On vous a déjà parlé de la «domination» du cinéma américain en France. Les raisons sont multiples. Mais est-il vrai que les grands groupes de la production en France ne croient plus au cinéma de leur pays (un comble!)? Et que les accords passés avec les majors américaines contribuent à l’accroissement du nombre de sorties de films hollywoodiens en France? [1]. Autre grave sujet d’inquiétude: l’audience des films français à la télé est en baisse. La primauté va aux grandes séries dramatiques à la Monte-Cristo et, comme par hasard, au sport. Que ce soit sur le grand ou sur le petit écran, les jeunes préfèrent suivre des grands spectacles – donc américains en majorité – plutôt que des films du genre «intimiste» (et dire que le cinéma français abuse du «style télé-film»: il se retrouve puni par où il a péché!). Le paradoxe veut que le financement des films français vienne, pour une très grande part, des chaînes de télévision. Imbroglio, doutes et échecs... Le tableau n’est pas brillant. «Un point positif». On enregistre un progrès dans la vente des films français aux États-Unis. Derniers titres en date: Vatel (Roland Joffé) et Jet Set (Fabien Onteniente). Parfois pour en faire un remake: La femme infidèle, de Claude Chabrol (1969). «Un remède annulé». À Paris, le circuit des salles UGC avait lancé sa carte d’abonnement à 98 F par mois (pour tous les films à l’affiche). Tollé général de la concurrence: la formule a été annulée. On termine sur une blague classique. Savez-vous pourquoi on ne voit jamais un producteur de cinéma dans le métro? Parce qu’on ne fait pas crédit sur le ticket – ou, variante: parce qu’il faut payer cash. [1]: Éléments tirés d’une enquête très complète de Pascal Mérigeau, publiée dans Le Nouvel Observateur du 4 mai dernier.
On vous a déjà parlé de la «domination» du cinéma américain en France. Les raisons sont multiples. Mais est-il vrai que les grands groupes de la production en France ne croient plus au cinéma de leur pays (un comble!)? Et que les accords passés avec les majors américaines contribuent à l’accroissement du nombre de sorties de films hollywoodiens en France? [1]. Autre grave sujet d’inquiétude: l’audience des films français à la télé est en baisse. La primauté va aux grandes séries dramatiques à la Monte-Cristo et, comme par hasard, au sport. Que ce soit sur le grand ou sur le petit écran, les jeunes préfèrent suivre des grands spectacles – donc américains en majorité – plutôt que des films du genre «intimiste» (et dire que le cinéma français abuse du «style télé-film»: il se retrouve puni par où...
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