L’armée israélienne a dispersé hier des réfugiés palestiniens et des Arabes israéliens qui fraternisaient à la frontière libano-israélienne, faisant quatre blessés légers parmi les Palestiniens du Liban et arrêtant onze Arabes israéliens, rapporte l’AFP de la zone frontalière. Les soldats israéliens ont tiré des grenades lacrymogènes et détonantes pour empêcher les réfugiés d’approcher la frontière, à la hauteur du village libanais de Douhaira. Un Palestinien de 60 ans a eu le pied superficiellement brûlé par une grenade lacrymogène lancée en direction de 350 réfugiés palestiniens côté libanais. Trois jeunes Palestiniennes ont en outre été légèrement blessées par des éclats. Une femme, Bouchra Abdel Hadi, venue du camp de réfugiés de Chatila, près de Beyrouth, s’est évanouie après l’explosion d’une grenade à détonation tout près d’elle. Les soldats israéliens ont dispersé de la même façon, en tirant des grenades lacrymogènes et détonantes, les Arabes israéliens venus rencontrer, comme lors des jours précédents, leurs proches réfugiés au Liban. Les 350 Palestiniens du Liban se sont regroupés dans un bois proche de Douhaira, et ceux du côté israélien se sont éloignés de la clôture. Depuis la fin du retrait israélien le 24 mai, des milliers de Palestiniens réfugiés au Liban et des Arabes israéliens, parents ou amis, se regroupent chaque jour à Douhaira pour tenter de se voir et de se parler. L’armée israélienne avait installé le 3 juin un rouleau supplémentaire de barbelés empêchant tout contact physique. Par ailleurs, à Ramiyé, 300 Libanais originaires de Tarbikha, l’un des sept villages intégrés en 1923 à la Palestine sous mandat britannique et situés aujourd’hui dans le nord d’Israël, ont manifesté à la frontière pour réclamer leur droit au retour, a constaté l’AFP. Hommes, femmes et enfants présents brandissaient une banderole proclamant : «Rendez-nous notre village» et scandaient des slogans anti-israéliens. Du côté israélien de la frontière, l’armée de l’État hébreu a arrêté onze Arabes israéliens parmi des manifestants impliqués dans des échauffourées avec des soldats dans la zone frontalière. Ces échauffourées ont éclaté à la hauteur de la localité d’Idmit lorsque des habitants du village bédouin israélien d’Arab al-Aramché se sont rassemblés pour discuter avec leurs proches au Liban à travers le grillage. Samedi, un habitant d’Arab al-Aramché avait été blessé par balles après avoir tenté de s’emparer du fusil d’un soldat israélien. Cet incident était survenu à la suite de heurts entre des militaires et des habitants du village bédouin qui s’étaient rassemblés près de la frontière et avaient lancé des pierres sur des soldats tentant de les éloigner. L’armée israélienne a d’autre part indiqué qu’à compter d’hier lundi, le secteur de la Porte de Fatima, entre Israël et le Liban, serait à nouveau ouvert au public. Ce secteur, situé près de la localité israélienne de Metoulla, avait été décrété «zone militaire» interdite d’accès il y a quelques jours, à la suite d’incidents entre des Libanais et des soldats israéliens en faction sur place. Dimanche, quelques centaines de manifestants, brandissant des drapeaux libanais et palestiniens, ainsi que des bannières du Hezbollah et du mouvement Amal, s’étaient rassemblés près de la Porte de Fatima, aux abords de Kfar Kila, lançant par intermittence des pierres en direction des soldats israéliens. Les soldats israéliens, qui ont des consignes strictes d’éviter l’escalade, n’ont pas riposté, selon une source militaire israélienne. Les jets de pierres à la frontière, notamment à la Porte de Fatima, ont commencé au lendemain de l’achèvement du retrait israélien du Liban-Sud, le 24 mai.
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