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Actualités - Chronologie

"L'Empreinte du Ciel" (Hubert Monteilhet, Ed. Presses de la Renaissance)

Migraines, maux de dos, douleurs musculaires, cancéreuses, pelviennes ou douleurs fantômes… la liste des souffrances est pour autant loin d’être exhaustive. Ces supplices sournois et latents, vécus au quotidien par un grand nombre de personnes, rendent la vie infernale. Toutefois, une solution existe : la «pain clinic» ou la clinique antidouleur, répandue sur une grande échelle aux États-Unis et en Europe. Dans une interview accordée à «L’Orient-Le Jour», le Dr Prithvi Raj, anesthésiologiste et directeur en chef du service des douleurs au Texas Health Science Center, expose l’objectif de ces cliniques et les méthodes de traitement qui y sont suivies. «Ce que nous recherchons, c’est un moyen de soulager une personne souffrant d’une douleur chronique, explique le Dr Raj. Car c’est une douleur qui perturbe les fonctions de la personne, son sommeil et nuit à la qualité de sa vie». Mais qu’est-ce qu’une douleur chronique ? «C’est une douleur que la personne continue à ressentir même après la fin de la convalescence, telle que la migraine et les maux de dos, répond-il. C’est une douleur qui n’a aucun aspect bénéfique, qui gêne et dérange l’individu car son comportement dépend désormais de sa souffrance». Et d’ajouter : «Tout se joue au niveau du cerveau et de la mémoire». En effet, toutes les excitations douloureuses parviennent au cerveau. Ce dernier, les transmet au cortex sensitif qui, lui, module la réaction à la douleur. Il peut, soit l’inhiber, soit la favoriser en fabriquant différentes substances chimiques. «Aujourd’hui, nous avons réussi à identifier les substances qui provoquent la douleur, constate le Dr Raj. Nous pouvons agir sur elles en les empêchant de se former, ce qui nous permet d’atténuer la souffrance». Mais si une douleur aiguë se transforme en une douleur chronique, le rôle du cerveau devient plus néfaste car le cortex sensitif continue à interpréter les informations qu’il reçoit comme étant douloureuses, tout en ignorant la vérité. Ce qui met la personne concernée dans un état dépressif. «Pour aider le patient, il faut agir sur sa mémoire», insiste le Dr Raj. C’est-à-dire, tout en lui administrant le moins de médicaments possible, l’aider psychiquement à comprendre sa douleur et à réaliser que son état peut s’améliorer. «Pour cela, il est nécessaire de procéder à un “lavage” du cerveau, précise l’anesthésiologiste. Il faut rééduquer le cerveau de manière à ce qu’il comprenne mieux la nature du problème. Cette réhabilitation se fait par la transmission de nouveaux messages susceptibles d’éliminer le souvenir douloureux des anciennes informations. Ainsi, le patient pourra reprendre goût à la vie en reprenant ses fonctions et ses activités». Prise en charge pluridisciplinaire Dans une clinique antidouleur, le patient est pris en charge par plusieurs personnes, notamment par un anesthésiologiste, un psychologue et un physiothérapeute, ayant tous fait un an de stage, au moins, dans le traitement des douleurs chroniques. En tant qu’anesthésiologiste, le Dr Raj a recours à des techniques qu’il a lui-même mis au point pour soulager des souffrances conduites par les nerfs. La famille a toutefois un important rôle à jouer. En effet, elle doit aider le malade à reprendre progressivement ses activités quotidiennes. «C’est ainsi qu’on peut vaincre une douleur chronique qui dure depuis des mois, voire des années», souligne le Dr Raj. La majorité des patients n’arrivent cependant pas à se débarrasser complètement de leur supplice. «Dans une clinique antidouleur, nous ne cherchons pas à libérer le patient définitivement de sa douleur, affirme-t-il. Au contraire, nous travaillons à améliorer ses fonctions, à réduire ses visites chez les médecins ainsi que la quantité de médicaments qu’il ingurgite quotidiennement de façon à ce qu’il puisse économiser l’argent, d’autant plus qu’aux États-Unis, le traitement des personnes souffrant de douleurs coûte environ 120 milliards de dollars par an». Et de poursuivre : «Sur une échelle de 1 à 10, la douleur chronique est toujours supérieure à 5. Notre but est de la rendre inférieure au niveau 5». Un long chemin à parcourir Le Texas Health Science Center, explique le Dr Raj, reçoit environ trente personnes par jour souffrant d’une douleur chronique, des maux de dos en majorité. L’arthrose, les douleurs musculaires et les migraines occupent les deuxième, troisième et quatrième places sur la liste des souffrances. «Jusqu’aujourd’hui, nous avons réussi à aider plus que 60% des patients en améliorant leurs fonctions à raison de 50%, et en réduisant leurs médicaments de 50%, affirme-t-il. Sinon, leur état aurait empiré». Bien que les douleurs existent depuis des siècles, la première association qui s’est spécialisée dans leur étude a vu le jour en 1975. Depuis, la compréhension du mécanisme de la douleur s’est énormément développée, ainsi que celle du mode d’action de certains analgésiques, la morphine, à titre d’exemple. Actuellement, 65% des cliniques antidouleur sont concentrées aux États-Unis. L’Inde et l’Afrique du Sud ont encore un long chemin à parcourir dans ce domaine. Le Dr Raj estime que l’expansion de ces cliniques à l’échelle mondiale prendra au moins… un siècle encore ! Entre-temps, il reste à prendre son mal en patience…
Migraines, maux de dos, douleurs musculaires, cancéreuses, pelviennes ou douleurs fantômes… la liste des souffrances est pour autant loin d’être exhaustive. Ces supplices sournois et latents, vécus au quotidien par un grand nombre de personnes, rendent la vie infernale. Toutefois, une solution existe : la «pain clinic» ou la clinique antidouleur, répandue sur une grande échelle aux États-Unis et en Europe. Dans une interview accordée à «L’Orient-Le Jour», le Dr Prithvi Raj, anesthésiologiste et directeur en chef du service des douleurs au Texas Health Science Center, expose l’objectif de ces cliniques et les méthodes de traitement qui y sont suivies. «Ce que nous recherchons, c’est un moyen de soulager une personne souffrant d’une douleur chronique, explique le Dr Raj. Car c’est une douleur qui perturbe les...