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Actualités - Chronologie

Les experts doutent de l'efficacité du démantèlement

Un démantèlement de Microsoft en deux sociétés distinctes laisse perplexes nombre d’experts antitrust qui doutent de son efficacité. Certains, y compris parmi les partisans d’un démantèlement, estiment que l’éclatement du groupe de Bill Gates en deux entités, avec d’un côté le système d’exploitation Windows et d’un autre le reste des logiciels, ne va rien changer à l’absence de concurrence. «Le monopole du système d’exploitation, c’est-à-dire précisément le cœur du problème dans l’affaire Microsoft, va demeurer», souligne Thomas Lenard, vice-président de la Fondation pour le progrès et la liberté, spécialiste de l’industrie informatique à Washington qui penchait pour un éclatement en au moins quatre entités. Une entité séparée «logiciels» pour systèmes d’exploitation aurait eu plus de liberté pour créer des produits compatibles avec d’autres systèmes d’exploitation que Windows, comme par exemple son concurrent Linux, pensait Thomas Lenard. «Cela donnerait plus de choix au consommateur», convient Robert Lande, professeur de droit à l’Université de Baltimore (Maryland). Dans les trois premières années, le consommateur ne verra pas de grandes différences, estime néanmoins Shane Greenstein, professeur en économie à la prestigieuse Kellogg Graduate School of Management à Evanston (Illinois). «Il faudra sans doute attendre la prochaine innovation majeure, qui influencera les systèmes d’exploitation, comme les applications, pour voir une différence», ajoute-t-il. Pour Nicholas Économides, professeur d’économie à l’Université de New York, un démantèlement risque néanmoins de se traduire par une hausse des prix et par des incompatibilités au niveau des programmes préjudiciables au consommateur. Le système de navigation Internet Explorer, cédé actuellement à «prix zéro» avec le paquet Windows, deviendra logiquement payant s’il est vendu par une entité séparée, relève Nicholas Economides sans attendre «plus de compétition». Stanley Liebowitz, professeur à l’Université du Texas, va même jusqu’à dire qu’un éclatement de Microsoft coûtera 30 milliards de dollars aux programmeurs, qui devront concevoir de nouveaux logiciels compatibles avec différents types de Windows. «Nous n’en sommes plus au temps de la compagnie pétrolière Standard Oil (démantelée en 1911 pour abus de position dominante). Personne alors ne conduisait d’automobile. Aujourd’hui, tout le monde a un ordinateur», considère Stanley Liebovitz. Microsoft, qui a pour habitude de travailler en parallèle sur son système d’exploitation et sur des applications compatibles, va être fatalement freiné dans son développement. Les forces vives du groupe, une fois réparties entre différentes entités, n’auront plus la même efficacité, relève Nicholas Économides.
Un démantèlement de Microsoft en deux sociétés distinctes laisse perplexes nombre d’experts antitrust qui doutent de son efficacité. Certains, y compris parmi les partisans d’un démantèlement, estiment que l’éclatement du groupe de Bill Gates en deux entités, avec d’un côté le système d’exploitation Windows et d’un autre le reste des logiciels, ne va rien changer à l’absence de concurrence. «Le monopole du système d’exploitation, c’est-à-dire précisément le cœur du problème dans l’affaire Microsoft, va demeurer», souligne Thomas Lenard, vice-président de la Fondation pour le progrès et la liberté, spécialiste de l’industrie informatique à Washington qui penchait pour un éclatement en au moins quatre entités. Une entité séparée «logiciels» pour systèmes d’exploitation aurait eu...