Après plus d’un mois de crise, la rébellion sierra-léonaise a donné un premier signe positif en s’affirmant prête à revenir à l’accord de paix signé en juillet 1999 à Lomé, alors que les troupes britanniques s’apprêtent à quitter le pays. Le commandant du Front révolutionnaire uni (RUF) dans l’est du pays, à Kailahun, l’un des principaux fiefs de la rébellion, le général Issa Sesay, a fait savoir à l’Onu que 21 Casques bleus indiens seraient relâchés et que la rébellion souhaitait revenir à l’accord de paix signé avec le gouvernement il y a bientôt un an. Le général Sesay a transmis ce message à la mission des Nations unies en Sierra Leone (Minusil) par l’intermédiaire d’un officier supérieur indien, le commandant Punia, qui s’est rendu sur place, a indiqué hier le porte-parole de la mission onusienne, David Wimhurst. «Lors de cette rencontre, il est apparu que le RUF veut apporter son soutien à l’accord de Lomé, ce qui est un bon signe», a dit M. Wimhurst. «Il n’y a aucune garantie, mais il y a un net désir de revenir à la paix. Nous devons saisir cette opportunité», a-t-il ajouté. Sur le terrain, les accrochages avec l’armée nationale (SLA) se poursuivent. Dans la nuit de mardi à mercredi, des combats ont eu lieu dans le nord du pays, vers Kabala (250 km de Freetown). Le RUF a interrompu le processus de paix début mai en enlevant dans plusieurs endroits du pays quelque 500 Casques bleus et en encerclant près de 300 autres. Grâce à la médiation du président libérien, Charles Taylor, lui-même ancien chef de guerre et «parrain» du RUF, les otages ont quasiment tous été libérés. Restent quelque 250 Casques bleus, essentiellement des Indiens, encerclés à Kailahun. 21 ont été amenés à Pendembu, au sud-est, vers la frontière libérienne. Le RUF, toujours par la voix du général Sesay, a promis de les relâcher. «Nous espérons leur libération dans très peu de temps», a déclaré mercredi David Wimhurst. Le général Issa Sesay est présenté par les Nations unies et des officiers britanniques comme l’un des plus influents commandants du RUF, en rébellion depuis 1991. L’accord de paix, qui avait déjà connu une application difficile, prévoyait notamment la démobilisation et le désarmement des parties en conflit. Il avait été signé par le chef historique du RUF, le caporal Foday Sankoh, à la tête du mouvement depuis 1991. Ce dernier, arrêté après une fusillade devant son domicile qui a fait une vingtaine de morts, début mai, est détenu depuis le 17 mai dans un lieu secret. Sa détention a compromis les possibilités de négociations avec la rébellion, qui n’a pas de numéro 2 officiel. Cependant, les Britanniques avaient estimé mardi qu’un autre leader, plus modéré, pourrait émerger prochainement dans les rangs du RUF. La rébellion, après l’enlèvement des Casques bleus, a été freinée dans son avance inquiétante vers Freetown par l’arrivée de troupes britanniques quelques jours après le début de la crise. Ces soldats sécurisent toujours l’aéroport de Lungi, en face de Freetown, une partie de la capitale, et effectuent des missions avec l’armée sierra-léonaise.
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