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Actualités - Chronologie

Fidji L'armée menace de conserver le pouvoir si les négociations n'aboutissent pas

Les autorités militaires aux îles Fidji ont menacé lundi d’assumer le pouvoir pendant les deux prochaines années en cas d’échecs répétés dans les négociations avec les putschistes pour former un gouvernement civil intérimaire. Cette menace fait suite à l’échec ce week-end des négociations entre l’armée et les instigateurs d’un coup d’État qui retiennent depuis le 19 mai le Premier ministre d’origine indienne, Mahendra Chaudhry, et plusieurs députés en otages dans l’enceinte du Parlement. «Nous pouvons encore maintenir notre contrôle pendant les deux années qui viennent», a déclaré le porte-parole de l’armée, Filipo Tarakinikini. La loi martiale a été décrétée dix jours après le coup d’État, conduit par un homme d’affaires local, George Speight, qui a déclaré «agir au nom de la population indigène de l’île». Depuis le début de la crise, il souffle le chaud et le froid, en modifiant sans cesse ses exigences ou faisant des annonces jamais suivies d’effet. Dimanche, alors que la signature imminente d’un accord avait été annoncée vendredi par l’armée, George Speight a fait à nouveau monter les enchères en souhaitant avoir un droit de regard sur la nomination du président de la République. Un porte-parole militaire a qualifié cette demande «d’inacceptable», en soulignant qu’il appartenait au Grand conseil des chefs, instance traditionnelle influente à Fidji, de le désigner. Les quatre femmes otages ont toutefois été libérées par les putschistes dimanche. L’accord que devaient signer l’armée et les insurgés porte sur la Constitution d’un gouvernement civil intérimaire, qui doit administrer le pays pendant deux ans avant la tenue d’élections générales et l’application d’une nouvelle constitution, plus favorable aux Fidjiens de souche mélanésienne. Au cours de cette crise, les putschistes ont obtenu l’abrogation de la constitution de 1997, qui instaurait l’égalité politique entre les différentes communautés de cet archipel du Pacifique-Sud, où les Indo-Fidjiens représentent 43 % des 800 000 habitants. Leur réussite économique et politique leur vaut inimitiés et jalousies de la part des Mélanésiens. Pour la première fois, lundi, les otages sont apparus à la télévision fidjienne. On y voyait quatre des 27 otages en train de boire du kava, boisson traditionnelle du Pacifique-Sud issue de la macération d’une racine de poivrier, avec quelques-uns de leurs gardiens. L’un des otages d’origine indienne, Vinod Maharaj, leur parlait en fidjien et les remerciait de discuter avec eux. «C’est ce que je veux, pour que les Indiens et les Fidjiens s’unissent», a-t-il indiqué à propos de cette boisson partagée. Un groupe de pression, intitulé Forum constitutionnel des citoyens, a estimé lundi que l’accord envisagé entre l’armée et les rebelles ne pouvait être une solution et a demandé aux parlementaires, libres, de prendre en main l’administration du pays. Le directeur de ce forum, Akuila Yabaki, a souligné qu’il y avait 56 députés et sénateurs, disponibles, qui pourraient mettre en place un gouvernement civil intérimaire, qui serait, selon lui, bien plus acceptable aux yeux du monde, que le projet des autorités militaires. Un des responsables du Congrès des syndicats fidjiens, Shankar, qui se trouve actuellement en Australie, a par ailleurs indiqué que Mahendra Chaudhry pourrait envisager la formation d’un gouvernement en exil, après sa libération.
Les autorités militaires aux îles Fidji ont menacé lundi d’assumer le pouvoir pendant les deux prochaines années en cas d’échecs répétés dans les négociations avec les putschistes pour former un gouvernement civil intérimaire. Cette menace fait suite à l’échec ce week-end des négociations entre l’armée et les instigateurs d’un coup d’État qui retiennent depuis le 19 mai le Premier ministre d’origine indienne, Mahendra Chaudhry, et plusieurs députés en otages dans l’enceinte du Parlement. «Nous pouvons encore maintenir notre contrôle pendant les deux années qui viennent», a déclaré le porte-parole de l’armée, Filipo Tarakinikini. La loi martiale a été décrétée dix jours après le coup d’État, conduit par un homme d’affaires local, George Speight, qui a déclaré «agir au nom de la...