Les marchés financiers libanais sont restés fermés hier, pour la troisième journée consécutive, en raison du chômage officiel du Maouled au lendemain de deux journées chômées en signe de deuil, à la suite du décès du président syrien Hafez el-Assad. Ils reprendront dès aujourd’hui leurs activités normalement. Il est à rappeler que le dollar avait achevé la semaine dernière au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, consécutivement au maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Mais compte tenu de la pénurie d’offre en dollar, les établissements de crédit l’avaient négocié au haut de cette fourchette, entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, dans un marché très calme. Résistance du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est montré résistant hier face aux autres grandes monnaies sur les marchés des changes internationaux, soutenu par la remontée des Bourses américaines qui ont profité du ralentissement de l’inflation aux États-Unis, éloignant les perspectives d’un nouveau resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Contrairement au scénario de la veille, le dollar ne s’est guère ressenti hier, face à l’euro, de l’annonce d’un ralentissement des pressions inflationnistes aux États-Unis qui limitent du même coup les perspectives d’une hausse des taux d’intérêt américains. Cela d’autant que les signes de ralentissement de l’économie américaine ont été renforcés hier avec l’annonce d’une hausse moins forte que prévu de 0,1 % des prix à la consommation en mai par rapport à leur niveau d’avril au lieu de 0,2 % attendu, pendant que l’indice de base, qui exclut l’alimentation et l’énergie, augmentait de seulement 0,2 %. La dissipation des perspectives de hausse de taux américains n’a donc guère profité à l’euro qui a éprouvé beaucoup de difficultés à se maintenir au-dessus du seuil de 0,96 dollar après la publication des chiffres américains. De plus, le billet vert a trouvé un soutien par l’accès de faiblesse de la livre sterling observé peu après l’annonce hier d’un ralentissement plus important que prévu de la progression du salaire moyen en Grande-Bretagne de 5,1 % en glissement annuel en avril après 5,7 % en mars. De ce fait, le marché, qui voit d’ores et déjà les perspectives de resserrement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre se réduire d’ici à la fin de l’année, a poussé les investisseurs à vendre le sterling pour du dollar. Enfin, le yen est resté confiné dans des marges très étroites face au dollar, alors que les spéculations sur une prochaine hausse des taux au Japon semblaient disparaître. Dans ces conditions, le billet vert est parvenu à se soustraire aux influences déprimantes d’un statu quo monétaire aux États-Unis, se négociant à New York, sur un ton résistant comme suit : – 0,9605 pour un euro contre 0,9600, la veille – 1,5010 pour un sterling contre 1,5070 – 2,0365 DM contre 2,0375 – 6,8295 FF contre 6,8330 – 1,6290 FS contre 1,6285 – 2 015,90 lires contre 2 016,95 – 106,80 yens contre 106,95. Wall Street : ambiance mitigée Sur les places boursières internationales, Wall Street a fait preuve de fermeté hier après la publication d’indices favorables sur l’inflation aux États-Unis, tandis que la Bourse électronique du Nasdaq, plus hésitante, s’est montrée moins unanime à la hausse. Selon les experts boursiers, les chiffres publiés hier sur l’évolution des prix à la consommation ont conforté les investisseurs dans leur impression que la Fed devrait observer un statu quo monétaire, au moins à court terme, après une rafale de hausses de taux d’intérêt ces derniers mois. Cela d’autant que le dernier rapport de la Fed sur l’état de santé de l’économie américaine (le Livre Beige) faisait mention hier d’un ralentissement de l’expansion économique aux États-Unis en mai et avril. Pourtant, certains observateurs sont restés prudents devant les risques de relèvement des taux de la Fed plus tard l’été ou d’un ralentissement trop fort de l’économie américaine. De ce fait, les échanges ne parvenaient pas à se développer, notamment sur le marché électronique qui a alterné entre hausses et baisses, contrairement à Wall Street qui a trouvé un grand soutien dans la bonne tenue des valeurs financières et pétrolières. En effet, le Nasdaq cantonnait autour du seuil des 3 850 points, alors que le Dow Jones des industrielles remontait d’un plus bas à 10 624,68 points à un plus haut à 10 737,71 points, avant d’afficher en préclôture 10 716,27 points, en hausse de 94,43 points sur la veille. Vigueur des Bourses européennes La vigueur des valeurs TMT, des technologies, médias et télécommunications, a permis aux Bourses européennes d’afficher des gains substantiels mercredi, en fin d’après-midi, les investisseurs étant soulagés de