Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Une marge de manoeuvre très limitée pour les interlocuteurs

Des compromis majeurs seront nécessaires pour assurer le succès du sommet de Camp David, mais le leader palestinien Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Ehud Barak ont tous deux une marge de manœuvre très limitée sur le plan intérieur et peu propice aux concessions. M. Barak, par exemple, n’a jamais été dans une position aussi précaire depuis son arrivée au pouvoir, il y a un an. La désintégration de sa majorité, qui menaçait depuis un mois, a été précipitée par l’annonce du sommet et la perspective de concessions territoriales aux Palestiniens. Accusé par les trois partis de droite qui l’ont abandonné dimanche de manquer de fermeté face à M. Arafat, M. Barak a logiquement cherché à rassurer son opinion publique dans ce domaine. Il a ainsi de nouveau brandi dimanche, dans une allocution radiotélévisée à la nation, cinq points sur lesquels il exclut d’avancer tout compromis, cinq «lignes rouges» que les Palestiniens ne pourront franchir sous aucun prétexte. «Personne ne m’apprendra ce qu’est la sécurité», a lancé à l’adresse de ses détracteurs cet ancien chef d’état-major des forces armées. M. Barak sait très bien qu’un accord de paix, qu’il s’est engagé à soumettre à référendum, n’a aucune chance d’être ratifié s’il ne garantit pas la sécurité d’Israël. Le Premier ministre aime à répéter que les Israéliens veulent la paix, mais à condition que le prix à payer ne leur paraisse pas exorbitant. M. Arafat n’a, lui, aucun souci à se faire à propos de sa majorité parlementaire, mais sa marge de manœuvre n’en est pas moins très étroite, encore plus peut-être que celle de son rival. Il devra, en effet, tenir compte de la pression et des attentes de sa base, de moins en moins encline à des concessions. Les dernières semaines ont donné lieu à un durcissement du discours des Palestiniens, qui s’en tiennent eux aussi à leurs «lignes rouges», essentiellement le retrait intégral d’Israël de tous les territoires occupés lors de la guerre des Six Jours de 1967 (la bande de Gaza, la Cisjordanie et la partie est de Jérusalem) en application de la résolution 242 de l’Onu. Les Palestiniens affirment qu’il s’agit déjà en soi d’un compromis de leur part, puisque les territoires occupés ne représentent guère que 22 % de la Palestine du mandat britannique, qu’ils revendiquaient en totalité au début de leur lutte. Le 3 juillet, le Conseil central de l’OLP a, en outre, pris l’engagement de proclamer un État le 13 septembre quoi qu’il arrive, c’est-à-dire même en l’absence d’un accord de paix avec Israël, accroissant certes la pression sur M. Barak, mais réduisant aussi la marge de manœuvre de M. Arafat à Camp David. M. Arafat sait que pour obtenir l’accord d’Israël à la création d’un État palestinien, il devra abandonner certaines zones de Cisjordanie, là où se trouvent les colonies les plus peuplées, sans même parler du cas de Jérusalem-Est, pour l’heure insoluble. L’Égyptien Anouar el-Sadate avait récupéré tout le Sinaï grâce au traité de paix égypto-israélien et le Syrien Hafez el-Assad a refusé jusqu’à sa mort de signer un accord de paix plutôt que de céder un seul pouce du Golan aux Israéliens. Pour M. Arafat, le risque est donc de devenir le premier leader arabe à avoir abandonné à Israël des terres arabes occupées comme prix d’un accord de paix. Même s’il n’y a pas d’autre issue, cette seule perspective ne peut que l’inciter à résister au maximum à des concessions.
Des compromis majeurs seront nécessaires pour assurer le succès du sommet de Camp David, mais le leader palestinien Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Ehud Barak ont tous deux une marge de manœuvre très limitée sur le plan intérieur et peu propice aux concessions. M. Barak, par exemple, n’a jamais été dans une position aussi précaire depuis son arrivée au pouvoir, il y a un an. La désintégration de sa majorité, qui menaçait depuis un mois, a été précipitée par l’annonce du sommet et la perspective de concessions territoriales aux Palestiniens. Accusé par les trois partis de droite qui l’ont abandonné dimanche de manquer de fermeté face à M. Arafat, M. Barak a logiquement cherché à rassurer son opinion publique dans ce domaine. Il a ainsi de nouveau brandi dimanche, dans une allocution...