Le calme a régné hier encore sur le marché des changes de Beyrouth dont l’évolution a été marquée par la contraction aussi bien de l’offre que de la demande du dollar. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL) continuait à être déterminante de la tendance dans la mesure où elle fixait les marges de fluctuation à la hausse et à la baisse du billet vert. En se déclarant ainsi prête à vendre le dollar à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL, la BDL est parvenue donc à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, en raison de la propension du marché à l’offre du billet vert depuis le retrait israélien du Liban-Sud, il a continué à être négocié en dehors de la BDL et à des cours légèrement inférieurs au haut de sa fourchette d’intervention, soit entre 1 511,00 et 1 512,00 LL. Pourtant, l’activité est restée assez mince pour ne pas dépasser au total hier quelque sept millions de dollars entièrement échangés par les banques de la place dans des transactions équilibrées sans aucune intervention de la BDL. La course au dollar a pesé sur l’euro À l’étranger, le dollar a renoué avec la hausse hier, sur les marchés des changes internationaux, soutenu par un accès de faiblesse du yen sur des craintes de perturbation du secteur financier japonais après la faillite d’une société d’assurance vie. De plus, le billet vert a été soutenu par le regain d’intérêt manifesté pour les placements en actifs américains, après la multiplication des signes excluant toute surchauffe de l’économie aux États-Unis à la veille de la publication aujourd’hui des chiffres sur l’emploi en mai. À cet égard, les investisseurs ont été très sensibilisés hier par l’annonce d’une baisse de 1,70 point de l’indice des directeurs d’achats américains (NAPM) de 54,90 points en avril à 53,20 points le mois dernier ainsi que de l’indice des prix payés de 10,20 points de 76,00 points à 65,80 points pendant la même période, excluant toute surchauffe économique et dissipant les craintes d’un nouveau resserrement du crédit par la Réserve fédérale (Fed). Cela d’autant qu’ils apprenaient du département du Commerce que l’indice du coût de la construction aux États-Unis aurait diminué de 0,6 % en avril après une hausse révisée de 1,4 à 0,8 % en mars à un moment où le département du Travail américain faisait savoir que le nombre des demandeurs d’allocations chômage a augmenté de 1 000 dossiers la semaine dernière, témoignant de quelques suppressions d’emplois dues au ralentissement de la croissance économique. Compte tenu de toutes ces considérations, la demande du dollar s’est sensiblement développée aussi bien face au yen que face à l’euro et les autres grandes monnaies européennes, le faisant négocier à New York, en hausse comme suit : – 1,9323 pour un euro contre 0,9370, la veille – 1,4935 pour un sterling contre 1,5010 – 2,0980 DM contre 2,0870 – 7,0365 FF contre 7,00 – 1,6860 FS contre 1,6810 – 2 077,20 lires contre 2 066,25 – 108,65 yens contre 107,70. Bourse de Beyrouth : marché bien orienté À la Bourse de Beyrouth, la hausse des actions B de Solidere et C de la Banque Audi l’a emporté sur la baisse des actions A de Solidere, dans un marché autrement stable hier, sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,34 % à 64,68 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a augmenté de 0,58 % à 139,90 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché modérément actif où 66 374 actions ont changé de main d’une valeur globale de 489 990 dollars. Wall Street : regain d’optimisme Sur les places boursières internationales, les marchés américains ont fait preuve d’optimisme hier, après la multiplication des signes de ralentissement de la croissance économique aux États-Unis. À cet égard, les opérateurs boursiers ont accueilli favorablement la publication de l’indice composite d’activité (NAPM) qui a baissé de 1,7 point le mois dernier par rapport à avril alors que l’attente se portait sur une progression de 1,4 point. Ils ont été soulagés de constater aussi que l’indice des prix payés par les entreprises a plongé de 10,2 points en mai, suggérant que les relèvements de taux de la Fed ont porté leurs fruits en freinant une croissance jugée excessive. C’est ainsi qu’en excluant de nouvelles hausses des taux américains, les opérateurs se sont montrés plus rassurés sur la croissance des entreprises dont les actions se sont dans l’ensemble affichées en positif. L’indice Nasdaq a, en effet, grimpé jusqu’à 3 575 