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Actualités - Analyse

Elections - Les délais seront respectés Des cadres d'Amal réclament l'armée

Démentant de persistantes rumeurs sur un report sine die des élections, des sources ministérielles affirment que les délais prévus (du 20 août au 10 septembre) seront strictement respectés. Un tour de force en perspective. Du moins dans les régions libérées, théâtre d’inévitables commotions consécutives au retrait israélien. Et où la confusion sur le terrain, faute d’une présence immédiate de l’État, a notamment provoqué des déplacements de populations, des centaines de familles se réfugiant à l’intérieur du pays ou fuyant en Israël. Ces lahdistes ou apparentés craignent sinon des liquidations du moins des violences vindicatives assorties d’exactions diverses, de pillages et d’incendies. Toujours est-il que face à l’assurance qu’affichent les responsables, des politiciens sudistes se demandent «comment le ministère de l’Intérieur, qui a reçu carte blanche de la Chambre, va pouvoir en huit petites semaines étendre la toile d’araignée électorale aux régions libérées, encore instables. Comment va-t-il rameuter, en le rassurant, un électorat éclaté ? Va-t-il diviser le Sud en deux circonscriptions, comme le prévoit la loi en cas de libération ? Va-t-il pouvoir vraiment doter tous les villages de bureaux de vote ? Ne sera-t-il pas obligé de reconduire le dispositif appliqué en 1996 : le Sud circonscription unique et bureaux de vote excentrés à Beyrouth pour l’enclave qui était occupée ? Aura-t-il d’ailleurs le temps de produire et de distribuer les cartes électorales destinées aux Sudistes ?». Des députés ont transmis ces préoccupations au maître d’œuvre des élections, le ministre de l’Intérieur, M. Michel Murr. Il leur a répondu que son département se mobilise pour faciliter les choses aux électeurs sudistes. Ajoutant que près de 50 000 demandes de cartes électorales ont déjà été enregistrées dans la région depuis la libération, des centres devant être ouverts un peu partout pour la distribution de ces pièces. M. Murr a certifié à ce propos que le Sud ne fera pas exception à la loi : seule la carte électorale y sera utilisée pour voter, ni la carte d’identité ni l’extrait d’état civil ne pouvant avoir cours. Il a cependant indiqué que le Sud resterait électoralement unifié, malgré ce que les textes prévoient, car il n’y a pas moyen pour cette session de le scinder en deux, faute de temps et d’effectifs. Le ministre ajoute que l’ordre sera assuré par les FSI et que le nombre de postes sera augmenté, notamment dans les zones à majorité chrétienne. M. Murr pense que la présence active de l’État va rassurer les populations et susciter le retour des fugitifs. Ces assurances ne tranquillisent que partiellement les notables locaux. Un politicien va jusqu’à se demander crûment si «les gendarmes peuvent être assez efficaces pour garantir un scrutin vraiment calme et régulier. La région est en pleines convulsions et la fièvre électorale, qui attise les tiraillements entre les partis, est loin d’arranger les choses». Le climat politique semble en effet tendu. À preuve que des cadres du mouvement Amal se prennent à leur tour à réclamer avec insistance le déploiement de l’armée pour un bon contrôle de l’opération électorale. Les proches de M. Nabih Berry signalent en outre un détail de taille, visiblement omis par le département de l’Intérieur : à les en croire, nombre de dossiers ont été détruits ces dernières années et il faudrait mettre les bouchées doubles pour reconstituer les listes d’électeurs, trop tronquées dans les zones libérées. Selon ces cadres, si l’Intérieur n’ a pas le temps d’effectuer les corrections nécessaires, ce qui est plus que probable, il faudrait autoriser les citoyens concernés à voter avec toute pièce d’identité. Cela au nom de la règle de droit élémentaire qui veut qu’un cas de force majeure justifie une exception à la loi courante. À part ces questions de logistique, la libération va sans doute entraîner de nouvelles tractations sur la formation des listes ainsi que sur le partage du nombre de sièges entre le Hezbollah et le mouvement Amal. Les intégristes réclament maintenant un plus gros morceau. Ceci étant, tout le monde convient d’avance que les opérations resteront sous contrôle, qu’il n’y aura pas de conflit en définitive, parce que les décideurs ne le toléreraient pas.
Démentant de persistantes rumeurs sur un report sine die des élections, des sources ministérielles affirment que les délais prévus (du 20 août au 10 septembre) seront strictement respectés. Un tour de force en perspective. Du moins dans les régions libérées, théâtre d’inévitables commotions consécutives au retrait israélien. Et où la confusion sur le terrain, faute d’une présence immédiate de l’État, a notamment provoqué des déplacements de populations, des centaines de familles se réfugiant à l’intérieur du pays ou fuyant en Israël. Ces lahdistes ou apparentés craignent sinon des liquidations du moins des violences vindicatives assorties d’exactions diverses, de pillages et d’incendies. Toujours est-il que face à l’assurance qu’affichent les responsables, des politiciens sudistes se demandent...