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Actualités - Chronologie

La presse du Moyen-Orient s'interroge sur l'après-Assad

La presse du Moyen-Orient s’interrogeait, hier dimanche, sur le sort du processus de paix et l’avenir de la Syrie après la disparition du président Hafez el-Assad, acteur incontournable de la scène régionale. «Nous ne savons pas encore comment se terminera la lutte pour le pouvoir à Damas, mais il est d’ores et déjà évident que le processus de paix va être gelé pour une durée indéterminée», affirmait l’éditorialiste du quotidien Haaretz, Zéev Shif, dont un des confrères déplorait le «manque de charisme» de Bachar, qui devra d’abord asseoir son pouvoir et n’osera pas pour le moment dévier de la «ligne dure de son père». Consacrant ses rubriques à «l’après-Assad», le Maariv affirmait que «la vie sans Assad est du domaine de l’inconnu, et nous devrons tous maintenant traverser une période de sevrage», puisque «son ombre géante et menaçante nous a côtoyés durant trois décennies». Deux des colonnes du journal sont signées par deux spécialistes de renom : le professeur Itamar Rabinovitch, ancien ambassadeur d’Israël à Washington et responsable des négociations avec la Syrie, rappelle «l’héritage mélangé» qu’a laissé Assad, «l’idée de la paix avec Israël, mais à un prix dur à payer». Le journaliste britannique, biographe du président Assad, Patrick Seale, se dit quant à lui convaincu que «le processus de paix se poursuivra même après la mort d’Assad» et que «la stabilité du régime est assurée». Tout en prévoyant pour la Syrie «une période difficile au cours de laquelle on ne pourra même pas parler de processus de paix», le Yediot Aharonot affiche une note d’optimisme en soulignant que «Bachar a été éduqué en Occident et est imprégné de ses valeurs de modernité et de démocratie». L’éditorialiste du journal, Nahum Barnéa, affirme que «l’homme qui vient d’achever son rôle dans l’histoire du Moyen-Orient est celui qui a raté tous les trains et a bloqué tous les processus». «Après une période d’incertitude, lorsque la situation se sera stabilisée, s’ouvrira peut-être une chance véritable d’ouverture de la paix vers l’Occident et d’accord de paix avec Israël». Dans le Golfe, le quotidien al-Khaleej des Émirats arabes unis écrivait qu’«après Assad, la Syrie et la région entrent dans une période hautement critique. Nous espérons que ce pays passera calmement la transition», a ajouté le journal. «La disparition d’Assad laisse un grand vide», écrivait le quotidien séoudien al-Ryad, rappelant qu’Assad, qui était à sa mort le doyen des dirigeants arabes, avait assuré à son pays «la stabilité sur une période de trente ans». À Qatar, le quotidien al-Watan affirmait que «la disparition du président Assad est une énorme perte pour les pays de la région dont les effets se feront ressentir sur le conflit israélo-arabe». Même constat du quotidien koweïtien al-Qabas qui estimait que «la disparition d’Assad marque la fin d’une époque essentielle dans la lutte israélo-arabe». En Iran, principal allié moyen-oriental de la Syrie, le quotidien réformateur Bayan estimait que cette disparition constitue une «menace pour la stabilité régionale» après avoir relevé que «le sionisme avait face à lui, avec le président Assad, une volonté de fer». En Jordanie, voisin immédiat de la Syrie, le quotidien Jordan Times estimait que le successeur d’Assad «héritera d’un pays atteint des maux typiques de la région : une économie qui demande à être modernisée et une vie politique qui fait face aux défis de la démocratisation». Au plan extérieur, le nouveau dirigeant syrien doit «réfléchir sur l’avenir de ses 35 000 soldats stationnés au Liban et mener des négociations difficiles avec Israël», a ajouté le journal. Le quotidien cairote al-Ahram se voulait rassurant pour l’avenir de l’Égypte : «Le renouveau de la Syrie a commencé sous Hafez el-Assad. C’est lui qui a lancé la libéralisation économique (...) Si cette ouverture se confirme, elle sera forcément accompagnée d’une ouverture politique progressive et de progrès dans les négociations pour un règlement» avec Israël, écrivait le journal. Au Liban, les quotidiens, qui ne paraissent pas habituellement le dimanche, ont publié des éditions spéciales pour saluer la mémoire d’Assad. Talal Salman, président-directeur général d’as-Safir, proche des dirigeants syriens, se console de la mort d’Assad par la «permanence de la Syrie qui a choisi son fils Bachar pour marcher sur la voie qu’il a tracée». «Assad est mort sans avoir signé» la paix avec Israël, titrait en manchette le quotidien à grand tirage an-Nahar, qui se démarque souvent de la politique de Damas au Liban. L’ancien président du quotidien, Ghassan Tuéni, a écrit dans son éditorial : «Nous sommes avec l’homme qui est mort en disant “non” à Israël», mais a relevé que même si Assad avait instauré «la stabilité en Syrie au détriment de la démocratie, la stabilité était indispensable pour que la Syrie demeure». «Mais le Liban ne peut durer qu’avec les libertés démocratiques», a-t-il conclu.
La presse du Moyen-Orient s’interrogeait, hier dimanche, sur le sort du processus de paix et l’avenir de la Syrie après la disparition du président Hafez el-Assad, acteur incontournable de la scène régionale. «Nous ne savons pas encore comment se terminera la lutte pour le pouvoir à Damas, mais il est d’ores et déjà évident que le processus de paix va être gelé pour une durée indéterminée», affirmait l’éditorialiste du quotidien Haaretz, Zéev Shif, dont un des confrères déplorait le «manque de charisme» de Bachar, qui devra d’abord asseoir son pouvoir et n’osera pas pour le moment dévier de la «ligne dure de son père». Consacrant ses rubriques à «l’après-Assad», le Maariv affirmait que «la vie sans Assad est du domaine de l’inconnu, et nous devrons tous maintenant traverser une période de...