Après ceux de Portland, écrabouillés sous les cercles en finale de la Conférence Ouest malgré les 135 kilos du pivot lituanien Arvydas Sabonis, les joueurs d’Indiana se posent à leur tour la question. Que faire face au monstrueux Shaquille O’Neal ? Le Pacer Mark Jackson craint de détenir la réponse : «Celui qui contrera O’Neal n’est pas encore né !», résumait-il, un brin fataliste, en lisant les énormes statistiques compilées lors des premiers rounds de la finale par le pivot des Lakers crédité de plus de 38 points et 18 rebonds de moyenne sur les trois premières rencontres. Avec deux cartons au-delà de 40 points au début de la série, le Shaq semble parti pour rejoindre Michael Jordan et Abdul-Jabbar dans le cercle très fermé des joueurs ayant, au cours de la même saison, conquis le titre NBA après avoir été meilleur scoreur de la saison régulière et élu MVP (meilleur joueur) de l’année. Face à son homologue des Lakers, le souffreteux Rik Smits, qui tient le centre de la raquette pour Indiana, pâtit horriblement de la comparaison. Le pivot des Pacers ressemble presque à un gringalet auquel il manquerait une vingtaine de kilos, même si le Hollandais s’est un peu repris lors des deux derniers matches. Alors, au moment d’engager en Californie les matches décisifs, la franchise d’Indianapolis va tenter comme les autres de s’en remettre au «Hack a Shaq» (sus au Shaq). Cette discipline très particulière, devenue un véritable sport national, consiste à commettre des fautes sur O’Neal dès que celui-ci s’approche du panier balle en mains. En usant du «Hack a Shaq», les Pacers ont déjà battu un record historique en donnant 39 tirs de réparation à leur adversaire au cours du troisième match. Il est vrai que l’insigne maladresse du Californien sur la ligne des lancers-francs n’est pas une légende, puisqu’il pointe à moins de 40 % de réussite depuis le début des duels avec les Pacers. Mais cette tactique, outre le fait qu’elle manque singulièrement d’élégance, ne suffit pas toujours. En effet, en plus du talent de ses coéquipiers, O’Neal a désormais un bagage technique qui lui permet de s’écarter plus efficacement du cercle. Mark Jackson n’a donc peut-être pas tort même si les Lakers (qui mènent toujours 3 manches à 2) ont encaissé lors du match 4, perdu 87 à 120, la cinquième plus grosse déroute de l’histoire des finales avec «seulement» 35 points du Shaq. Les Américains investissent en Europe Les vases communicants fonctionnent de mieux en mieux entre l’Europe et la NBA. Sur le terrain, les joueurs venus du vieux continent sont de plus en plus présents, y compris en finale. On pense par exemple au Néerlandais Rik Smits, le pivot d’Indiana, qui a essayé plutôt mal que bien de contenir le monstre O’Neal depuis le début de la série contre les Lakers. En coulisses, le pont aérien transatlantique marche très bien aussi. Ainsi le joueur de Los Angeles Kobe Bryant a investi quelques billets verts l’année dernière en devenant le copropriétaire du club italien de Milan. Et voilà que les Français de l’Olympique d’Antibes, régulièrement menacés de disparition à cause de soucis financiers, viennent d’annoncer l’arrivée de Detlef Schrempf en qualité de «consultant en opérations basket et en développement marketing». Cet Allemand de 37 ans, présent en NBA depuis une quinzaine de saisons et trois fois All Star, a disputé la finale de la Conférence Ouest avec Portland. Mais c’est la prochaine saison dans le nouveau monde qui accapare l’essentiel de l’énergie des dirigeants de la plupart des franchises. Ainsi, au moins un tiers des équipes (elles sont 29) repartiront avec un nouveau technicien sur le banc. Atlanta, Boston – où Rick Pitino est sur le départ – Dallas, Golden State, les Clippers de Los Angeles, New Jersey, Vancouver et Washington, où le patron Michael Jordan s’intéresse à Leonard Hamilton (Université de Miami), changent leur fusil d’épaule. Un peu contre toute attente, il pourrait en être de même à Miami où la troisième élimination consécutive en play-offs face à l’ennemi new-yorkais risque de coûter sa tête à Pat Riley. Enfin, du côté des finalistes, si Phil Jackson est évidemment assuré de conserver son siège aux Lakers, la bataille fait rage pour assurer le coaching d’Indiana la saison prochaine. Une seule chose est sûre : Larry Bird ne reviendra pas sur sa décision de partir en retraite. Les prétendants à la succession de Legend Larry sont nombreux, d’Isiah Thomas à Byron Scott en passant par Rick Carlisle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après ceux de Portland, écrabouillés sous les cercles en finale de la Conférence Ouest malgré les 135 kilos du pivot lituanien Arvydas Sabonis, les joueurs d’Indiana se posent à leur tour la question. Que faire face au monstrueux Shaquille O’Neal ? Le Pacer Mark Jackson craint de détenir la réponse : «Celui qui contrera O’Neal n’est pas encore né !», résumait-il, un brin fataliste, en lisant les énormes statistiques compilées lors des premiers rounds de la finale par le pivot des Lakers crédité de plus de 38 points et 18 rebonds de moyenne sur les trois premières rencontres. Avec deux cartons au-delà de 40 points au début de la série, le Shaq semble parti pour rejoindre Michael Jordan et Abdul-Jabbar dans le cercle très fermé des joueurs ayant, au cours de la même saison, conquis le titre NBA après avoir...