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Actualités - Conferences Internationales

Controverse sur l'origine de la maladie en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud, l’un des pays les plus meurtris par le sida, s’est empêtrée dans une controverse sur l’origine scientifique de la maladie au nom d’une réponse «africaine», qui n’a servi à court terme ni l’image du président Thabo Mbeki ni les 4,2 millions de malades. La polémique menace de ternir la conférence mondiale sur le sida de Durban, la première dans un pays africain. Pretoria a craint qu’elle ne tourne à la session de «cogne-Mbeki», après les critiques de la communauté scientifique pour la tribune donnée par le président aux scientifiques «dissidents», qui nient que le virus VIH cause le sida. Ces «dissidents», autour du microbiologiste américain Peter Duesberg, furent invités en mai et début juillet en Afrique du Sud dans un «conseil présidentiel» d’experts internationaux pour assister Pretoria dans son approche de la maladie. Ces scientifiques, ultraminoritaires, défendent l’idée de causes spécifiques, comme pauvreté, malnutrition, manque d’hygiène ou maladies localement dominantes, qui peuvent déterminer ou influencer l’immunodéficience dans les pays en développement. Ces thèses ont trouvé un écho en Afrique du Sud, en quête «d’une réponse africaine» spécifique à la maladie, et convaincue, à l’image de Thabo Mbeki, qu’«une simple surimposition de l’expérience africaine sur la réalité africaine du sida serait absurde et illogique». À la veille de la conférence, 5 000 chercheurs et médecins ont encore dénoncé, dans une lettre ouverte à la revue scientifique Nature, ces dissidents niant les preuves «claires, exhaustives et sans ambiguïté» que le VIH cause le sida. Avant eux, maints experts mondiaux ont dénoncé ce «retour en arrière» théorique, et en Afrique du Sud même, des scientifiques ont critiqué l’opportunité du débat. Dans un pays où 1 700 personnes sont infectées chaque jour, 50 % des adolescents de 15 ans sont condamnés à mort à terme (chiffres Onusida). La polémique s’est superposée à celle du médicament antiviral AZT, que le gouvernement sud-africain refuse de mettre à disposition des femmes enceintes séropositives dans la santé publique. Il argue d’une efficacité et d’une innocuité non prouvées et d’un coût trop élevé pour un pays comme l’Afrique du Sud, étant donné l’infrastructure et le suivi médical nécessaires. Les observateurs s’interrogent encore sur les raisons profondes de la fronde sud-africaine, qui a explosé avec les lettres de Mbeki à des dirigeants mondiaux, dont Bill Clinton, dans laquelle il appelait à ne pas «geler la recherche» sur l’origine de VIH-Aids, cédant à un «terrorisme intellectuel». Politique du «tout ou rien» face à l’impossibilité de financer un traitement pour tous ? Sincère mais maladroite préoccupation pour les questions non élucidées autour du VIH en Afrique, comme les cofacteurs accélérant la transmission hétérosexuelle ? Ou plus vaste stratégie de bras de fer visant à terme une meilleure «donne» de la part des géants pharmaceutiques et des gouvernements occidentaux ? L’«exception sud-africaine», en tout cas, peut être rapprochée à la croisade des pays d’Afrique australe (SADC), Afrique du Sud en tête, pour des traitements plus à la portée des pays en développement. La SADC a sérieusement envisagé de recourir aux importations parallèles et licences (locales) obligatoires de médicaments. Et Pretoria doit mener, au nom de la SADC, des discussions prochaines avec cinq firmes pharmaceutiques qui ont offert en mai d’étudier un accès facilité aux traitements. D’ici là, Thabo Mbeki pourrait s’entendre rappeler à Durban, par des sommités mondiales du sida ou des ONG qui envisagent de manifester en marge de la conférence, que des Sud-Africains continuent de mourir du sida au rythme de près de 700 par jour.
L’Afrique du Sud, l’un des pays les plus meurtris par le sida, s’est empêtrée dans une controverse sur l’origine scientifique de la maladie au nom d’une réponse «africaine», qui n’a servi à court terme ni l’image du président Thabo Mbeki ni les 4,2 millions de malades. La polémique menace de ternir la conférence mondiale sur le sida de Durban, la première dans un pays africain. Pretoria a craint qu’elle ne tourne à la session de «cogne-Mbeki», après les critiques de la communauté scientifique pour la tribune donnée par le président aux scientifiques «dissidents», qui nient que le virus VIH cause le sida. Ces «dissidents», autour du microbiologiste américain Peter Duesberg, furent invités en mai et début juillet en Afrique du Sud dans un «conseil présidentiel» d’experts internationaux pour...