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Actualités - Chronologie

Afrique du Sud L'opposition blanche fusionne pour contrer l'ANC

Deux des principaux partis d’opposition sud-africains vont fusionner pour tenter de contrer la formidable puissance du Congrès national africain (ANC), une alliance dénoncée par le parti au pouvoir comme un «retour en arrière» visant à «préserver les intérêts blancs». Le Parti démocratique (DP - droite libérale), premier parti d’opposition, et le Nouveau parti national (NNP, issu du parti au pouvoir pendant l’apartheid) ont annoncé samedi soir leur fusion, sans doute le réalignement politique le plus important depuis les premières élections démocratiques de 1994. Le DP de Tony Leon, devenu aux élections générales de 1999 premier parti d’opposition avec 9,5 % des voix, et le NNP de Marthinus van Schalkwyk (6,8 % des voix) vont devenir l’Alliance démocratique (DA), qui se présentera dès les prochaines élections municipales de novembre. La DA sera, pour une période transitoire de deux ans, présidée par Tony Leon, avec Marthinus van Schalkwyk comme vice-président. «L’alliance met un terme à “l’opposition dans l’opposition”, a déclaré Tony Leon. Mais elle ne fait pas que consolider l’opposition... Nous pouvons maintenant présenter à la majorité des Sud-Africains un front uni (contre l’ANC)». NNP et DP disent vouloir «bâtir un mouvement politique accueillant des Sud-Africains de toutes les communautés et qui pourra défier efficacement l’ANC» pour le pouvoir. Les deux partis ont un électorat majoritairement blanc (avec un fort vote métis au Cap pour le NNP) et accaparent l’essentiel du vote de la minorité blanche (environ 13 %) d’Afrique du Sud, à l’exception de petits partis afrikaners extrémistes. Mais même en fusionnant, NNP et DP restent une force relative, loin derrière les 66,3 % de l’ANC aux élections de 1999. Dans leur communiqué commun, DP et NNP ont souligné le besoin de «consolider la démocratie en Afrique du Sud» et éviter le glissement vers «un système à parti de facto unique dans le pays», une référence apparente au Zimbabwe. Les dérives de la ZANU-PF du président Robert Mugabe à l’approche des élections zimbabwéennes ont en effet été ces derniers mois un cheval de bataille privilégié de l’opposition sud-africaine. «ANC sans opposition = Zimbabwe», pouvait-on lire sur de récentes affiches du DP. L’ANC a jugé l’annonce de cette alliance «décevante et plutôt malheureuse pour le pays». «Cela nous ramène en arrière. Cela s’appuie sur la volonté de préserver les intérêts et les privilèges blancs», a déclaré la porte-parole nationale Nomfanelo Koya-Matosi. La fusion NNP-DP, deux formations classées à droite de l’échiquier politique – avec une dominante anglophone et urbaine pour le DP, afrikaner et plutôt rurale pour le NNP – était jugée prévisible par nombre d’observateurs politiques, quand ils ne prédisaient pas l’absorption du NNP par le DP. L’ex-Parti national, devenu NNP en 1998, n’est en effet jamais parvenu depuis 1994 à se défaire totalement de l’étiquette de «parti de l’apartheid», bien qu’ayant épousé la démocratie multiraciale. Le NP avait obtenu 20 % des voix en 1994, son héritier le NNP à peine 6,8 % en 1999, passant de premier à quatrième parti. Ce réalignement, selon des analystes, traduit aussi dans les faits une polarisation avérée de la politique sud-africaine selon des lignes raciales, avec un ANC à l’électorat ultra-majoritairement noir et un pôle d’opposition NNP-DP (ou future DA) à l’électorat majoritairement blanc. Et jusqu’à présent incapable de séduire en nombre des électeurs noirs. Dans la perspective du scrutin de novembre, le DP a déjà passé des accords avec l’Alliance fédérale (droite) pour des candidats communs, et le Parti uni chrétien démocrate (UCDP), pour un pacte de «non-agression» dans les zones où l’un des partis a une chance de passer. Mais ces formations à elles deux ne rassemblent que 1,2 % des votes.
Deux des principaux partis d’opposition sud-africains vont fusionner pour tenter de contrer la formidable puissance du Congrès national africain (ANC), une alliance dénoncée par le parti au pouvoir comme un «retour en arrière» visant à «préserver les intérêts blancs». Le Parti démocratique (DP - droite libérale), premier parti d’opposition, et le Nouveau parti national (NNP, issu du parti au pouvoir pendant l’apartheid) ont annoncé samedi soir leur fusion, sans doute le réalignement politique le plus important depuis les premières élections démocratiques de 1994. Le DP de Tony Leon, devenu aux élections générales de 1999 premier parti d’opposition avec 9,5 % des voix, et le NNP de Marthinus van Schalkwyk (6,8 % des voix) vont devenir l’Alliance démocratique (DA), qui se présentera dès les prochaines...