constater qu’un relèvement des taux américains dès ce mois-ci semble maintenant bien moins probable. Vers 16h00 GMT, l’indice paneuropéen Eurotop 300 a affiché un gain de 15,07 points, soit 0,93 %, à 1 629,39, tandis que l’Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, a gagné 73,33 points, soit 1,38 %, à 5 378,67. La plus forte hausse revient à la Bourse de Londres qui a terminé sur un gain de 1,38 %, suivie de Francfort, alors en progrès de 1,16 %, Paris (+1,15 %), Amsterdam (+1,13 %), Zurich (+0,91 %), Milan (+0,88 %) et Madrid (+0,69 %). Seul marché à contre-courant, Bruxelles a perdu 0,97 %. La hausse des technologiques, au lendemain d’une poussée en avant de 2,21 % de l’indice américain Nasdaq, a été conduite par les allemandes SAP et Epcos. Vivendi a chuté de 10,08 %. Les analystes applaudissent sur le plan stratégique son projet de rapprochement à trois avec Canal Plus et le canadien Seagram, qui donnerait naissance à un «AOL-Time Warner européen», mais ils restent circonspects faute de détails. Ils craignent la dilution probable des actionnaires et l’augmentation de l’endettement de Vivendi, et soulignent le risque attaché à la distribution de musique avec le piratage sur Internet. Après une hausse initiale, Canal Plus a fini en baisse de 3,40 %. À Toronto, Seagram a monté de plus de 14 %. SAP, le numéro un européen des progiciels, s’est envolé de 6,97 % après avoir annoncé la signature avec le groupe suisse Nestlé du plus gros contrat qu’il ait conclu à ce jour. Nestlé a gagné pour sa part 1,63 %. Bénéficiant du regain d’intérêt pour les technologiques qui avaient été délaissées mardi à Francfort au profit des financières, le fabricant de composants électroniques Epcos a affiché quant à lui une forte hausse de 724 %, à 148,84 euros. Parmi les valeurs vedettes les plus en vue, on a remarqué aussi les hausses de 4,50 % du britannique Marconi et de 4,36 % du français L’Oréal qui a enregistré la plus forte envolée des valeurs de l’Euro Stoxx 50. On a relevé également France Télécom, qui s’est vivement redressée en fin de séance pour terminer en hausse de 7,34 %, après les déclarations de son président, Michel Bon, qui a démenti les informations de presse selon lesquelles son groupe envisageait une offre sur Equant. Le britannique Bass, qui vient de vendre ses activités de brasserie au belge Interbrew pour 2,3 milliards de livres sterling, s’octroie 3,34 %. Les banques allemandes Deutsche Bank et Dresdner Bank ont gagné respectivement 3,03 % et 1,9 %, grâce, semble-t-il, à une réaction favorable aux statistiques américaines sur l’inflation. Tokyo : les technologiques toujours malmenées La Bourse de Tokyo a fini en nette baisse mercredi, les technologiques et les télécoms pâtissant des interrogations des investisseurs étrangers sur la solidité de la remontée du Nasdaq, la veille. L’indice Nikkei-225 a perdu 1,54 %, soit 260,53 points, à 16 654,42. L’indice Topix regroupant les valeurs de la première section a abandonné 1,7 %, soit 26,03 points, à 1 544,65. L’indice Nikkei 300 a abandonné 6,05 points (1,96 %) à 301,86. La remontée de titres considérés comme bon marché en raison de l’amélioration de l’économie japonaise a connu une pause, les investisseurs prenant leurs bénéfices après la bonne tenue de Wall Street mardi. L’incertitude politique pèse aussi sur le marché à l’approche des élections législatives du 25 juin prochain. Sony a plongé de 4,18 % à 9 850 yens et Fujitsu de 2,95 % à 3 290 yens. Le géant des télécoms Nippon Telegraph and Telephone Corp. (NTT) a cédé 2,13 % à 1,38 million de yens, les investisseurs craignant que la vente des 53,15 % de l’État ne vienne tarir la demande. La filiale de téléphonie mobile du groupe NTT DoCoMo a cédé 1,63 % à 3,02 millions de yens. Le Premier ministre Yoshiro Mori a déclaré ce week-end que NTT devrait être privatisé pour devenir plus compétitif. Les valeurs du secteur immobilier ont effacé une partie de leurs gains récents, le rapport mensuel de la Banque du Japon ne permettant pas encore de conclure à une reprise durable de l’économie japonaise. Mitsui Fudosan a abandonné 4,43 %. Les bancaires et financières ont aussi perdu du terrain. Tokyo-Mistsubishi a cédé 1,01 %, Nomura Securities 1,69 % et Industrial Bank of Japon 1,39 %. Bank of Tokyo-Mitsubishi a annoncé après la clôture avoir renoué avec les bénéfices sur l’exercice 1999/2000, en affichant un résultat net positif de 35,48 milliards de yens contre une perte de 344,42 milliards, l’exercice précédent. En outre, la prudence dominait avant la publication, à 12h30 GMT, de l’indice des prix à la consommation en mai aux États-Unis dans la perspective de la réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine les 27 et 28 juin.
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