Essentiel à l’organisme, même s’il y est présent en très faible quantité (4 g chez l’homme, 2,5 g chez la femme), le fer joue un rôle essentiel. Il constitue un élément indispensable. Le fer se trouve essentiellement dans l’hémoglobine, qui véhicule l’oxygène vers les tissus et le gaz carbonique vers l’extérieur. En moindre proportion, cet élément est présent également dans la myoglobine qui met, en réserve, l’oxygène dans les muscles. Apportée par l’alimentation, seule une petite fraction de fer est absorbée lors des repas. Les besoins sont estimés à environ 1 mg par kilo et par jour pour un enfant, 8 mg pour l’homme et 16 mg pour la femme. De la puberté à la ménopause, les pertes de sang menstruelles représentent un déficit en fer de 12 à 15 mg, soit 0,5 mg par jour qui s’ajoute aux pertes habituelles de 0,8 mg. Ces pertes sont des déperditions par la sueur, l’urine et autres excrétions du corps. Il est à signaler que la contraception aussi y joue un rôle important. Le stérilet entraîne deux fois plus de pertes tandis que, raisonnablement, la pilule contraceptive en réduit le volume en supprimant les règles. Selon des études européennes sur la contraception orale, 13,6 % des femmes sous pilule accusent une déficience en fer, contre 28 % sous stérilet et 23 % de celles n’employant aucune de ces deux méthodes. Durant la grossesse, les besoins en fer sont accrus. Mille mg additionnels sont nécessaires au maintien de l’équilibre afin de permettre la constitution tissulaire du fœtus et du placenta, ce qui indique la nécessité d’une supplémentation en fer. À signaler également le cas de certaines maladies (varices, ulcères, hémorroïdes, hernie hiatale, fibrome, endométriose) susceptibles de provoquer des pertes de sang responsables de fortes carences en fer. Pour contrôler les taux de fer afin d’instaurer une supplémentation si nécessaire, une prise de sang permettra de connaître les taux de ferritine et d’hémoglobine. La première assure le transport du fer vers la moelle osseuse, la seconde la capacité à fabriquer des globules rouges. Si le taux de ferritine est inférieur à la normale, il est nécessaire d’assurer une prise de fer journalière de 15 à 20 mg pendant trois à six mois, selon le cas. Le danger de l’excès La peur de manquer de fer peut parfois conduire à des excès qui entraîneraient une accumulation nocive. Une maladie génétique, relativement fréquente, est l’hématochromatose. Elle se caractérise, justement, par une accumulation de fer dans les tissus, en particulier ceux du foie, du cœur et du pancréas. Accompagnée d’une fatigue intense, d’un teint grisâtre, de troubles articulaires, de cirrhose, de diabète et d’insuffisance cardiaque dans les cas graves, l’hématochromatose génétique est due à deux gènes responsables de son déclenchement. Dans le cas où la personne ne possède qu’un seul gène de la paire coupable (10 % environ d’une population donnée), elle ne présente aucun des signes d’hématochromatose. Si c’est le cas, la surcharge ou l’accumulation de fer improvisée dans l’alimentation est à déconseiller. Seul le médecin est en mesure d’indiquer les quantités, les denrées à privilégier et le traitement, si nécessaire, qui convient. Signaux d’alerte de la carence en fer Au début, la déficience passe inaperçue. Ensuite, des signes modérés trahissent la disparition des réserves en fer. La montée de cinq étages est une prouesse impossible. Les ongles deviennent cassants, les cheveux deviennent fins et commencent à tomber. Une frilosité, une baisse de l’immunité, un état léthargique et une difficulté de concentration suivent. Si la carence se prolonge, ces signes s’intensifient : pâleur, essouflement en cas d’effort, crampes musculaires, bourdonnements d’oreilles, maux de tête, malaises, troubles cutanés avec difficulté de cicatrisation, irritation de la langue, troubles de l’estomac.
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