L’église catholique, qui a tempêté en vain contre l’organisation de la World Gay Pride à Rome (1er au 9 juillet), condamne totalement les actes homosexuels et désapprouve même la simple «inclination». L’inclination des personnes homosexuelles, «bien qu’elle ne soit pas en elle-même un péché, constitue néanmoins une tendance plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral», estime en effet le Vatican. «C’est la raison pour laquelle l’inclination elle-même doit être considérée comme objectivement désordonnée», déclare la «Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles» de la congrégation vaticane pour la doctrine, approuvée par Jean-Paul II en octobre 1986. Selon ce document, qui résume officiellement la doctrine de l’Église de Rome, il n’y a «pas de droit à l’homosexualité», même si «les personnes homosexuelles, en tant que personnes humaines, ont les mêmes droits que toute autre personne, tels les droits au travail ou au logement, ainsi que le droit à ne pas être traitées d’une manière qui offense leur dignité». Cependant, ajoute-t-il, «ces droits ne sont pas absolus». «Ils peuvent être légitimement limités à cause d’un comportement extérieur objectivement désordonné, hors de la règle. Ces limitations sont parfois non seulement licites mais même obligatoires». Aux homosexuels qui organisent le 3 juillet une conférence internationale sur le thème «Homosexualité et religions» dans le cadre de la World Gay Pride, il ne reste que la discrétion et la perspective d’une vie chaste. Dans ce cas, comme tous les autres chrétiens, ils peuvent même devenir des saints, a souligné le théologien français Jean-Louis Brugues dans un article publié il y a quelque temps par l’Osservatore Romano, l’organe officiel du Saint-Siège. En faisant état de «la souffrance des homosexuels», le Catéchisme de l’Église catholique, publié en 1992, invite les prêtres et les fidèles à les accueillir «avec respect, compassion et délicatesse», en évitant à leur égard «toute marque de discrimination injuste». L’Église rejette fermement toute forme de vie de couple des homosexuels ainsi que l’adoption d’enfants, en rappelant notamment que les actes d’homosexualité «ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable». À côté de la doctrine officielle, des prêtres et même des théologiens ont exprimé des avis plus ouverts, tels que sœur Jeannine Gramick et le père Robert Nugent, deux religieux américains, engagés depuis plus de vingt ans dans une pastorale en faveur des homosexuels et officiellement condamnés le 31 mai 1999 par le Vatican. L’évêque sud-africain Reginald Cawcutt a invité l’année dernière ses confrères à accepter le mariage civil des homosexuels, en déplorant le fait que ces derniers, «considérés comme une forme inférieure de l’humanité, encourent une discrimination très dure de l’Église et de l’État». La révélation publique de son homosexualité, en 1995, avait valu au père Pascal Janin, un religieux français de la Société des missions africaines, bien que se déclarant chaste, de plier bagages. Avant de quitter la Ville éternelle pour regagner la France à la demande de ses supérieurs, il avait adressé un appel à tous les prêtres homosexuels les invitant «à sortir à découvert» pour s’engager en faveur du dialogue entre l’Église et le monde des personnes homosexuelles.
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