La presse allemande fustige unaniment l'arrogance de Kohl
le 01 juillet 2000 à 00h00
Au lendemain de l’audition d’Helmut Kohl devant le Parlement sur le financement occulte de la CDU, la presse allemande s’est emportée hier contre l’ancien chancelier, l’accusant d’«arrogance intolérable». «Helmut Kohl s’est présenté devant la commission d’enquête comme l’exemple de l’arrogance», a fustigé le Süddeutsche Zeitung, quotidien libéral de centre-gauche. «Il a montré ce qu’il arrive quand une personne occupe le poste de chancelier pendant 16 ans et celui de chef de parti pendant 25 ans – ils perdent le sens des réalités», a poursuivi le quotidien. «L’arrogance d’Helmut Kohl est insupportable». Kohl a témoigné pour la première fois jeudi devant la commission parlementaire chargée d’enquêter sur le financement occulte de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Il a affirmé n’avoir jamais accepté d’argent en l’échange de faveurs politiques et prétendu que cette enquête n’était qu’une vile tentative de ses opposants pour se venger de son long règne personnel. Le Berliner Zeitung, quotidien de la capitale, estime que Kohl n’arrive pas à se faire à l’idée qu’il n’est plus le chef du gouvernement : «Il se montre si peu respectueux de l’ordre démocratique. Il n’obéit pas aux règles et aux lois alors qu’il a fait les règles et les lois pendant 16 ans». Même le quotidien conservateur Die Welt juge que Kohl a dirigé la chancellerie avec «l’arrogance d’un baron féodal». Son témoignage est décrit comme un «dernier combat». Kohl a critiqué les «calomnies» de ses opposants qui visent, selon lui, à abîmer son image et sa légitimité d’architecte de la réunification allemande. Mais il s’est refusé une fois de plus à révéler les noms des donateurs qui lui ont versé des fonds illégaux – qu’il admet avoir touchés – pour un montant d’un million de dollars. Peu de commentateurs ont fait preuve de plus de sympathie à l’égard de l’homme qui a quitté le poste de chancelier en 1998 et a depuis perdu sa réputation. Sous le titre principal «un agneau innocent conduit à l’abattoir», le quotidien Tagesspiegel le décrit comme un énorme hippopotame couinant faiblement. «Kohl a déjà été salué pour ses succès – maintenant il doit payer pour ses erreurs – la pitié n’est plus d’actualité», écrit le Süddeutsche Zeitung. Mais le chancelier Gerhard Schröder a montré un peu de sympathie à l’égard de son prédécesseur : «La manière dont il se comporte actuellement présente une dimension tragique, certains diront même presque autodestructrice», a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la chaîne de télévision N24. Guido Westerwelle, secrétaire général du Parti libéral (FDP), qui fut le partenaire de coalition de Kohl pendant 16 ans, a affirmé avoir été choqué par l’attitude de l’ancien chancelier et a exigé qu’il abandonne son siège de député. Beaucoup de journaux ont demandé que les commissions d’enquête parlementaires disposent de plus de pouvoirs, suite au refus de Kohl de révéler le nom de ses donateurs. «Il est clair que, dans des affaires particulièrement controversées, la pratique des commissions parlementaires a atteint ses limites», estime le très respecté Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le quotidien populaire à grand tirage Bild s’est montré plus direct et a affirmé que l’enquête ne devait pas être transformée en procès par la télévision, appelant à «la clarté au lieu du théâtre».
Au lendemain de l’audition d’Helmut Kohl devant le Parlement sur le financement occulte de la CDU, la presse allemande s’est emportée hier contre l’ancien chancelier, l’accusant d’«arrogance intolérable». «Helmut Kohl s’est présenté devant la commission d’enquête comme l’exemple de l’arrogance», a fustigé le Süddeutsche Zeitung, quotidien libéral de centre-gauche. «Il a montré ce qu’il arrive quand une personne occupe le poste de chancelier pendant 16 ans et celui de chef de parti pendant 25 ans – ils perdent le sens des réalités», a poursuivi le quotidien. «L’arrogance d’Helmut Kohl est insupportable». Kohl a témoigné pour la première fois jeudi devant la commission parlementaire chargée d’enquêter sur le financement occulte de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Il a affirmé...
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