points et le Dow Jones des industrielles a fluctué entre un plus bas à 10 513,08 points et un plus haut à 10 673,35 points, avant d’afficher en préclôture 10 617,59 points, en hausse de 95,26 points sur la veille. Les Bourses européennes bien orientées Les quelques marchés d’actions européens ouverts ont fini en hausse jeudi dans le sillage de Wall Street, de nombreuses places étant fermées en ce jour de l’Ascension. L’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a fini sur un gain de 2,7 %, à un cheveu des 6 600 points, à 6 599,71. Il s’agit d’un nouveau record de clôture, le huitième cette année. L’indice a aussi touché un nouveau plus haut historique en séance à 6 603,24. À Londres, le FTSE 100 a gagné 1,75 %, tandis que le Dax allemand s’adjugeait 2,29 %. Madrid a gagné 1,75 % et Milan 1,94 %. En revanche Amsterdam, Bruxelles, Helsinki et Zurich étaient fermées. Les indices multipays reflétaient le retour des investisseurs sur les marchés. L’indice Eurotop 300, paneuropéen, s’est apprécié de 1,23 %, tandis que l’Eurostoxx50, limité à la zone euro, gagnait 1,43 %. Ce rebond des marchés a tout d’abord bénéficié aux valeurs dites technologiques après les fortes prises de bénéfices dont elles avaient fait l’objet ces dernières semaines. Ainsi à Londres, Telewest s’est adjugé 11 %, tandis que Vodafone AirTouch engrangeait 3,28 %. À Francfort, le concepteur de progiciels SAP s’est adjugé 5,79 %, le fabricant de composants électroniques Epcos 3,17 % et son ex-maison mère Siemens 4,82 %. Deutsche Telekom a fini en hausse de 3,01 % à 68,50 euros, tandis que sa filiale T-Online s’appréciait de 1,91 %. À Paris, le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics a gagné 9,55 % et le groupe de services informatiques Cap Gemini 9,26 %. France Télécom s’est adjugé 7,35 %. Bouygues a gagné 8,43 %. Le groupe de BTP diversifié dans les télécoms a profité des déclarations du secrétaire d’État à l’Industrie Christian Pierret semblant exclure un système d’enchères à la britannique pour l’attribution des licences de téléphonie mobile UMTS de troisième génération. Sa filiale TF1 a gagné 4,86 %, et le concurrent de celle-ci, Canal Plus 7,8 %. À Londres, le groupe de presse Emap a progressé de 4 % et l’éditeur du Financial Times, Pearson, a pris 5,65 %. Tokyo : soutenue par la haute technologie Portée par des valeurs de la haute technologie telles que TDK Corp à la suite de relèvements de recommandations de courtiers étrangers, la Bourse de Tokyo a clôturé en forte hausse jeudi. Goldman Sachs a annoncé jeudi inclure TDK, Sanyo Electric, Alps Electric et Pioneer dans sa «liste des valeurs recommandées», ce qui a fait bondir leur cours en Bourse. Goldman Sachs a fait référence aux résultats encourageants des entreprises concernées et de la sous-évaluation de leur titre. L’indice Nikkei a gagné 361,85 points, soit 2,22 %, à 16 694,30. Le sentiment général du marché reste prudent avant les chiffre de l’emploi américain en mai attendus vendredi et les éléctions législatives de ce mois. Les investisseurs hésitent à acheter des technologiques à grosse capitalisation. «L’important aujourd’hui n’était pas quel secteur montait et quel secteur baissait. Ce sont des valeurs individuelles qui ont soutenu l’indice», a noté Masayoshi Okamoto, de Jujiya Securities Co Ltd. L’indice Topix de toutes les valeurs de la première section, a pris 19,14 points (1,26 %) à 1 541,98. Le Nikkei 300 a avancé de 4,19 points (1,4 %) à 303,44. Le contrat juin sur Nikkei est monté de 370 points à 16 710. Aux technologiques, Alps Electric s’est adjugé 8,06 % à 1 810 yens, Pioneer 9,42 % à 3 600 yens et Sanyo Electric 6,03 % à 844. TDK a pris 3,32 % à 13 700 yens. Sony a terminé inchangé à 9 750 yens et Fujitsu a gagné 0,98 % à 3 080 yens. L’investisseur sur Internet Softbank a lui aussi bénéficié du relèvement de la recommandation d’UBS Warburg. La banque explique que l’échec d’un accord mercredi entre Softbank et la banque en faillite Nippon Credit Bank en vue du rachat de celle-ci devrait permettre à Softbank de poursuivre sa stratégie sur Internet sans s’encombrer des créances douteuses de l’ancienne économie. Les difficultés dans lesquelles se débat le Japon pour sortir de la récession ont trouvé une nouvelle illustration jeudi avec la faillite de la société d’assurance vie Daihyaku Mutual Life Insurance, qui incite les marchés à s’interroger sur la réalité de la reprise économique.
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