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Actualités - Chronologie

Le Baas prône l'unité arabe sans jamais avoir réussi à la faire

Le parti Baas, qui tient aujourd’hui son neuvième congrès à Damas, prône l’unité arabe, mais il n’a pu réaliser aucune fusion même pas entre les deux pays où il se trouve au pouvoir, la Syrie et l’Irak. Le Baas («résurrection») est né officiellement en 1947 à Damas, fondé par deux enseignants de cette ville formés en France, Michel Aflaq, chrétien orthodoxe, et Salaheddine Bitar, musulman sunnite. En plus de l’unité arabe, il milite à ses débuts pour la scolarisation des filles, pour que l’isoloir soit installé dans les bureaux de vote et pour le développement rural, et prône la laïcité. Il essaime dans les pays arabes. En Syrie, ses slogans lui valent une audience chez les paysans et les minorités alaouite et druze, mais il reste marginalisé par les partis et les personnalités de la bourgeoisie et de la classe des propriétaires terriens, et par les régimes militaires qui se succèdent dans le pays à partir de 1949. Il prend de l’importance quand il fusionne en 1954 avec le Parti socialiste arabe d’Akram Hourani, bien implanté dans l’armée et influent dans les milieux paysans. Il acquiert alors le nom qu’il porte de nos jours, le parti Baas arabe socialiste, et son slogan «Unité, liberté, socialisme». Face à la montée en puissance du Parti communiste, dans les années 1950, le Baas et d’autres forces nationalistes syriennes voient le salut dans une union avec l’Égypte de Gamal Abdel Nasser au faîte de sa gloire dans le monde arabe. Nasser accepte l’union, mais pose comme condition la dissolution des partis. Le Baas accepte mais les communistes plongent dans la clandestinité. Quinze officiers baasistes de l’armée maintiennent cependant le contact après la dissolution du parti et forment le noyau d’un «comité militaire» qui regroupe parmi ses membres, Hafez el-Assad, pilote de l’armée de l’air. L’union syro-égyptienne dure de 1958 à 1961, lorsqu’un coup d’État en Syrie y met fin. Les militaires baasistes réussissent en 1963 à leur tour un coup d’État qui amène le parti au pouvoir. Mais une lutte commence aussitôt après entre les militaires et les civils du parti, ces derniers représentés par Aflaq et Bitar, et entre les militaires eux-mêmes. Les «civils» sont écartés définitivement de la Syrie en 1966. Au total, huit coups de force à la tête du Baas et de l’État syriens ont lieu entre 1963 et 1970. La dernière passe d’arme oppose deux généraux, Hafez el-Assad, alors ministre de la Défense, et Salah Jdid, l’homme fort derrière le président Noureddine Atassi. Ces derniers sont évincés en 1970. La section irakienne du Baas a pris le pouvoir par un coup d’État, en 1968, et Aflaq la rejoint aussitôt. Il est paré de titres honorifiques mais sans pouvoir, l’appareil du parti en Irak étant contrôlé par Saddam Hussein. En façade, c’est un militaire, le général Ahmad Hassan al-Bakr, chef de l’État irakien, qui dirige le parti. En 1979, Saddam accède officiellement à la présidence irakienne et au secrétariat général du parti, postes qu’il conserve toujours. Assad se maintient au pouvoir jusqu’à son décès, le 10 juin 2000. Son fils cadet et successeur désigné, Bachar, 34 ans, doit être nommé secrétaire général du parti par le congrès qui s’ouvre samedi à Damas. Aflaq a vécu en Irak jusqu’à sa mort, dans un hôpital parisien, en 1989. Il est enterré à Bagdad. L’Irak décrète un deuil, la Syrie reste indifférente. Bitar a été assassiné à Paris en 1980. Quelques années auparavant, il déclare : «En vérité, il n’y a plus de Baas, ni en Syrie, ni en Irak».
Le parti Baas, qui tient aujourd’hui son neuvième congrès à Damas, prône l’unité arabe, mais il n’a pu réaliser aucune fusion même pas entre les deux pays où il se trouve au pouvoir, la Syrie et l’Irak. Le Baas («résurrection») est né officiellement en 1947 à Damas, fondé par deux enseignants de cette ville formés en France, Michel Aflaq, chrétien orthodoxe, et Salaheddine Bitar, musulman sunnite. En plus de l’unité arabe, il milite à ses débuts pour la scolarisation des filles, pour que l’isoloir soit installé dans les bureaux de vote et pour le développement rural, et prône la laïcité. Il essaime dans les pays arabes. En Syrie, ses slogans lui valent une audience chez les paysans et les minorités alaouite et druze, mais il reste marginalisé par les partis et les personnalités de la bourgeoisie et...