci peut aller de quelques semaines à plusieurs mois, s’ils sont retenus en route pour payer une partie de la somme due sur des sites de «transit» comme Moscou, une des plaques tournantes de la migration chinoise vers l’Europe. Dépendant totalement des réseaux, de plus en plus nombreux et moins structurés qu’auparavant en raison de l’afflux de la demande, les migrants suivent différentes voies : ils empruntent le transsibérien, obtiennent parfois des visas pour un pays d’Europe de l’Est ou de la Méditerranée (Malte par exemple) avant de poursuivre clandestinement le voyage, ou encore utilisent des «agences de voyages». Le voyage est incertain et certains n’arrivent pas à la destination initialement promise. Face à l’afflux de demandes, à l’évolution des législations intérieures, les réseaux s’adaptent, se spécialisent, sous-traitent, «la spécificité de l’immigration chinoise étant de brasser beaucoup d’argent et d’être d’ampleur internationale», soulignent les spécialistes, qui ajoutent que «les risques encourus par les migrants augmentent avec le durcissement des politiques d’immigration».
L’immigration chinoise vers l’Europe est en pleine expansion, notamment en France où la demande d’asile vient de doubler, mais aussi en évolution constante, les filières mafieuses s’adaptant aux situations économiques et politiques de chaque pays. «Pour les Chinois, l’Europe existe, ils ont une longueur d’avance sur les Européens», affirme Jean-Philippe Beja, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français. À la différence des autres migrants, les Chinois, au-delà de certaines destinations traditionnelles, circulent d’un pays à l’autre de l’Europe, une fois payée leur dette de passage qui les lie à un employeur. Cette migration intérieure à l’Europe ajoute aux difficultés habituelles rencontrées pour chiffrer les clandestins chinois. L’Organisation internationale pour les...