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Actualités - Chronologie

Un président qui a vécu avec les rumeurs de sa mort

Le président syrien Hafez el-Assad a passé un tiers de sa vie à démentir ou plaisanter sur les rumeurs de son décès et ses maladies réelles ou supposées. «Les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées», avait l’habitude de dire en riant le plus ancien chef d’État arabe en exercice, reprenant à son compte la phrase de l’écrivain américain Mark Twain. Maigre, les cheveux blancs et la peau tirée, il marchait et parlait lentement. Jamais la santé d’un président arabe n’avait été l’objet d’une si grande attention, et la presse internationale a annoncé à plusieurs reprises qu’il était passé de vie à trépas. Outre les attentats, dont il a été la cible au début des années 80, lors de sa lutte sans merci contre les Frères musulmans (islamistes), il avait été victime d’une crise cardiaque en novembre 1983 et son frère Rifaat avait tenté de prendre le pouvoir. Les partisans du président de l’OLP de Yasser Arafat, pilonnés par les troupes syriennes dans la ville de Tripoli (nord du Liban), avaient tiré en l’air en croyant leur calvaire terminé, mais leur joie fut de courte durée car le président syrien réussit à se rétablir. Depuis, des médecins libanais ou arabes affirmaient que le président syrien souffrait tour à tour de leucémie, de diabète, d’insuffisance cardiaque et de diverses maladies étranges. Sa santé était devenue un enjeu si important que la presse arabe avait rapporté que les services de renseignements israéliens, avec la complicité de la Jordanie, avaient procédé à des prélèvements d’urine du président Assad, lorsqu’il avait assisté aux obsèques du roi Hussein, en février 1999. De retour de Damas, également en 1999, le plus fameux journaliste égyptien, Mohammed Hassanein Heykal, avait rapporté qu’un visiteur de Hafez el-Assad avait été surpris en possession d’un petit appareil permettant par une simple poignée de main de connaître la pression artérielle du président. Un journaliste avait vu, le 26 mars à Genève, lors du sommet avec le président américain Bill Clinton, le chef de l’État syrien accompagné de trois médecins : un chirurgien, un cardiologue et un généraliste. Il n’avait répondu à aucune question, se bornant à dire d’une voix faible aux journalistes arabes qui lui demandaient une réaction : «Je n’ai pas le temps». Le Sunday Telegraph de Londres avait rapporté qu’au mois d’avril, le président Assad avait été victime d’une attaque d’apoplexie qui l’avait laissé très affaibli, ce qu’un responsable de la Maison-Blanche avait démenti. Début mai, une nouvelle rumeur affirmait qu’il avait été admis secrètement d’urgence à l’hôpital militaire du Val de Grâce à Paris, mais le 8 mai, il se rendait en Égypte. À ses interlocuteurs qui l’interrogeaient régulièrement sur sa santé, Hafez el-Assad avait l’habitude de répondre en plaisantant : «J’ai la même maladie que mon médecin, et il est toujours vivant», sans toutefois préciser le mal dont il souffrait.
Le président syrien Hafez el-Assad a passé un tiers de sa vie à démentir ou plaisanter sur les rumeurs de son décès et ses maladies réelles ou supposées. «Les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées», avait l’habitude de dire en riant le plus ancien chef d’État arabe en exercice, reprenant à son compte la phrase de l’écrivain américain Mark Twain. Maigre, les cheveux blancs et la peau tirée, il marchait et parlait lentement. Jamais la santé d’un président arabe n’avait été l’objet d’une si grande attention, et la presse internationale a annoncé à plusieurs reprises qu’il était passé de vie à trépas. Outre les attentats, dont il a été la cible au début des années 80, lors de sa lutte sans merci contre les Frères musulmans (islamistes), il avait été victime d’une crise cardiaque en...