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Actualités - Biographie

Le frère banni, victime de ses ambitions

Rifaat el-Assad, le frère cadet du président syrien défunt, a longtemps été considéré comme son successeur, jusqu’à ce qu’il soit victime de ses ambitions effrénées et banni par Hafez el-Assad. Personnalité controversée, Rifaat est né en 1937 à Qerdaha, à 300 kilomètres au nord de Damas, dans une famille appartenant à la minorité alaouite. Après des études universitaires, il devient fonctionnaire des douanes avant d’entamer une carrière militaire. Après la prise du pouvoir par son frère aîné en 1970, il va se consacrer à organiser les Brigades de défense, garde prétorienne du régime forte de 20 000 hommes, chargée notamment de contrer toute tentative de coup d’État militaire. Au 6e Congrès du parti Baas, en avril 1975, Rifaat accède au cercle fermé du Commandement régional du parti où il représentait l’aile gauche opposée à la collaboration avec les «régimes arabes réactionnaires». À la tête des Brigades de défense, il s’est illustré dans la bataille implacable contre les Frères musulmans. En février 1982, il lance ses troupes à l’assaut de Hama (nord), tombée aux mains des intégristes sunnites. La répression est impitoyable. Cette victoire va renforcer le régime, mais Rifaat el-Assad acquiert la réputation d’un homme brutal, sans état d’âme et certain de succéder à son frère. En 1983, voulant forcer le destin, il tente un coup d’État à la tête de ses Brigades en profitant de l’hospitalisation de son frère, victime d’une crise cardiaque. C’est l’armée qui le fera échouer. Par la suite, il défiera ouvertement le président, en réclamant lors d’une conférence économique à Damas une libéralisation de l’économie, une démocratisation de la vie politique et la fin du soutien à l’Iran dans sa guerre contre l’Irak (1980-88). Hafez el-Assad le contraint à l’exil en 1985 et dissout ses Brigades de défense. Installé en France, Rifaat ne sera autorisé à revenir en Syrie qu’en 1992, à la demande de sa mère Naïssa agonisante. Le dernier épisode du conflit fratricide survient avec le bain de sang d’octobre 1999 quand l’armée, sous les ordres directs de Bachar, attaque la résidence de vacances de Rifaat, près de Lattaquieh, sur la Méditerranée, faisant de nombreuses victimes. Privé de titre officiel, Rifaat, favorable à un accord de paix avec Israël pour «régler les problèmes socioéconomiques chroniques» de la Syrie, multiplie les apparitions publiques. Il bénéficie aussi de soutiens en Égypte et dans le Golfe. En août 1999, l’un de ses fils, Sumer, a rencontré à Gaza le président palestinien Yasser Arafat, brouillé avec Hafez el-Assad. Conformément à la loi islamique, Rifaat est marié à quatre femmes, deux alaouites et deux sunnites. Il est père de onze enfants.
Rifaat el-Assad, le frère cadet du président syrien défunt, a longtemps été considéré comme son successeur, jusqu’à ce qu’il soit victime de ses ambitions effrénées et banni par Hafez el-Assad. Personnalité controversée, Rifaat est né en 1937 à Qerdaha, à 300 kilomètres au nord de Damas, dans une famille appartenant à la minorité alaouite. Après des études universitaires, il devient fonctionnaire des douanes avant d’entamer une carrière militaire. Après la prise du pouvoir par son frère aîné en 1970, il va se consacrer à organiser les Brigades de défense, garde prétorienne du régime forte de 20 000 hommes, chargée notamment de contrer toute tentative de coup d’État militaire. Au 6e Congrès du parti Baas, en avril 1975, Rifaat accède au cercle fermé du Commandement régional du parti où il...